Prokofiev ou l’apothéose du rythme

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Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Intégrale des symphonies. Ouverture Russe op. 72 ; Suite Scythe op. 20. Orchestre Philharmonique de Londres ; Orchestre Symphonique de Londres ; direction : Walter Weller. 4 CD Brilliant classic 9006. Code barre : 5029365 900621. Enregistré au Kingsway Hall, Londres, 1974-1978. ADD. Notice en anglais. Durée : 74’47 + 72’31 + 73’17 + 68’33

 

, chef d’orchestre autrichien, directeur musical de l’Orchestre National de Belgique, à présent septuagénaire, avait enregistré au cours des années 1974-1978 une intégrale du corpus symphonique de à la tête des deux grandes phalanges orchestrales londoniennes. L’entreprenant label Brilliant nous convie à une redécouverte de son interprétation de belle facture proposée dans un sobre coffret de 4 CD. Prokofiev mort depuis un quart de siècle à ce moment ne bénéficiait pas encore d’une puissante reconnaissance en tant que symphoniste. D’autres partitions assuraient sa réputation et sa renommée internationales. Les temps ont changé ! Et le compositeur russe mérite amplement de figurer parmi les symphonistes les plus saillants du XXe siècle. Depuis la Symphonie n°1 en ré majeur dite «Classique» (1918) jusqu’à sa dernière création (Symphonie n°7 en ut dièse mineur «A la jeunesse») de 1952, il élabore un merveilleux cycle au sein duquel dominent les deux versions de la Symphonie n°4 en ut majeur (1930 et 1947) et surtout la célèbre Symphonie n°5 en si bémol majeur.

et ses orchestres en accompagnent méticuleusement les métamorphoses stylistiques, conscients avec la Symphonie Classique de servir une «translation du langage du XVIIIe siècle en vocabulaire du XXe» pour reprendre la juste formule de M. Hoffmann. Egalement prêts à respecter les termes du créateur à propos de son cinquième opus symphonique : «Dans la cinquième symphonie, j’ai voulu chanter l’homme libre et heureux, sa force, sa générosité et la pureté de son âme. Je ne peux dire qui j’ai choisi. Le thème : il est né en moi et devait s’exprimer.» Tout au long de l’écoute on reste, encore une fois, confondus par l’abondance, la richesse et la diversité de l’invention mélodique et plus encore par le travail permanent, inventif et entraînant, sur les rythmes. L’orchestration brillante (réécoutez à cet égard la Symphonie n°4 commandée par Serge Koussevitzky pour le 50e anniversaire de l’Orchestre de Boston) en dépit d’un moule symphonique conventionnel qui suscita et suscite encore un puissant enthousiasme chez l’auditeur fasciné confronté à l’opulence des idées, aux raffinements des couleurs et avant tout aux développements dramatiques, moteurs primordiaux de son geste créateur.

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