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Si Peer Gynt m’était conté… par Yoel Levi

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Paris. Salle Pleyel. 24-I-2010. Edvard Grieg (1843-1907) : Peer Gynt, extraits. Sarah Pagin, soprano ; Didier Sandre, récitant ; Orchestre national d’Ile de France, direction : Yoel Levi.

À partir de sa pièce en cinq actes Peer Gynt, Henrik Ibsen sollicite en 1874 pour écrire une musique de scène (vingt-trois numéros) pour solistes vocaux, chœur, orgue et orchestre, qui alterne avec les scènes parlées. Grieg devient célèbre avec cette œuvre du jour au lendemain et en tire deux suites pour orchestre (1888 et 1891) qui sont le plus souvent enregistrées ou jouées au concert.

Pour cette production de Peer Gynt, déjà montée en 2008 dans le cadre du Festival d’Ile-de-France, l’Orchestre a choisi de présenter une version d’une heure et demie, à partir des suites et de la musique de scène, pour récitant, orchestre et soprano. La version française du texte d’Ibsen est due à (auteur de plusieurs traductions, notamment pour le TNP de Villeurbanne en 1981 et pour le Festival d’Avignon en 2004) qui propose ici une adaptation destinée au concert et concoctée avec le comédien .

On suit donc les différentes pérégrinations, le voyage initiatique de Peer Gynt, jeune homme ambitieux et aventureux, en amour notamment, entraîné dans le monde des trolls, puis au chevet de sa mère (Åse), marchand d’esclaves au Maroc vingt ans plus tard, séducteur de la belle Anitra qui le dépouille, retournant ruiné en Norvège, retrouvant finalement la fidèle Solveig et mourant auprès d’elle.

Placé de côté sur le devant de la scène, au niveau des premiers violons, , fortement amplifié, lit de manière très expressive le texte entre les tableaux musicaux, mais également pendant, ce qui ne fonctionne malheureusement pas bien dans les passages dramatiques et forte. Les différents extraits de la musique de Grieg ne sont pas mentionnés dans le programme, mais l’on reconnaît la Plainte d’Ingrid, Dans la halle du roi de la montagne, la Mort d’Ase, Au matin, la Danse arabe, la Danse d’Anitra, la Chanson de Solveig, le Retour de Peer Gynt et le Naufrage du bateau, enfin la Berceuse de Solveig. Les pupitres de l’Orchestre National d’Ile-de-France, placés sous la direction de leur chef principal Yœl Levi, sonnent fort bien dans cette musique haute en couleur, riche en mélodies, à la fois spectaculaire (Dans la halle du roi de la montagne ou Scène de la tempête) et mélancolique (interventions de Solveig). Le chef réussit à maintenir l’intérêt tout du long, malgré les interruptions fréquentes liées à la narration. La soprano interprète avec retenue et délicatesse ses airs de Solveig. Et l’on regrette de ne pas avoir entendu plus de parties chantées, notamment chorales.

Crédit photographique : Yœl Levi © DR

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Paris. Salle Pleyel. 24-I-2010. Edvard Grieg (1843-1907) : Peer Gynt, extraits. Sarah Pagin, soprano ; Didier Sandre, récitant ; Orchestre national d’Ile de France, direction : Yoel Levi.

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