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Retour en force de Charles Dutoit

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 04-IX-2009. Georges Enesco (1881-1955) : Rhapsodie roumaine op. 11 n°1. Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto en sol ; Ma Mère l’Oye, suite d’orchestre ; Edward Elgar (1857-1937) : Variations sur un thème original « Enigma » pp. 36. Anna Vinnitskaya, piano ; Royal Philharmonic Orchestra, direction : Charles Dutoit

Klara Festival

Grosse attente publique à Bruxelles pour ce concert qui devait offrir une prestation de Martha Argerich. Mais, la légendaire artiste et bruxelloise de cœur a du, pour des raisons de santé, mettre un terme prématuré à sa tournée de concerts avec son fidèle comparse . La direction du Klara Festival a tout de même pu compter sur la disponibilité de la rayonnante et virtuose pour assurer la partie concertante de cette soirée.Mais, l’attrait de ce concert était pour le chroniqueur la présence de que l’on n’avait plus entendu depuis ses (difficiles) années auprès de l’Orchestre National de France (1991-2001). Après, un sérieux passage à vide à la fin des années 1990 avec ses départs quasi-simultanés de l’Orchestre Symphonique de Montréal, du National de France et de l’Orchestre de la NHK de Tokyo, le chef suisse est redevenu une valeur sure qu’on s’arrache : il est désormais directeur musical de l’Orchestre de Philadelphie et du vénérable Royal Philharmonic de Londres. Visiblement, les musiciens sont heureux de travailler avec lui et ils l’acclament longuement à la fin du concert (la réciproque est aussi vraie). Le programme faisait la part belle à des musiques où le musicien a toujours excellé.

C’est dans Maurice Ravel que le chef tire ses complices vers une poésie simple et naturelle qui s’appuie sur des cordes et des vents qui à défaut de posséder les timbres de la musique française, témoignent d’une écoute mutuelle presque chambriste. C’est certainement l’une des plus belles interprétations de Ma mère l’oye entendue en concert ces dernières années. Dans les Variations sur un thème original «Enigma», pièce de parade obligée de nos amis anglais, Dutoit conduit ses troupes avec conviction et énergie ; c’est du Elgar victorien digne des travées du Royal Albert Hall. L’orchestre est en parade et les pupitres vrombissent (surtout les cuivres flattés par l’acoustique du Palais des Beaux-Arts). En ouverture, un peu cueilli à froid, le Royal Philharmonic s’était montré assez dissipé dans la Rhapsodie roumaine n°1 d’Enesco.

Quant au Concerto en sol, il bénéficia de l’intense musicalité de la jeune lauréate du Concours reine Elisabeth 2007. Même si le toucher est souvent plus russe que français, la musicienne impose un Ravel fauviste, rauque et contrasté. Une option interprétative qui a séduit un public visiblement conquis d’avance.

Crédit photographique : (c) Gela Megrelidze

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 04-IX-2009. Georges Enesco (1881-1955) : Rhapsodie roumaine op. 11 n°1. Maurice Ravel (1875-1937) : Concerto en sol ; Ma Mère l’Oye, suite d’orchestre ; Edward Elgar (1857-1937) : Variations sur un thème original « Enigma » pp. 36. Anna Vinnitskaya, piano ; Royal Philharmonic Orchestra, direction : Charles Dutoit

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