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Les Nations du grand Couperin

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Paris, Cité de la musique, Amphithéâtre, 11-XI-2009. François Couperin (1668-1733) : Les Nations, Sonades et suites de simphonies en trio (extraits) – Seconde Ordre : Sonade de L’Espagnole ; Premier Ordre : La Françoise ; Troisième Ordre : Sonade de L’Impériale ; Quatrième Ordre : Suite de La Piémontaise. Les Talens Lyriques, direction et clavecin : Christophe Rousset.

Ce concert s’inscrit dans un cycle intitulé Les Nations, montrant quelques facettes de la musique qui «a accompagné la chaotique naissance des Etats-Nations, leur stabilisation et leur expansion politique, ainsi que l’horizon de leur dilution dans une mondialisation qui les déborde», explique le programme. L’intérêt principal de cette soirée réside dans la musique de , le clavecin, et l’interprétation.

D’abord, la musique. C’est en 1726 que le compositeur français publie Les Nations, comprenant quatre «concerts» ou «ordres», intitulés : La Françoise, L’Espagnole, L’Impériale et La Piémontaise. Chaque ordre est constitué d’une sonate («sonade» dans la partition), que Couperin affirme importer d’Italie, à laquelle est associée une suite de danses à la française. On est encore loin de la Querelle des Bouffons, mais à une époque où l’on prête beaucoup d’intérêt à la musique italienne jusqu’à négliger quelque peu le style français, l’idée de Couperin n’en demeure pas moins originale.

Ensuite, le clavecin. L’instrument, une facture française de la première moitié du XVIII siècle, qui fait partie de la collection du Musée de la Musique, a subi deux «petits ravalements» (augmentation de la tessiture par ajout des notes, sans modification de la dimension de la caisse) pour adapter au goût de l’époque qui ne cessait d’évoluer, parallèlement au développement du pianoforte. Pouvoir entendre un clavecin, exposé dans un musée et muet la plupart du temps, qui plus est contemporain de la publication des Nations, représente tout simplement un moment d’exception. D’autant plus que le concert est assuré par d’excellents musiciens des Talens Lyriques dirigés au clavecin par .

L’interprétation est à la fois vivace et élégante, admirablement articulée selon les caractères de la pièce. Les sonorités «patinées» – si on peut les qualifier ainsi – des instruments anciens, qui changent subtilement d’expression d’une pièce à l’autre, y sont tout à fait fascinantes ; dans cet ensemble intimiste, les hautbois notamment se révèlent puissants et à certains moments, font presque l’effet d’un cor ou même d’un trombone ! Une mention spéciale pour le théorbe et la viole de gambe qui ont apporté un excellent soutien tout au long de la soirée.

Deux extraits de L’Espagnole et de La Piémontaise données en bis agrémentent le concert, suscitant l’envie d’entendre intégralement la partition des Nations.

Crédit photographique : © Éric Larrayadieu

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Paris, Cité de la musique, Amphithéâtre, 11-XI-2009. François Couperin (1668-1733) : Les Nations, Sonades et suites de simphonies en trio (extraits) – Seconde Ordre : Sonade de L’Espagnole ; Premier Ordre : La Françoise ; Troisième Ordre : Sonade de L’Impériale ; Quatrième Ordre : Suite de La Piémontaise. Les Talens Lyriques, direction et clavecin : Christophe Rousset.

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