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Juliette Granier aux Harmonies du soir

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Paris. Hôtel Plaza Athénée. 9-XI-09. Jean-Sébastien Bach (1675-1750) : Partita n°1 BWV 825 ; Alexandre Scriabine (1872-1915) : Sonate-fantaisie n°2 op. 19 ; Franz Schubert/Franz Liszt (1811-1886) : Soirée de Vienne n° 6 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Mazurkas op. 24 n°2, op. 63 n°1, op. posthume en si bémol majeur (C. 103) ; Polonaise op. 53 Juliette Granier, piano

La série «Harmonies du Soir» au Plaza-Athénée entame sa deuxième saison. Après le concert de Nicolas Stavy en octobre dernier, un public de plus en plus nombreux s’était donné rendez-vous pour le récital de .

Formée à Paris par Jacques Rouvier, Olivier Gardon, Eric le Sage et Paul Meyer et aussi par Dominique Weber à Genève, bénéficie également des conseils d’éminents pianistes dont Pascal Devoyon, György Sebok, François-René Duchable, Piotr Andersewski. Elle participe en outre aux Master Classes de Charles Rosen à la Hochschule de Genève. Pour ses débuts à Paris, la pianiste choisit un programme varié qui lui permet de montrer les facettes de son réel talent.

La Partita, qui ouvrait le programme, se déroule dans un climat gai, ensoleillé, à certains égards primesautier. On est loin de ces visions austères et rationnelles, intellectuelles ou disséquées que certains pianistes aiment à donner à Bach. Ici, la musique nous apparaît dans toute sa vitalité, sorte de chorégraphique joyeuse. La Sarabande, très ornementée, dans un tempo un peu fluctuant, perd peut-être de sa pureté méditative, mais les Menuets nous ramènent au cœur du sujet, stables et gracieux et dans laquelle la pianiste diversifie les reprises dans un souci de timbre et de couleur. L’œuvre de termine magnifiquement avec une Gigue dans un tempo d’enfer, au toucher de velours et à l’énergie débordante.

La Sonate-Fantaisie n°2 op. 19 de Scriabine est brossée comme une grande fresque. Juliette Granier saisit parfaitement l’ambiance et le climat profond de cette pièce avec un beau sens de la couleur. On goûte le toucher varié et la qualité de son qui, même dans les fortissimos, ne heurte jamais, qualité rare que l’on notera tout au long du récital. Brillante Soirée de Vienne n°6 dans laquelle la jeune pianiste fait preuve de beaucoup de fantaisie et de liberté dans sa conception musicale. L’œuvre se déploie avec un petit côté capricieux qui sied fort bien.

Avec Chopin, Juliette Granier pourrait peut-être choquer les puristes par un aspect imprévisible. Les Mazurkas ne manquent ni de charme ni d’expression mais, sujettes à quelques humeurs rythmiques, elle demanderaient un sens du «timing» plus précis. Très personnelle et à de nombreux égards très intéressante, la Polonaise op. 53 livre tout son brio et toute sa séduction.

Cédant à l’insistance du public, la pianiste nous offre en bis l’Etude-Tableau op. 33 n°5 de Rachmaninov. Comme une commette dans le ciel d’été, l’œuvre nous illumine par sa fulgurance, son scintillement et sa trajectoire. Pianiste originale, Juliette Granier sait mettre le public à l’aise et désacralise un peu le rite du récital par une simplicité et une évidente gourmandise à jouer sans autre souci que d’exprimer sa riche nature.

Crédit photographique : © DR

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Paris. Hôtel Plaza Athénée. 9-XI-09. Jean-Sébastien Bach (1675-1750) : Partita n°1 BWV 825 ; Alexandre Scriabine (1872-1915) : Sonate-fantaisie n°2 op. 19 ; Franz Schubert/Franz Liszt (1811-1886) : Soirée de Vienne n° 6 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Mazurkas op. 24 n°2, op. 63 n°1, op. posthume en si bémol majeur (C. 103) ; Polonaise op. 53 Juliette Granier, piano

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