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Stockhausen et Beethoven par Michel Tabachnik

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 12-XI-2009. Karlheinz Stockhausen (1928-2007) : Punkte, pour orchestre n°1/2 (1952, révision 1962) ; Ludwig van Beethoven (1770-1828) : symphonie n°9 en ré mineur, Op. 125. Tomoko Taguchi, soprano ; Annelies Dille, mezzo-soprano ; Szabolcs Brickner, ténor ; Sébastien Parotte ; basse. Het Vlaams Radio Koor, Octopus Kamerkoor, direction : Bo Holten ; Brussels Philharmonic orchestra, direction : Michel Tabachnik

L’avantage des tubes, c’est qu’il est possible de les coupler avec des partitions contemporaines qui, en temps normal, feraient encore fuir les auditoires car le nom de Stockhausen fait toujours figure d’épouvantail face au public traditionnel !

Mais le commentateur se réjouissait de retrouver au concert Punkte pour grand orchestre. Moins mythique que Gruppen ou Carré, Punkte reste l’une des meilleures pièces de ce trublion de l’avant garde. La première version de l’œuvre fut écrite en 1952. La pièce se voulait alors un manifeste de la «Punktuelle Musik» [musique pointilliste] où la musique s’envisageait comme des «taches isolées de sons». Insatisfait, Stockhausen retira sa pièce de l’affiche avant sa première audition. Le compositeur retravailla l’œuvre une décennie plus tard en ajoutant un nouveau réseau de sons aux notes de 1952. La création de Punkte se déroula, en 1963, au Festival de Donaueschingen. préfère cette version de 1963 à la révision définitive de l’auteur de 1993. Mais, la force de cette musique fait mouche et on aime la variété des formes et la force sensorielle de ses alliages instrumentaux. Le final entraîne les instrumentistes dans une transe barbare et sauvage digne du Sacre du printemps. Le chef suisse, rompu à la musique contemporaine, conduit avec fermeté et efficacité son orchestre bruxellois.

Changement d’époque avec la symphonie n°9 de Beethoven ! Curieuse transition mais programmation justifié par la phrase de Robin Maconie dans son ouvrage Stockhausen, on music (1998)»: «si on appelle génie quelqu’un dont les idées résistent à toute tentative d’explication, alors Stockhausen est, par définition, le semblable le plus proche de Beethoven que ce siècle a pu produire. Les raisons ? Sa musique persiste !».

aborde cette massive partition avec un contrôle dramatique d’un chef expérimenté et sa lecture s’impose dans un tempo médian, ni trop rapide, ni trop lent. L’orchestre répond avec attention et concentration en dépit de quelques délicatesses instrumentales chez les cordes et les cors. Rejoints par les jeunes solistes de la chapelle Reine Elisabeth et des forces chorales flamandes, l’orchestre et son chef mènent «l’Ode à la joie» avec sens de l’éclat.

Ce concert reste un succès musical et public significatif pour Michel Tabachnik. Sous sa battue, et en seulement deux saisons, le (ex Vlaams Radio Orkest) a retrouvé une ligne de programmation intelligente, des concerts phares dans le monde entier (il est en résidence à la Cité de la musique et une tournée en Chine est annoncée pour la fin de l’année) et un public à Bruxelles ! Beau succès pour un orchestre qui était en grande perte de vitesse à la fin du timide mandat de Yœl Levi.

Crédit photographique : Michel Tabachnik © DR

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Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 12-XI-2009. Karlheinz Stockhausen (1928-2007) : Punkte, pour orchestre n°1/2 (1952, révision 1962) ; Ludwig van Beethoven (1770-1828) : symphonie n°9 en ré mineur, Op. 125. Tomoko Taguchi, soprano ; Annelies Dille, mezzo-soprano ; Szabolcs Brickner, ténor ; Sébastien Parotte ; basse. Het Vlaams Radio Koor, Octopus Kamerkoor, direction : Bo Holten ; Brussels Philharmonic orchestra, direction : Michel Tabachnik

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