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Good Morning, Mr Gershwin : Melting Pot

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Dijon, Auditorium. 02-X-2009. Good Morning, Mr Gershwin. Chorégraphie : José Montalvo et Dominique Hervieu. Musique : œuvres de George Gerswhin (1898-1937) ; création sonore : Catherine Lagarde ; clarinette solo : Renaud Pion. Scénographie et conception vidéo : José Montalvo. Lumière : Vincent Paoli. Assistante chorégraphique : Joëlle Iffrig. Costumes : Dominique Hervieu et Siegrid Petit-Imbert. Interprètes : Mansour Abdessadok, Arthur Benhamou, Franz Cadiche, Katia Charmeaux, Emeline Colonna, Warren Adien, Nicolas Fayol, Blaise Kouakou, Mélanie Lomoff, Christelle Nazarin, Sabine Novel, P. Lock, Katia Pollux, Priska, Alex Tuy dit Rotha

Avec humour, avec dynamisme et conviction, les artistes de la troupe Montalvo-Hervieu nous offrent un spectacle populaire au meilleur sens du terme. Il débute sur le mode divertissant, puis nous livre ensuite un message universel : nous sommes appelés à vivre ensemble quelque soit notre couleur de peau. A travers la musique de ce compositeur juif émigré et les paroles de son frère Ira, l’Amérique des années 1930 apparaît comme un intéressant exemple de kaléidoscope social : une couche aisée s’amuse tandis que les plus pauvres souffrent. Cette troupe d’artistes polyvalents, chanteurs, acteurs et surtout danseurs, noirs et blancs, grands et petits, fins ou dodus, finit par nous convaincre que ce n’est pas une fatalité.

et ne retiennent en premier lieu que les airs les plus connus des comédies musicales de Gershwin ; ce qui peut constituer une première partie se déroule à un rythme trépidant, dont le tempo est précisément scandé par le fameux standard I Got Rythm tiré de la comédie musicale Girl Crazy, dans différentes adaptations orchestrales, pianistiques ou vocales. Nous passons ainsi en revue les différents styles de musique de jazz, du boogie-woogie au blues. Une autre rengaine plus sirupeuse, Soon, introduit l’aspect crooner que l’on apprécie aussi à Broadway. Cette séquence dynamisante est dansée principalement par des groupes très mobiles traversant l’espace avec une sorte de désinvolture. Pourtant quelques soli typiques retiennent notre attention : un danseur de claquettes virtuose nous subjugue et un grand danseur évoque par sa souplesse les danseurs noirs des scènes new-yorkaises.

La scène est en fait divisée en deux ; si la partie inférieure est réservée aux danseurs, la partie supérieure n’est qu’un écran sur lequel la vidéo nous montre tout d’abord une sorte d’aquarium où évoluent des nageurs qui viennent vers nous, mais où apparaissent aussi des éléments surréalistes, comme un éléphant ou même une chèvre. Ce ballet aquatique à la Busby Berkeley est remplacé souvent par un château de sable devant lequel une danseuse vient même chanter Embrace Me en langage poisson en faisant des borborygmes du plus haut comique. Jamais le spectacle n’est vulgaire, même s’il est parfois coquin : on conseille d’apprécier la séquence de la nageuse au ballon rose, qui vaut son pesant de moutarde, comme on dit à Dijon.

Mais soudain le ton se fait plus grave : des images d’actualité des années 1930 et même 1960 montrent la situation des Afro-américains. Grâce à la vidéo, des images colorées des danseurs en costume contemporain pénètrent dans les vieilles cartes postales : la situation de ces années noires pourrait bien se reproduire. La danse se fait plus expressive et torturée, le tempo est plus lent, les soli sont plus nombreux. Des extraits de Porgy and Bess soulignent efficacement ce changement de ton. La symbiose entre vidéo et scène est toujours remarquablement efficace : comme ce bébé édenté filmé en très gros plan est expressif, quand il réalise qu’il n’a plus que la solution de pleurer pour se faire comprendre !

Enfin les réalisateurs vont nous faire retraverser l’Atlantique pour nous rappeler les racines de ce peuple opprimé. Tout d’abord des vagues énormes envahissent l’écran et menacent le misérable radeau qui occupe le centre de la scène. La musique semble être alors le seul point d’ancrage stable : que ce soit à travers le Gospel à la manière de Tippett ou à l’aide d’un chant africain authentique chanté sur scène, elle nous conduit vers l’espoir. Le bébé retrouve son sourire et à côté de lui de superbes faces brunes s’éclairent de dents blanches : un moment très fort.

Lire la chronique de la création parisienne.

Crédit photographique : © Opéra de Dijon

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Dijon, Auditorium. 02-X-2009. Good Morning, Mr Gershwin. Chorégraphie : José Montalvo et Dominique Hervieu. Musique : œuvres de George Gerswhin (1898-1937) ; création sonore : Catherine Lagarde ; clarinette solo : Renaud Pion. Scénographie et conception vidéo : José Montalvo. Lumière : Vincent Paoli. Assistante chorégraphique : Joëlle Iffrig. Costumes : Dominique Hervieu et Siegrid Petit-Imbert. Interprètes : Mansour Abdessadok, Arthur Benhamou, Franz Cadiche, Katia Charmeaux, Emeline Colonna, Warren Adien, Nicolas Fayol, Blaise Kouakou, Mélanie Lomoff, Christelle Nazarin, Sabine Novel, P. Lock, Katia Pollux, Priska, Alex Tuy dit Rotha

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