Xavier de Maistre joue Haydn

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Hommage à Haydn. Joseph Haydn (1732-1809) : Concerto en sol majeur Hob. XVIII : 4, Concerto en ré majeur Hob. XVIII : 11, Variations en ut majeur Hob. XVII : 5, Adagio en fa majeur Hob. XVII : 9 ; Marcel Grandjany (1891-1975) : Fantaisie sur un thème de Haydn opus 31. Xavier de Maistre, harpe ; Orchestre symphonique de la radio de Vienne ; Bertrand de Billy, direction. 1 CD RCA 88697426992. Code Barre 8 86974 26992 2 ; DDD ; Enregistré du 4 au 6 juin et le 17 septembre 2008 à l’ORF Funkhaus, Grosser Sendensaal, Vienne. Notice trilingue (anglais, français, allemand). Durée totale 57’02’’.

 

On présente comme l’une des figures de la harpe classique. Pour rendre hommage à Haydn d’une manière spéciale, il a fait le choix d’adapter à son instrument des symphonies initialement écrites pour clavier. Bien sûr, le choix est «musicalement correct», puisque de telles transcriptions étaient fréquentes à l’époque, et qu’Haydn lui-même avait l’habitude de transcrire ses œuvres. Mais le jeu de Maistre nous prouve tout au long du programme que la harpe, loin des sonorités diaphanes qui lui collent aux cordes, sait rivaliser, dans le caractère et la puissance, avec des instruments comme le piano.

C’est sur le concerto en sol Majeur (Hob. XVIII : 4) que s’ouvre le programme –hommage, dans une joie paisible. Sous la baguette de , l’orchestre s’anime et fait place à une harpe qui allie parfaitement délicatesse et vigueur de jeu. L’Adagio Cantabile laisse les sonorités déployer leur ampleur, la générosité des graves, la luminosité des aigus. Surtout, un véritable jeu s’instaure entre soliste et orchestre dans le magnifique Rondo Presto, tout en contrastes et en nuances. Le mouvement permet d’apprécier tout le caractère et le potentiel technique de la harpe.

Le ton se fait plus rieur dans le concerto en ré majeur (Hob. XVIII : 11). Dans le Rondo all’Ungarese, les surprises musicales fusent, la harpe s’impose, provoque l’orchestre qui redouble d’ardeur. La virtuosité du jeu égale largement le piano, tout en apportant à la musique de Haydn un supplément de délicatesse et de légèreté, ce qui rehausse davantage l’ironie d’une musique à la réputation rébarbative.

Les pièces suivantes permettent d’apprécier tout particulièrement les potentiels de la harpe et du harpiste : les Variations en ut majeur (Hob. XVII : 5), pour la beauté polyphonique et les articulations de caractère, ainsi que l’Adagio en fa majeur (Hob. XVII : 9) pour l’expressivité et la sensibilité.

Enfin, pour parachever l’hommage, le programme finit par une Fantaisie sur un thème de Haydn, écrite par Marcel Grandjany, harpiste, organiste et compositeur français, qui reste pour une référence de palette sonore. De fait, l’adaptation écrite d’après le thème du second mouvement de la Symphonie n°53 de Haydn révèle à merveille tout ce qui fait le charme de la harpe.

Il faut saluer tout particulièrement l’orchestre de la radio-télévision viennoise qui, bien plus que de servir la musique de Haydn, l’incarne complètement. Menés par , Xavier de Maistre et l’orchestre ont, pour reprendre les mots du harpiste, «incarné l’idéal classique [de] l’élégance raffinée, de perfection de la forme et de subtilité dialectique», pour le plus grand plaisir des amateurs.

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