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Médée

À Rouen, l’esprit de Médée plane sur les bords de scène

Avec sobriété et puissance, la dernière production de la saison de l’Opéra de Rouen met Cherubini à l’honneur et plonge le spectateur dans d’étranges profondeurs… inconnues ? Médée ! Un nom et tout est dit ! Un nom et tout s’obscurcit ! Personnage ambivalent, comme tout mythe grec. Femme qui pousse à l’extrême les traits du « beau mal », Pandora offerte aux hommes par Zeus en punition, la Médée de Cherubini se découvre bien plus ...
Pénélope (Strasbourg15)_8HD

Anna Caterina Antonacci est Pénélope à Strasbourg

Comme chaque année depuis qu’il a pris les rênes de l’Opéra national du Rhin, Marc Clémeur invite le public à redécouvrir une rareté du répertoire lyrique français, en l’occurence Pénélope, l’unique opéra de Gabriel Fauré. Après leur éblouissante réussite avec Ariane et Barbe-Bleue de Dukas la saison dernière, Olivier Py et Pierre-André Weitz sont de nouveau à la manœuvre. Comme à son habitude, Pierre-André Weitz a conçu une architecture complexe et ...
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Hoffmann traîne dans la banlieue de Bâle

Davantage que pour tout autre opéra, le suspense est de taille lorsque l'on se rend à une représentation des Contes d'Hoffmann : quelle mise en scène ? une seule chanteuse pour les 3 rôles féminins ? mais surtout : quelle version pour ce génial opéra où Offenbach mit l'art de toute une vie? L'Opéra de Bâle vient d'apporter sa réponse dans une nouvelle production où la partie musicale fait davantage rêver que la partie scénique. Décédé ...
Anne-Catherine Gillet (Madame Tell )

Guillaume Tell de Grétry à Liège

L’Opéra Royal de Wallonie a créé l’évènement pour le bicentenaire de la disparition d’André-Ernest-Modeste Grétry, en redonnant vie à son Guillaume Tell, tombé dans l’oubli depuis bien longtemps, qui plus est dans la ville natale du compositeur, avec une distribution majoritairement belge, offrant ainsi une résurrection d’un pan de l’histoire musicale. L’œuvre, créée en 1791, possède une réelle beauté, avec un grand soin apporté à l’orchestration, particulièrement nourrie pour un opéra-comique. ...
La Favorite Photo : Vincent PONTET/WikiSpectacle

La Favorite de retour à Paris

Il y a plus de vingt ans que Paris n'avait pas eu le privilège d'entendre le premier opéra de Donizetti entièrement conçu en français, La Favorite. La dernière production remonte à 1991 à l’Opéra Comique, dans une distribution qui n'avait à l'époque pas convaincu. La carence est réparée, et cette fois-ci les interprètes donnent lustre et éclat à la partition, et soulèvent l'enthousiasme. Ludovic Tézier, en particulier, est impérial dans le ...
Le comte Ory, photo 1, Christian Dresse 2012

Le comte Ory à Marseille

Produire le trop rare Comte Ory est autant une bonne idée qu'un gageure. Bonne idée tant cet ouvrage est drôle et élégant, à certains moments proche du burlesque. Et gageure, sorte de forteresse, il ne se livre pas d'emblée et offre de portes d'accès, souvent inconciliables. Son socle historique et littéraire allie deux ères passées : la Renaissance que la Restauration célébrait comme le modèle d'une époque foisonnante et créatrice (les ...
THEATER BONN: LA SONNAMBULA

Le triomphe de Julia Novikova à Bonn

Bizarre coïncidence : alors que la ville de Bonn réduit sensiblement les subventions pour son opéra, celui-ci présente une nouvelle production de La Sonnambula fêtée unanimement par public et presse. Et à raison ! Malgré les contraintes budgétaires, l’Opéra de Bonn a su réunir une distribution de renommée internationale, offrant, de surcroît, une mise en scène intelligente et bien faite. A vrai dire, seul l’orchestre nous rappelle que nous ne sommes pas ...
C’est la belle Manon, avec son chevalier

Burcu Uyar, c’est la belle Manon, avec son chevalier

Angers-Nantes-Opéras inaugure sa saison avec cette Manon, co-produite avec l’Opéra de Marseille, où elle fut créée en mai 2008. Renée Auphan et Yves Coudray nous proposent une mise en images de bon ton, animée et toujours lisible. Cette lecture, à défaut de réelle originalité, s’appuie sur une direction d’acteurs précise et inspirée ainsi que sur des costumes et un dispositif scénique séduisants. L’intérêt de cette reprise réside dans une distribution totalement ...
Noircir les tableaux d’Offenbach

Olivier Py noircit les tableaux d’Offenbach

Lors de la saison dernière, l’Opéra de Genève présentait une Trilogie du diable confiée à Olivier Py. Der Freischütz de Weber, La Damnation de Faust de Berlioz et les Contes d’Hoffmann d’Offenbach la constituaient. Les spectacles d’Olivier Py suscitent souvent des controverses marquées. Une certaine crudité souligne le propos ou le parasite, selon que l’on adhère ou que l’on rejette le travail de l’homme de théâtre. Sa production 2001 reprise ...
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Mireille à Tours, leçon d’humanité

L'Opéra de Tours, qui sert avec assiduité le répertoire français, a décidé de conclure cette saison avec une nouvelle production de Mireille. Ouvrage mineur pour les uns qui n'en retiennent qu'une certaine naïveté provençale, oeuvre majeure de Gounod pour d'autres qui en célèbrent l'efficacité de la construction dramatique, Mireille réserve au spectateur des plaisirs incontestables, de la veine mélodique légère qui irrise les deux premiers actes à la tension de ...
Retour à la vie et au sirop contre la toux

Retour à la vie pour Muti et Depardieu

Mois de février fort berliozien sur ResMusica : après le Te Deum, après Béatrice et Bénédict, voici le «tube» de son compositeur, la Symphonie fantastique, et son hétéroclite suite, Lélio, sous-titrée «Le retour à la vie». Après la tranquillité de Colin Davis, place à la fougue de Riccardo Muti. Sous sa direction, la Symphonie fantastique, souvent présentée comme une œuvre venue de nulle part, affirme ses origines dans le bel canto romantique ...
Le copier/coller d’Olivier Py.

Les Contes d’Hoffmann, le copier/coller d’Olivier Py

Après Der Freischütz et La Damnation de Faust, Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach ferment le dernier volet du cycle de La Trilogie du Diable conçue par Olivier Py pour le Grand Théâtre de Genève. À l’heure du bilan de cette confrontation des trois œuvres au programme, Olivier Py apporte la confirmation que d’une mise en scène à l’autre, il opère un subtil copier/coller de son univers scénique et symbolique. Même noirceur, ...
Timbres, espace et profondeur

Requiem de Berlioz par Colin Davis : timbres, espace et profondeur

Festival de Saint-Denis Après Duruflé et Campra, le prestigieux Festival de Saint Denis convoquant cette année les plus grandes têtes d’affiche refermait cette trilogie des requiem français par la Grande Messe des morts d'Hector Berlioz, l’œuvre chérie entre toutes de celle du compositeur qui se réjouissait en 1835 d’avoir écrit « la musique apocalyptique qu’il s’agissait de trouver pour ce texte terrible ». Cette partition « passablement grande » réunissait le ...
Une Lucia bien provinciale

Une Lucia bien provinciale

Avec les grands travaux qui vont priver l’Opéra de Lausanne de sa scène pendant les deux prochaines saisons, la délocalisation de ses spectacles contraint la programmation de sortir les «gros tubes» de l’art lyrique pour que l’affiche compense l’inévitable désertion d’un public habitué à son environnement scénique. Ainsi il incombait à la populaire Lucia di Lammermoor d’ouvrir les feux de cette saison hors les murs. Avec ses musiques délicieusement mélodiques, ...
La folie transcendée

La folie transcendée

Opéra National du Rhin Encore une admirable réussite à mettre au crédit de l’Opéra du Rhin. Cette Lucia pourra sans doute compter comme l’un des grands triomphes de cette saison 2006-2007. Scéniquement, malheureusement, cette nouvelle production n’offre pas grand-chose à voir : une scène vide, seulement meublée par une immense pale dotée d’une surface noire d’un côté, et d’un étrange miroir doré de l’autre. Pendant près de deux heures, cette pale, avançant ou ...
Les grosses ficelles de Savary

Les grosses ficelles de Savary

La Veuve Joyeuse Paris 1909. La Belle Epoque. Maxim’s. Le champagne. La France et l’Europe avec elle vivent dans l’amusement et l’insouciance. La Veuve Joyeuse de Franz Lehár est un immense succès - 20’000 représentations depuis sa création quatre ans auparavant. Paris se doit de la recevoir. Dans un langage plein de finesse et d’humour galant, les auteurs dramatiques Gaston de Caillavet et Robert de Flers en font une excellente adaptation ...
Déception, mais pas trop

Juan Diego Flórez remplacé par Marc Laho : déception, mais pas trop

Don Pasquale « Juan Diego Florez étant souffrant le rôle d’Ernesto sera chanté par Marc Laho. » Dès les portes du théâtre, on est confronté avec la nouvelle décevante que confirme, avant le début de la représentation, le directeur, Alexander Pereira. A 12 heures 30, Florez avait annulé la soirée, le remplaçant n’était arrivé au théâtre qu’à 18 heures 35. Déception certes, mais qui ne dure pas trop longtemps. C’est que nous assistons ...
Le rire transcendé !

Le rire transcendé !

Jacques Offenbach (1819-1880) : La Périchole Le Théâtre de Nancy a ceci de particulier qu’il peut afficher indifféremment Fidelio de Beethoven, Il Prigioniero de Dallapiccola ou La Mascotte d’Audran à ses programmes, sans que l’impeccable logique de sa programmation puisse être mise en cause. L’éclectisme et l’ouverture sont ici de rigueur, le seul critère retenu pour des spectacles si différents étant celui de l’excellence. Le public qui a ovationné, ces dernières ...

Un vaudeville alla Rossini …

Antonino Fogliani / Jérôme Savary C’est toujours un plaisir sans mélange que de retrouver l’écrin de la Salle Favart, de plus pour un petit bijou comme Le Comte Ory, du grand Rossini, si rarement donné, alors que la scène parisienne n’est pas avare d’œuvres plus connues du maître de Pesaro comme Le Barbier de Séville, L’Italienne à Alger et Cenerentola - cette dernière n’est-elle pas programmée deux fois cette année ? Depuis 1828, ...

Fiancée de Lammermoor, sur les ailes du Chant

A quoi reconnaît-on un événement ? Si c’est la remise dans une perspective historique et musicologique, aussi moderne que rigoureuse, d’une œuvre - et d’une manière de composer - qui appartiennent à l’histoire de Paris et de l’Europe ; alors le Châtelet, au service de l’Opéra de Lyon, a bien offert à la capitale un événement. Rien, peut-être, n’a plus marqué la vie lyrique de la première moitié du XIX° siècle que l’influence, ...