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L’Italiana in Algeri, triomphe d’Isabella

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Cologne. Opernhaus. 18-X-2009. Gioacchino Rossini (1791-1868) : L’Italiana in Algeri, opéra en deux actes sur un livret de Angelo Anelli. Mise en scène : Jean Pierre Ponnelle/Grischa Asagaroff. Décors et costumes : Jean Pierre Ponnelle. Lumières : Wolfgang Schünemann. Avec : Anna Bonitatibus, Isabella ; Simone Alaimo, Mustafà ; Eric Laporte, Lindoro ; Wolf Matthias Friedrich, Taddeo ; Ingeborg Schöpf, Elvira ; Hanna Larissa Naujoks, Zulma ; Miljenko Turk, Haly. Chœur de l’Opéra de Cologne (chef de chœur : Andrew Ollivant). Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Will Humburg.

Quel plaisir de retrouver cette merveilleuse Italienne à Alger, conçue originairement par  ! Belle à regarder, inventive et toujours en phase avec la musique, cette production n’a rien perdu de son charme, même à 18 ans de sa création. Mais que serait cette mise en scène, imaginée à l’époque autour d’Agnes Baltsa, sans un protagoniste qui sait attirer tous les regards – et captiver tous les oreilles ? A une semaine seulement de ses débuts dans le rôle, n’a plus rien à envier à ses plus illustres prédécesseurs. Splendide sur scène et dotée d’un mezzo de velours, aux graves charnus, au médium somptueux et à l’aigu rayonnant, elle triomphe sans aucune difficulté des nombreuses vocalises de son rôle. Mais Bonitatibus n’est pas qu’une admirable technicienne, et derrière tout le virtuosisme rossinien, elle dresse un personnage profondément humain. Est-ce un hasard qu’elle soit le plus applaudie après «Per lui che adoro» le moins spectaculaire de ses trois airs, dont la reprise attaquée pianissimo donne le frisson à plus d’un spectateur ?

Aux côtés de la débutante, nous trouvons un vétéran dans le rôle de Mustafà. Simone Alaimo, présent déjà à la création munichoise de cette production en 1991, n’a rien perdu de son panache. S’il se sent un peu moins à l’aise aujourd’hui dans les passages les plus virtuoses, il impressionne toujours par la richesse de son timbre, par la facilité de ses aigus et par sa verve scénique. Taddeo est interprété par le jeune dont les moyens vocaux impressionnants et les dons d’acteur font oublier une couleur de voix et un accent parfois trop germains. Plus à l’aise stylistiquement, , baryton-vedette de l’Opéra de Cologne, est un Haly de luxe, drôle comme il faut, qui couronne son unique air avec un sol aigu aussi tout à fait surprenant. Fallait-il, en revanche, aller à Dresde pour chercher une Elvira d’autant plus que la voix d’Ingeborg Schöpf manque du charme nécessaire pour ce rôle ?

Au pupitre du Gürzenich-Orchester, Will Humburg fait un travail admirable. Malgré un nombre très limité de répétitions, il obtient de ses musiciens un brio et une verve qu’on n’entend pas si souvent de cette formation plus à l’aise habituellement dans le répertoire allemand. Et, ce qui vaut encore plus en cette froide après-midi d’automne, il s’avère être un bon manager de crise. Car le jeune ténor , remplaçant Brad Cooper à la dernière minute, n’avait ni le temps de se familiariser avec la mise en scène ni de répéter ses récitatifs. Doté d’un petit ténor contraltino, quelque peu dépassé par les exigences du compositeur, il tire son épingle du jeu grâce à un talent admirable d’improvisation – et grâce à l’aide parfois bien audible de la souffleuse… Le public pourtant remercie son courage et l’inclut dans les applaudissements chaleureux de la fin.

Crédit photographique : (Isabella) & ( Mustafà) © Opernhaus Köln

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Cologne. Opernhaus. 18-X-2009. Gioacchino Rossini (1791-1868) : L’Italiana in Algeri, opéra en deux actes sur un livret de Angelo Anelli. Mise en scène : Jean Pierre Ponnelle/Grischa Asagaroff. Décors et costumes : Jean Pierre Ponnelle. Lumières : Wolfgang Schünemann. Avec : Anna Bonitatibus, Isabella ; Simone Alaimo, Mustafà ; Eric Laporte, Lindoro ; Wolf Matthias Friedrich, Taddeo ; Ingeborg Schöpf, Elvira ; Hanna Larissa Naujoks, Zulma ; Miljenko Turk, Haly. Chœur de l’Opéra de Cologne (chef de chœur : Andrew Ollivant). Orchestre du Gürzenich de Cologne, direction : Will Humburg.

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