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Francis Jacob inaugure un nouveau cycle Bach

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Toulouse, église-musée des Augustins. 13-IX-2009. « Toulouse parie sur l’orgue Bach 2009/2010 ». Francis Jacob à l’orgue Jürgen Arhend (1981) : Œuvres de jeunesse. Avent : Fughetta « Nun komm’, der heyden Heyland » BWV 699, Praeludium (et fuga) pedaliter en ut mineur BWV 549, Praeludio con fuga per il organo en sol mineur BWV 535 ; Noël : Praeludium pedaliter en ut majeur BWV 531, Chorals « Allein Gott in der Höh sey Ehr » Bicinium de la collection dite « Kirnberger » BWV 711, « Allein Gott in der Höh sey Ehr » BWV 717, « Allein Gott in der Höh sey Ehr » BWV 715, « Vom Himmel hoch da komm’ich her » BWV 738, Praeludium et fuga en si bémol majeur BWV 560 ; Passion : Choral « Erbarm’dich mein, o Herre Gott » BWV 721, Praeludium et fuga pedalite en mi mineur BWV 533, Choral « Herzlich Thut mich verlangen » à 2 clavier e pedaliter BWV727, Praeludium pro Organo pleno con Pedal en La mineur BWV 569 ; Pâques : Fantasia « Jesus meine Freude » de la collection dite « Kirnberger » BWV 713, Fantasia super « Christ lag in Todesbanden » BWV 695, Praeludium et fuga en ré majeur BWV 532.

Toulouse Les Orgues

Ils se mettent à cinq organistes (, , , et ) pour parcourir en dix concerts de septembre 2009 à juin 2010, l’essentiel de l’œuvre pour orgue de , c’est-à-dire une partie représentative de son œuvre de jeunesse et l’intégralité de l’œuvre de la maturité. La particularité de ce cycle, c’est qu’il se déroule en double entre Toulouse et Paris, le dimanche sur le fameux orgue des Augustins construit en 1981 par le grand facteur allemand Jürgen Arhend et le mardi sur le non moins célèbre Aubertin de l’église Saint-Louis-en-l’Isle.

Ce projet a été initié par le Théâtre des Champs-Élysées dont le directeur, Dominique Meier, a proposé à d’interpréter une intégrale à Paris. Ce dernier ayant souhaité partager cette aventure au longs cours a invité d’éminents confrères spécialisés dans ce répertoire de s’y engager avec lui. Les toulousains J.W. Jansen et M. Bouvard, co-fondateurs du festival Toulouse les Orgues, ont alors proposé la participation la ville rose. C’est pour eux une façon de mettre en valeur le bel instrument des Augustins, voulu par Xavier Darasse, qui depuis presque trente ans fait l’unanimité de tous les organistes qui le touchent. C’est le talentueux et très discret , qui ouvrait le cycle comme il le refermera en juin prochain. Il connaît bien cet orgue sur lequel il a enseigné pendant plusieurs années comme assistant de au Conservatoire National de Région.

Parmi les œuvres de jeunesse du Cantor, il a choisi un parcours à travers les grands moments qui jalonnent l’année liturgique (Avent, Noël, Passion, Pâques), mêlant judicieusement préludes, fugues, chorals et fantaisies, afin de varier les atmosphères et les sentiments exprimés. Une façon à la fois pédagogique et attrayante d’aborder ce monument-phare de toute la littérature organistique. Il s’agit certes d’œuvres de jeunesse, mais Sébastien possédait un métier très achevé dès ses jeunes années. Quand on sait qu’il avait à peine 20 ans lorsqu’il composa dans sa juvénile virtuosité la célébrissime Toccata et fugue en ré mineur… Cette pièce clinquante, qui ne figurait toutefois pas au programme, est pourtant l’une des moins construites à côté d’innombrables préludes, fugues et autres chorals. Le jeu précis et posé de Francis Jacob, d’une grande souplesse très articulée, rend justice à ces œuvres, montrant toutes les possibilités de cet instrument aux superbes registrations. Formant la base de la musique luthérienne, les chorals sont destinés à être entonnés par les fidèles, qui les connaissaient par cœur, tant dans leur mélodie que dans leur rapport à l’Écriture sainte de la Bible. Les plus célèbres reviennent régulièrement dans l’œuvre sacrée de Bach pour qui l’orgue était l’instrument liturgique par excellence.

Après le temps de l’Avent et de Noël, la seconde partie consacrée à la passion et à la joie de Pâques, semble naturellement plus grave et plus dense. La belle méditation du choral «Erbarm’dich mein, o Herre Gott» BWV 721 se développe selon un rythme d’une grande régularité, comme une respiration où la foi se fait avant tout confiance au Tout Puissant. Quant au choral «Herzlich thut mich verlangen» BWV 727, il est consubstantiel à la passion et se retrouve dans toute l’œuvre du Cantor. Déjà présent dans l’Oratorio de Noël, il sert en quelque sorte de leitmotiv à la Passion selon saint Matthieu et a même été repris dans la liturgie catholique moderne. Au terme des douleurs de la passion, le prélude sur les pleins jeux BWV 569 introduit une lueur d’espérance vers la résurrection. La joie de Pâques demeure mesurée avec les fantaisies sur «Jesus meine Freude» BWV 713 et le très intérieur «Christ lag in Todesbanden» BWV 695.

Francis Jacob a conclu ce splendide récital inaugural avec le flamboyant prélude et fugue en Ré majeur BWV 532 où Sébastien laisse libre cours à son énergie jubilatoire. Parfaitement rythmée, la fugue se fait aérienne. Le public venu nombreux en cet après-midi de fin d’été a plébiscité la sobriété de Francis Jacob sur cet orgue d’esthétique d’Allemagne du nord, unique en France. Ce voyage dans l’univers de Bach commençait de la meilleure des façons.

Prochain rendez-vous au même endroit dimanche 18 octobre 2009 (mardi 20 à St-Louis-en-l’Isle) avec Bernard Foccroulle, qui cheminera de Lüneburg à Leipzig.

Crédit photographique : © Alain Huc de Vaubert

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Toulouse, église-musée des Augustins. 13-IX-2009. « Toulouse parie sur l’orgue Bach 2009/2010 ». Francis Jacob à l’orgue Jürgen Arhend (1981) : Œuvres de jeunesse. Avent : Fughetta « Nun komm’, der heyden Heyland » BWV 699, Praeludium (et fuga) pedaliter en ut mineur BWV 549, Praeludio con fuga per il organo en sol mineur BWV 535 ; Noël : Praeludium pedaliter en ut majeur BWV 531, Chorals « Allein Gott in der Höh sey Ehr » Bicinium de la collection dite « Kirnberger » BWV 711, « Allein Gott in der Höh sey Ehr » BWV 717, « Allein Gott in der Höh sey Ehr » BWV 715, « Vom Himmel hoch da komm’ich her » BWV 738, Praeludium et fuga en si bémol majeur BWV 560 ; Passion : Choral « Erbarm’dich mein, o Herre Gott » BWV 721, Praeludium et fuga pedalite en mi mineur BWV 533, Choral « Herzlich Thut mich verlangen » à 2 clavier e pedaliter BWV727, Praeludium pro Organo pleno con Pedal en La mineur BWV 569 ; Pâques : Fantasia « Jesus meine Freude » de la collection dite « Kirnberger » BWV 713, Fantasia super « Christ lag in Todesbanden » BWV 695, Praeludium et fuga en ré majeur BWV 532.

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