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Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour arpeggione en la mineur D 821 ; Liebesbotschaft et Die Taubenpost (extraits du Chant du Cygne D 957) ; An den Mond D 193 ; Dass sie hier gewesen D 775 ; Wehmut D 772 ; Nacht und Träume D 827 ; « Ich schleiche bang und still » (extrait de Die Verschworenen D 787) ; Der Hirt auf dem Felsen D 965 (transcriptions d’Antoine Tamestit). Antoine Tamestit, alto ; Sandrine Piau, soprano ; Markus Hadulla, piano. 1 CD Naïve V 5219. Code barre : 822186052198. Enregistré en avril et juin 2009, au MC2 : Grenoble. Notice en : français, anglais et allemand ; textes chantés traduits en anglais et en français. Durée : 58’

 

En dehors de rares interprétations sur l’instrument original et des tentatives d’acclimatation les plus diverses, du trombone au violon, la Sonate pour arpeggione est devenue la propriété des violoncellistes. L’alto fait pourtant jeu égal avec le violoncelle, offrant même plus d’homogénéité entre la douceur des graves et la limpidité des aigus. Maître du timbre exceptionnellement lumineux d’un Stradivarius de 1672, réussit à atteindre la mélancolie la plus raffinée sans affadir ni délayer l’œuvre. Les tempos sont mesurés, notamment dans un Adagio d’une émouvante pudeur, et la virtuosité, indéniable, demeure toujours discrète, ce qui donne aux fioritures de l’Allegretto un charme très biedermeier. On apprécie l’attention accordée au détail, notamment au dosage du vibrato, tandis que se plie avec beaucoup de finesse aux figures assez conventionnelles de sa partie.

Comme Anne Gastinel (chez le même éditeur), accompagne l’Arpeggione de transcriptions de lieder. Comme elle, il a choisi de jouer exactement la partie chantée, en respectant les syllabes et les mots, au lieu d’arranger une ligne instrumentale et de l’orner, selon une pratique courante au XIXe siècle. Dans les lieder les plus mélodieux, l’habileté des deux artistes fait passer certaines bizarreries inévitables, comme le jeu de questions et de réponses à la fin de Die Taubenpost. Mais pourquoi tenter de rendre la déclamation métaphysique de Wehmut, quand l’instrument ne peut même pas donner sens aux variations expressives qui colorent les strophes de Dass sie hier gewesen ?

Aucune réserve, en revanche, quand l’alto prend la place de la clarinette dans le fameux Pâtre sur le rocher et dans une très belle romance tirée de l’opéra Die Verschworenen (Les Conjurés). On gagne en douceur et en finesse du trait ce qu’on perd en plénitude sonore. Le chant de est à la fois d’une émouvante retenue et d’une précision admirable, même si la diction n’est pas parfaitement naturelle. Une prestation d’une rare élégance, à l’image de cet album amoureusement ciselé.

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Franz Schubert (1797-1828) : Sonate pour arpeggione en la mineur D 821 ; Liebesbotschaft et Die Taubenpost (extraits du Chant du Cygne D 957) ; An den Mond D 193 ; Dass sie hier gewesen D 775 ; Wehmut D 772 ; Nacht und Träume D 827 ; « Ich schleiche bang und still » (extrait de Die Verschworenen D 787) ; Der Hirt auf dem Felsen D 965 (transcriptions d’Antoine Tamestit). Antoine Tamestit, alto ; Sandrine Piau, soprano ; Markus Hadulla, piano. 1 CD Naïve V 5219. Code barre : 822186052198. Enregistré en avril et juin 2009, au MC2 : Grenoble. Notice en : français, anglais et allemand ; textes chantés traduits en anglais et en français. Durée : 58’

 
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