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Paris. Cité de la Musique. 30-I-2010. Claude Debussy (1862-1918) : Deux Arabesques ; La Puerta del Vino ; Lindaraja. Emmanuel Chabrier (1841-1894) : Mauresque. Charles Kœchlin (1867-1950) : Les Heures persanes (extraits). Maurice Ravel (1875-1937) : Rhapsodie espagnole. Modest Mussorgsky (1839-1881) : Tableaux d’une exposition. Hüseyin Sermet, Tugçe Tez, pianos

Hüseyin Sermet, Tugçe Tez

Dans le cadre du cycle Orientalismes, deux pianistes turcs jouaient tout d’abord de la musique française imprégnée d’orient de par leur inspiration espagnole, puis de la musique russe. Et s’il arrive d’apprécier immédiatement, dès les premières notes jouées, un pianiste que l’on découvre, on apprend vite, à nos dépends, que l’inverse est tout aussi possible.

En effet, le jeu très agressif et sans aucune douceur de Hüseyin Sermet ne convient pas du tout au caractère doux, joyeux ou mystérieux selon les cas des pièces de Debussy, Ravel et Chabrier et Kœchlin. Ses aigus, en particulier, sont trop souvent frappés violemment, à la limite du supportable, et ses attaques dures détruisent la délicatesse des Arabesques, ou des Heures persanes. De plus, le pianiste possède une fâcheuse tendance à réinterpréter les partitions à sa convenance, que ce soit en modifiant fortement le tempo ou en faisant abstraction des nuances. Pourtant, les très rares fois où il daigna nous offrir un pianissimo, celui-ci se révéla toujours joliment fait.

On aurait pu penser que, dans les Tableaux d’une exposition, cela serait moins gênant, étant donné que cette musique contient elle-même une grande force. Mais malheureusement, cette partition est faite aussi de contrastes, qui n’ont pas été préservés par le pianiste : les quelques mouvements légers, comme Les Tuileries ou Ballet des poussins dans leur coque sont gâchés car rendus lourds et pesants.

Quant à l’autre pianiste, Tugçe Tez, elle participa au concert comme second pianiste dans les œuvres pour deux pianos. Difficile de s’en faire un avis : Hüseyin Sermet jouait si fort et s’imposait de façon si écrasante dans ces pièces que la pauvre jeune femme d’une vingtaine d’années était presque totalement inaudible. Et au final, on sort totalement crispé de ce concert dont les accents orientaux auraient dû au lieu de cela nous détendre, nous divertir et nous intriguer.

Crédit photographique : Hüseyin Sermet © Mat Hennek

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