Concerts, La Scène, Musique symphonique

Gilbert et le New York Philharmonic à Paris

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Paris, Salle Pleyel. Les 01/02-II-2010. Magnus Lindberg (né en 1958) : EXPO ; Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour piano et orchestre n°2 en sol mineur op. 16  ; Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Symphonie n°2 en mi mineur op. 27  ; Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n°49 « La Passione » ; John Adams (né en 1947) : The Wound-Dresser ; Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n°8 « Inachevée » ; Alban Berg (1885-1935) : Trois pièces opus 6. Yefim Bronfman, piano ; Thomas Hampson, baryton ; Orchestre Philharmonique de New York, direction : Alan Gilbert

Le mythique Orchestre Philharmonique de New York, trop rarement entendu en France, passait par Paris les 1er et 2 février derniers, avant d’achever sa tournée européenne à Londres. Ce fut l’occasion pour , chef de 42 ans fraîchement nommé à la direction musicale de l’orchestre, de s’illustrer dans deux programmes éclectiques, allant du répertoire classique à la création contemporaine. Chacun des deux concerts, dans une salle Pleyel que l’on aurait imaginée plus remplie, s’articulait autour d’un soliste de prestige : le pianiste lundi, le baryton mardi.

Le premier concert s’ouvrait avec la création française de EXPO, commande du NYP à son compositeur en résidence cette saison, le finlandais . Malgré ses effets d’alternance de textures et ses couleurs chatoyantes, cette pièce quelque peu tape-à-l’œil ne suscite guère d’intérêt. Le Concerto pour piano n°2 de Prokofiev, œuvre aussi déchirante que tonitruante, constitue le moment fort de la soirée. La véhémence du propos est restituée avec vigueur et autorité par l’israëlo-américain , qui livre une impressionnante prestation sans épanchement aucun : même si l’on aurait pu espérer davantage de lyrisme dans certains passages élégiaques (1er et 4e mouvements), le pianiste montre une étonnante tranquillité dans cette partition redoutable, épaulé par un NYP d’une précision rythmique étourdissante. Enfin, la Symphonie n°2 de Rachmaninov clôt la soirée, sommet de néo-romantisme aux mille trouvailles mélodiques, que Gilbert dirige avec chaleur, toujours d’un geste clair et précis. Avec le morceau « Lonely Town », issu de la comédie musicale On the Town de Bernstein, le chef offre un bis en forme d’hommage à l’un de ses plus éminents prédécesseurs.

La programmation du second concert faisait la part belle aux compositeurs viennois, de Haydn à Berg via Schubert. Gilbert montre l’étendue de sa palette expressive, tirant de l’orchestre des sonorités généreuses autant que raffinées dans les symphonies La Passione et l’Inachevée. Il montre dans les Trois pièces de Berg une belle capacité à organiser le chaos orchestral, soulignant la force tellurique du post-romantisme atonal du compositeur. Mention spéciale pour dans The Wound-Dresser de . Ardent défenseur du répertoire lyrique américain, le baryton trouve le ton juste et révèle le texte poignant de Walt Whitman : il en incarne pleinement chaque nuance, avec l’intelligence et la constance qu’on lui sait. On a connu cependant des bis plus judicieusement choisis. Avec l’Ouverture Egmont de Beethoven et la Valse triste de Sibelius, Gilbert alourdit un programme qui se suffisait bien à lui-même, mais ne gâche pas pour autant la soirée.

Crédit photographique : © Mats Lundquist

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Paris, Salle Pleyel. Les 01/02-II-2010. Magnus Lindberg (né en 1958) : EXPO ; Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour piano et orchestre n°2 en sol mineur op. 16  ; Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Symphonie n°2 en mi mineur op. 27  ; Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie n°49 « La Passione » ; John Adams (né en 1947) : The Wound-Dresser ; Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n°8 « Inachevée » ; Alban Berg (1885-1935) : Trois pièces opus 6. Yefim Bronfman, piano ; Thomas Hampson, baryton ; Orchestre Philharmonique de New York, direction : Alan Gilbert

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