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Quatre raisons de profiter de la saison !

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Dijon, Auditorium. 06-XI-2009. Joseph Haydn (1732-1809) : Die Jahreszeiten hob. XXI : 3. Celeste Lazarenko, soprano ; Ulrich Cordes, ténor ; Christian Immler, baryton. Chœur de l’Opéra de Dijon (chef de chœur invité : Patrick Ayrton), Orchestre Dijon Bourgogne, direction : Pascal Verrot

Pour la deuxième fois de la saison, l’Orchestre Dijon-Bourgogne retrouve . Après le succès mérité du Médecin malgré lui, c’est aujourd’hui Haydn et ses Saisons qui enflamment le public dijonnais ! En effet, l’orchestre fait montre d’un dynamisme et d’une cohésion irrésistibles sous la baguette précise d’un chef très à l’aise. Les courtes parties solistes instrumentales – aussi bien les bois tour à tour espiègles ou lyriques que les cuivres, avec les quelques interventions sonores des trompettes et celles aussi martiales des cors, avec des trombones plutôt discrets dans la partition, mais efficaces dans leurs effets sans oublier l’aisance et la fraîcheur des cordes – révèlent distinctement les caractères du texte de van Swieten, ce baron esthète qui fit découvrir Bach à Mozart. Et ce, de manière expressive.

Car si les instrumentistes ont fait sonner leurs instruments de manière homogène et équilibrée entre eux, il en va de même pour le rapport entre l’orchestre lui-même et les choristes ainsi que les solistes. En effet, pas d’intervention intempestive, pas de voix ou partie vocale supplantée par telle ou telle partie instrumentale. Tout sonne juste, équilibré, en un mot : une osmose très réussie.

De ce fait, le chœur a pu faire valoir tout son potentiel sans que ses acteurs soient obligés de se retirer dans leurs derniers retranchements. Hommes et femmes se donnent à fond, articulent de leur mieux le texte de langue allemande en s’appliquant sur l’accentuation des mots, sans pour autant en oublier la signification. Les effets de nuances, les différentes articulations et attaques en soulignent les différents aspects. Là encore, l’équilibre entre les différents pupitres est trouvé.

Il en va de même pour les solistes, tous parfaitement adaptés à leur rôle. Une mention spéciale peut-être pour la soprano Celeste Lazarenko incarnant Hanne, dont l’aisance vocale n’a d’égale que la subtilité scénique. Le spectateur reste en effet accroché à sa voix dont les pianissimi prennent aux tripes. On en a le souffle coupé. C’est sans compter sur les talents d’adaptation de la donzelle, capable également de mimiques espiègles, par exemple dans «l’Hiver» où elle raconte l’histoire d’une jeune belle qui se joue d’un cavalier. Bien sûr, Ulrich Cordes, un jeune ténor allemand qui a remplacé Andreas Scheidegger à la dernière minute, a parfaitement rempli son rôle. A la fois imposant et tendre, il donne à Lucas, son personnage, une très bonne tenue. Quant au baryton dans le rôle de Simon, il fait également forte impression : aussi à l’aise dans les récitatifs qu’il article et interprète très bien que dans les airs solistes ou non, il donne une épaisseur indéniable à son personnage qui évolue au fil des saisons. D’ailleurs, seul ou avec d’autres solistes, avec ou sans chœur, il contribue au succès de cette soirée. Haydn, Verrot, le chœur et les autres solistes y sont également pour quelque chose.

Un concert donc de qualité et plein d’émotions.

Crédit photographique : © Fred Boucher & Gérard Perron

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