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Jean-Frédéric Neuburger : la force d’interprétation d’un jeune pianiste

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Paris, Auditorium du Louvre, 21-X-2009. César Franck (1822-1890) : Prélude, Choral et Fugue en si mineur ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Nocturnes n° 6 en ré bémol majeur op. 63 ; n° 13 en si mineur op. 119 ; Karlheinz Stockhausen (1928-2007) : Klavierstück IX ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n° 29 en si bémol majeur op. 106 « Hammerklavier ». Jean-Frédéric Neuburger, piano.

Dans le cadre de la série «Piano solo» organisée par l’Auditorium du Louvre, a montré sa grande maturité à travers un programme peu commun. Né et formé à Paris, le jeune pianiste de 22 ans a déjà remporté de nombreux prix internationaux (Prix Ravel, Concours Long-Thibaud, Concours de Londres, Young Concert Artistes de New-York…) et joue avec des orchestres prestigieux comme le New York Philharmonic Orchestra et le London Philharmonic. Il est par ailleurs régulièrement invité à de grands festivals tels que la Roque d’Anthéron et les Folles Journées, non seulement de Nantes mais aussi de Tokyo et de Lisbonne. Resmusica a souvent fait l’écho de l’indéniable potentiel du jeune homme.

Un programme peu commun, avons-nous dit. En effet, le pianiste commence son récital par Prélude, Choral et Fugue de Franck, œuvre sombre et grave que l’on entend rarement au début d’un concert. Après le Prélude et le Choral qui se remarquent par la clarté de note, le jeu déterminé de la Fugue révèle une grande force interprétative chez le musicien. Dans les deux Nocturnes de Fauré, il surprend quelque peu en gardant une sonorité relativement «dure», qui semble prolonger l’univers de Franck, alors qu’on s’attend habituellement à des sons plus doux et parfois «voilés». Cependant, dès que retentissent les premiers accords scandés de Klavierstück IX de Stockhausen, ainsi que des notes brèves stridentes et accentuées, on se demande si le pianiste maintient volontairement chez Fauré cette «dureté» relative du son pour donner une meilleure unité sonore dans la première partie.

Après l’entracte, Neuburger interprète l’un des monuments, s’il en est, du répertoire pianistique : la Sonate «Hammerklavier» de Beethoven. Sa grande facilité technique rend l’ensemble particulièrement limpide. Ainsi, il fait cœxister avec le plus de naturel possible, légèreté volatile et acharnement fiévreux dans les différents motifs du «Scherzo». Le troisième mouvement «Adagio sostenuto», si philosophique et si intime, rime avec la beauté et la profondeur des phrasés créés sous ses doigts. En outre, la force ressentie dans la Fugue de Franck se déploie encore davantage dans le dernier mouvement, lui aussi une fugue.

De prime abord assez éclectique, ce programme propose, dans la première partie, le parcours rapide d’un paysage musical européen de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe (les morceaux ont été composés respectivement en 1884, 1894, 1921 et 1954-55). Il met également en valeur le talent du pianiste, capable d’adapter son jeu à des variétés stylistiques d’époques différentes.

Crédit photographique : © Jean-Marc Gourdon

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Paris, Auditorium du Louvre, 21-X-2009. César Franck (1822-1890) : Prélude, Choral et Fugue en si mineur ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Nocturnes n° 6 en ré bémol majeur op. 63 ; n° 13 en si mineur op. 119 ; Karlheinz Stockhausen (1928-2007) : Klavierstück IX ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n° 29 en si bémol majeur op. 106 « Hammerklavier ». Jean-Frédéric Neuburger, piano.

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