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Joyce DiDonato sur les traces de la Callas

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Joyce DiDonato. Colbran, the Muse. Gioachino Rossini (1792-1868) : Airs d’Armida, La Donna del Lago, Maometto II, Elisabetta, Regina d’Inghilterra, Semiramide, Otello. Joyce DiDonato, mezzo-soprano ; Lawrence Brownlee, ténor. Orchestre et Chœur de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia – Roma, direction : Edoardo Müller. Enregistré à La Sala Santa Cecilia de l’Auditorium Parco della Musica de Rome entre le 8 et le 12 juin 2009. 1 CD Virgin Classics 694 5790 6. Code barre : 5 099969 457906. Notice en anglais, français et allemand. Durée : 72’05’’

 

Whaou ! Dès les premières notes de ce nouvel enregistrement, l’explosion vocale que nous offre dans son « D’Amor al dolce impero » soulève le souvenir de la version que Maria Callas donnait au public du Teatro Communale de Florence en avril 1952. Malgré la qualité désastreuse de la prise de son, Callas crevait l’écran. Jamais depuis on avait entendu une telle fougue, une telle projection vocale. Avec son interprétation, marche sur les traces de la diva grecque à l’époque incontestable de sa gloire vocale. nous emmène aujourd’hui jusqu’aux mêmes nues que celles que la Callas nous faisait toucher. Quel engagement, quelle fougue, quel phrasé. Les lourdeurs éléphantesques d’un accompagnement orchestral caricatural n’empêchent pas la mezzo de moduler sa voix dans de magnifiques couleurs et d’imposer des phrases d’où jaillissent des notes de miel.

Reprenant les airs que Rossini avait composés pour Isabella Colbran, sa femme, sa muse et la prima donna du San Carlo de Naples, Joyce DiDonato s’engage dans les tessitures de sopranos dramatiques. Elevant sans aucune difficulté son instrument vocal, la voix de la mezzo américaine surprend par l’aisance d’émission de ses vocalises les plus vertigineuses. Rien ne l’arrête.

Son « Tanti affetti in tal momento » de La Donna del Lago, opéra qu’elle créera sur la scène du Grand Théâtre de Genève en mai prochain avant de l’apporter à l’Opéra Garnier le mois suivant, laisse augurer des soirées magiques.

Comme il avait débuté, l’album de la mezzo se termine sur le final d’Armida qui expose son éblouissante forme vocale et qui la voit s’investir dans une lecture dramatique du texte à donner la chair de poule. Avec une générosité artistique bouleversante, elle range aux « Oubliez-moi çà » toutes les sopranos qui, depuis la grande Maria Callas, se sont attaquées à cet opéra. L’entendre s’enflammer dans les dernières mesures de l’air final fait regretter de ne pas être LE directeur qui portera Joyce DiDonato en Armida sur la scène de son théâtre.

Un disque « must absolu » pour tout amateur de Rossini qui, à cette époque de son existence artistique, a composé les pages parmi les plus inspirées de tous ses opéras.

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Joyce DiDonato. Colbran, the Muse. Gioachino Rossini (1792-1868) : Airs d’Armida, La Donna del Lago, Maometto II, Elisabetta, Regina d’Inghilterra, Semiramide, Otello. Joyce DiDonato, mezzo-soprano ; Lawrence Brownlee, ténor. Orchestre et Chœur de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia – Roma, direction : Edoardo Müller. Enregistré à La Sala Santa Cecilia de l’Auditorium Parco della Musica de Rome entre le 8 et le 12 juin 2009. 1 CD Virgin Classics 694 5790 6. Code barre : 5 099969 457906. Notice en anglais, français et allemand. Durée : 72’05’’

 
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