La Scène, Opéra, Opéras

Burcu Uyar, c’est la belle Manon, avec son chevalier

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Nantes. Théâtre Graslin. 04-X-2009. Jules Massenet (1842-1912) : Manon, opera comique en 5 actes et 6 tableaux, sur un livret de Henri Meilhac et Philippe Gille. Mise en scène : Renée Auphan et Yves Coudray. Décors : Jacques Gabel. Costumes : Katia Duflot. Lumières : Roberto Venturi. Avec : Burcu Uyar, Manon ; Marc Laho, Le chevalier Des Grieux ; Hugh Russel, Lescaut ; Christophe Fel, le comte Des Grieux ; Rodolphe Briand, Guillot de Morfontaine ; Marc Scoffoni, Brétigny ; Julie Mossay, Poussette ; Cécile Galois, Javotte ; Sarah Jouffroy, Rosette ; Eric Vrain, L’hôtelier. Chœur d’Angers Nantes Opéra (chef de chœur : Xavier Ribes), Orchestre National des Pays de la Loire, direction musicale : Cyril Diederich

Angers-Nantes-Opéras inaugure sa saison avec cette Manon, co-produite avec l’Opéra de Marseille, où elle fut créée en mai 2008. et nous proposent une mise en images de bon ton, animée et toujours lisible. Cette lecture, à défaut de réelle originalité, s’appuie sur une direction d’acteurs précise et inspirée ainsi que sur des costumes et un dispositif scénique séduisants.

L’intérêt de cette reprise réside dans une distribution totalement renouvelée, qui nous offre un premier sujet de satisfaction : tous possèdent une prononciation excellente et aucun mot n’échappe à nos oreilles. Aux côtés de seconds rôles plutôt conventionnels, nous découvrons le baryton canadien Hugh Russell, qui campe un Lescaut sympathique mais bien engorgé. use de la profondeur de ses graves pour camper un comte très digne, mais c’est le couple principal qui mobilise notre attention. Après son Vincent tourangeau, confirme qu’il a peu d’égal aujourd’hui dans le répertoire français de demi-caractère. L’acteur est convaincant et la voix, pleine et homogène, se déploie avec aisance. Le rêve est détaillé avec une inouïe délicatesse, comme hors du temps et de l’espace, tandis que «Ah, fuyez, douce image» est abordé avec beaucoup de flamme. Cette prestation est véritablement, au long des cinq actes, un modèle sur le plan stylistique, dans le plus digne héritage du regretté .

Le rôle titre échoit à la jeune soprano turque Burcu Uyar, ancienne pensionnaire du CNIPAL qui nous avait séduit ici même dans la Reine de la Nuit, il y a trois ans, avant de faire son chemin dans la troupe du Deutsche Oper de Berlin. Sa Manon est une merveille d’intelligence et de sensibilité. Pleinement engagée dans le personnage, dont elle parvient à traduire l’évolution psychologique, elle impressionne par sa sincérité et son naturel. Le rôle n’est pas seulement chanté, mais totalement incarné, ce qui nous offre de précieux moments d’émotion, à Saint-Sulpice puis sur la route du Havre. Sur le plan vocal, le registre aigu est toujours aussi fier mais l’ensemble de la tessiture est pleinement assuré ; le timbre est plaisant, la diction remarquable et le style irréprochable. Nous succombons sans réserve au charme de cette interprétation.

A la baguette, , pour qui ce répertoire n’a plus de secret, mène allègrement ses troupes mais sait nous ménager des instants de grâce comme l’accompagnement du rêve ou le prélude du troisième acte. Sa maîtrise rythmique impressionne autant que sa capacité à nous faire découvrir de délicats traits orchestraux dans une partition que nous nous imaginions connaître sur le bout des doigts. L’Orchestre National des Pays de Loire le suit avec gourmandise, des cordes mœlleuses à un hautboïste soliste particulièrement inspiré. De plus, la partition est donnée avec relativement peu de coupures, même s’il semble que le ballet se soit perdu entre la Canebière et la place Graslin… Qu’importe, cette matinée n’aura été qu’un pur plaisir visuel et vocal !

Crédit photographique : Burcu Uyar (Manon) (Des Grieux) © Jeff Rabillon / Angers Nantes Opéra

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Nantes. Théâtre Graslin. 04-X-2009. Jules Massenet (1842-1912) : Manon, opera comique en 5 actes et 6 tableaux, sur un livret de Henri Meilhac et Philippe Gille. Mise en scène : Renée Auphan et Yves Coudray. Décors : Jacques Gabel. Costumes : Katia Duflot. Lumières : Roberto Venturi. Avec : Burcu Uyar, Manon ; Marc Laho, Le chevalier Des Grieux ; Hugh Russel, Lescaut ; Christophe Fel, le comte Des Grieux ; Rodolphe Briand, Guillot de Morfontaine ; Marc Scoffoni, Brétigny ; Julie Mossay, Poussette ; Cécile Galois, Javotte ; Sarah Jouffroy, Rosette ; Eric Vrain, L’hôtelier. Chœur d’Angers Nantes Opéra (chef de chœur : Xavier Ribes), Orchestre National des Pays de la Loire, direction musicale : Cyril Diederich

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