Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Michel Bouvard, Johann Sebastian Bach et Noël

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Toulouse, église musée des Augustins. 13-XII-2009 : cycle Bach l’Œuvre d’orgue 209/2010 (3e concert). Avent et Nativité par Michel Bouvard sur l’orgue Jürgen Arhend (1981). Choral « Nun Komm der Heyden Heijlandt » BWV 659 ; Trio super « Nun Komm der Heyden Heijland » BWV 660 a due bassi è canto fermo ; choral « Nun komm der Heiden Heijland » in oragno pleno-canto fermo in Pedal BWV 661 ; Chorals : « Nun komme der Heiden Heylandt » BWV 599, 3Gott durch deine güte » oder « Gottes Sohn ist kommen » BWV 600, « Herr Christ der ein’ge Gottes Sohn » oder «H(err) Gott nun sey gepreiset » BWV 601, « Lob seij dem allmägchtigen Gott » BWV 602, Pastorella pro organo BWV 590 ; Chorals : « Puer natus in Bethlehem » BWV 603, Gelobet seijstu Jesu Xst » à 2 clav & ped BWV 604, « Der Tag ist so freudenreich » à 2 clav et ped BWV 605, « Von Himmel hoch da komm ich her » BWV 606, « Vom Himmel kam der Engel Schaar » BWV 607, « In dulci jubilo » BWV 608, « Lobt Gott ihr Christen allezugleich » BWV 609 ; choral « Jesu meine Freude » BWV 610, « Christum wir sollen loben schon » corale in Alto BWV 611, « Wir Christenleüt (habn jetz und Freud) BWV 612, « Helfft mir Gottes Güte preisen » BWV 613, « Das alte Jahr vergangen ist » à 2 clav & ped BWV 614, « In dir ist Freude » BWV 615, « Mit fried und freüd ich fahr dahin » BWV 615, « Herr Gott nun scheuss den Himmel auff » BWV 617 ; Praeludium (et fuga) pro Organo pedal en Ut majeur BWV 547 ; Variations canoniques sur le chant de Noël « Von Himmel hoch da komm ich her » BWV 769.

Toulouse les orgues

Pour le troisième concert de cette intégrale Bach partagée, après et , jouait «à domicile» cet orgue Arhend qu’il connaît parfaitement depuis sa construction, il y a bientôt trente ans. Il était en effet à l’époque assistant de Xavier Darasse qui en fut l’initiateur, puis il a longuement dirigé la classe d’orgue du CNR toulousain, qui utilise cet instrument fabuleux.

Dans cette œuvre monumentale qui est la bible de tout organiste, a choisi de s’adapter au calendrier liturgique avec les cycles de l’Avent et de Noël, avant de revenir au printemps pour celui de la Passion et de la Résurrection. Il est vrai que dans l’histoire de la musique, le temps de Noël a toujours beaucoup motivé les compositeurs, qui y puisent une source infinie d’inspiration. L’organiste toulousain a naturellement structuré son récital autour des chorals de l’»Orgelbuchlein» (Petit livre d’orgue) BWV 659 à 617, destinés à l’éducation musicale de ses fils aînés. L’histoire dit qu’il composa ce cycle lors de son bref séjour en prison à la fin de l’année 1717, lorsque son employeur le duc Guillaume II de Weimar lui refusait son congé pour rejoindre la Cour de Köthen. Cette collection de chorals trouve sa cohérence spirituelle, mais l’artiste a souhaité varier le programme avec quelques chorals de Leipzig, l’agrémentant de pièces plus légères comme la Pastorale BWV 590 ou le prélude et fugue BWV 547, avant de conclure par les célèbres et périlleuses Variations canoniques sur un chant de Noël. On retrouve avec bonheur le toucher fluide et d’une grande douceur de Michel Bouvard, qui utilise à merveille la registration de cet orgue nordique, restituant au mieux les couleurs, les timbres et les sonorités pleines de cette musique inspirée.

Si tout au long de sa vie, le cantor a décliné les mêmes thèmes liturgiques selon le calendrier, il savait traiter les chorals luthériens avec une infinie richesse d’invention, qui leur donne une inépuisable variété. À la différence des Allemands, le public français ne se lève pas pour entonner le thème de chaque choral, mais entre le corpus organistique de Sébastien et la somme de ses cantates, ils nous sont devenus familiers. Pétri de cette littérature, Michel Bouvard l’interprète par le cœur, jouant sur la finesse des contrastes entre chaque pièce. Il sert le discours du cinquième évangéliste à travers une vaste palette de sentiments : douceur céleste, gloire triomphale, piété sincère (610 «Jesus meine Freude»), jusqu’à la nostalgie de l’année qui s’en va (614 «Das alte Jahr ist vergangen»), sans oublier la foi inébranlable du cantique de Siméon (616 «Mit Fried’und Freud fahr’ich dahin» et 617 «Herr Gott, nun scheuss den Himmel auf»).

Le musicien se fait peintre avec des images à la fois saisissantes et apaisantes comme la légèreté des jeux de flûtes, cornets, anches et voix célestes de la Pastorale BWV 590. Emporté par cette puissance d’évocation, on voit l’ange descendre du ciel dans le choral «Von Himmel kam der Engel Schaar» BWV 607, habité d’une profonde joie intérieure.

Plus loin, «Jesu meine Freude» BWV 610, que Sébastien traitera par la suite en un superbe motet, fait le lien entre Noël et Pâques par la voix céleste qui rejoint le thème de «Christ lag im Todesbanden» BWV 695. Avec les 8 «Variations canoniques sur un chant de Noël» BWV 769, Michel Bouvard conclut ce flamboyant récital selon une joyeuse fluidité sur le thème de l’enfance, qui n’oublie jamais une certaine élévation de pensée.

À ceux qui craindraient la difficulté ou l’ennui de la musique d’orgue, nous ne saurions que trop recommander ce cycle entre l’orgue Arhend des Augustins à Toulouse et l’Aubertin de Saint-Louis en l’Isle.

Les deux prochains récitals seront confiés au jeune le dimanche 17 janvier (mardi 19 à Paris) : Bach orateur, puis le dimanche 14 février (mardi 16 à Paris) : 3e partie de la Clavier übung.

Crédit photographique : © Alain Huc de Vaubert

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Toulouse, église musée des Augustins. 13-XII-2009 : cycle Bach l’Œuvre d’orgue 209/2010 (3e concert). Avent et Nativité par Michel Bouvard sur l’orgue Jürgen Arhend (1981). Choral « Nun Komm der Heyden Heijlandt » BWV 659 ; Trio super « Nun Komm der Heyden Heijland » BWV 660 a due bassi è canto fermo ; choral « Nun komm der Heiden Heijland » in oragno pleno-canto fermo in Pedal BWV 661 ; Chorals : « Nun komme der Heiden Heylandt » BWV 599, 3Gott durch deine güte » oder « Gottes Sohn ist kommen » BWV 600, « Herr Christ der ein’ge Gottes Sohn » oder «H(err) Gott nun sey gepreiset » BWV 601, « Lob seij dem allmägchtigen Gott » BWV 602, Pastorella pro organo BWV 590 ; Chorals : « Puer natus in Bethlehem » BWV 603, Gelobet seijstu Jesu Xst » à 2 clav & ped BWV 604, « Der Tag ist so freudenreich » à 2 clav et ped BWV 605, « Von Himmel hoch da komm ich her » BWV 606, « Vom Himmel kam der Engel Schaar » BWV 607, « In dulci jubilo » BWV 608, « Lobt Gott ihr Christen allezugleich » BWV 609 ; choral « Jesu meine Freude » BWV 610, « Christum wir sollen loben schon » corale in Alto BWV 611, « Wir Christenleüt (habn jetz und Freud) BWV 612, « Helfft mir Gottes Güte preisen » BWV 613, « Das alte Jahr vergangen ist » à 2 clav & ped BWV 614, « In dir ist Freude » BWV 615, « Mit fried und freüd ich fahr dahin » BWV 615, « Herr Gott nun scheuss den Himmel auff » BWV 617 ; Praeludium (et fuga) pro Organo pedal en Ut majeur BWV 547 ; Variations canoniques sur le chant de Noël « Von Himmel hoch da komm ich her » BWV 769.

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