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Toulouse, Cloitre des Jacobins. 10-IX-2009. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate n°25 en sol majeur « Alla tedesca » op. 79  ; Sonate n°24 en fa dièse majeur « A Thérèse » op. 78. Sonate n°15 en ré majeur « Pastorale » op. 28  ; Sonate n°27 en mi mineur, op. 90 ; Sonate n°4 en mi bémol majeur, op. 7. Till Fellner, piano

Piano aux Jacobins

Il est bien peu de pianistes pouvant proposer un tel programme d’œuvres peu connues de Beethoven et probablement personne d’autre capable de les interpréter ainsi. Le très jeune pianiste viennois, élégant et détendu, avec une aisance incroyable semble s’immerger dans le piano, ne faire qu’un avec lui, pour proposer un Beethoven humain, simple, très lyrique et fait de toutes les séductions, très loin d’une vision monolithique d’un démiurge mal luné. Bien des sonates choisies ici ne se terminent pas dans les fameux accords répétés interminables rendus parfois caricaturaux. Tout est musique ce soir, musique fluide, nuancée, chantée, déclamée. Souvent des mots pleins de poésie semblent sortir du piano. possède une technique accomplie, un sens du legato rarissime. Il donne à ses sonates parfois très simples une palette de nuances dynamiques sensuelles et des couleurs très variées. Il est capable de faire ressortir le jeu de chaque main d’une manière extraordinaire. Sa main gauche est d’une profondeur hors du commun. Lorsque c’est elle qui a le thème, elle semble d’une force irrépressible mais quand le thème passe d’une main à l’autre ou lorsque les mains se croisent la mélodie semble appartenir à la même main sans aucune infime différence. Cette maîtrise là, toute au service de la musicalité la plus délicate est l’une des caractéristiques du jeu original de ce jeune artiste. Le son est magnifique, jamais agressif. Ce sens du légato et des nuances font de Beethoven un jeune poète du Sturm und Drang. est un guide amical qui nous fait aimer ces partitions, un poète rendant à un autre poète toute sa dimension de séduction. Bien des couples se sont reposé tête contre épaule durant ce récital. C’est dire la détente et le bonheur qu’une telle interprétation dispense. Le succès a été grand et les sourires partagés entre l’artiste et le public ont dit le succès du partage. Un concert placé sous les marques de la poésie la plus délicate par un artiste généreux et sincère.

Crédit photographique : Till Fellner © Ben Ealovega

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Toulouse, Cloitre des Jacobins. 10-IX-2009. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate n°25 en sol majeur « Alla tedesca » op. 79  ; Sonate n°24 en fa dièse majeur « A Thérèse » op. 78. Sonate n°15 en ré majeur « Pastorale » op. 28  ; Sonate n°27 en mi mineur, op. 90 ; Sonate n°4 en mi bémol majeur, op. 7. Till Fellner, piano

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