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Facettes variées de Strauss par Marek Janowski

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Salle Pleyel. 10-III-2010. Richard Strauss (1864-1949) : Le Bourgeois gentilhomme, suite op. 60 ; Das Rosenband op. 36 n°1  ; Die heiligen drei Könige aus Morgenland op. 56 n°6 ; Befreit op. 39 n°4 ; Als mir dein Lied erklang op. 68 n°4 ; Mort et transfiguration op. 24. Annette Dasch, soprano ; Orchestre de Paris, direction : Marek Janowski

Invité régulier de l’ depuis 2004, proposait cette fois un programme consacré uniquement à , avec des œuvres relativement peu jouées en concert. C’est particulièrement le cas de la suite du Bourgeois Gentilhomme, qui n’avait jamais été donnée par l’ (et qui, hasard du calendrier, est au programme d’un autre orchestre à trois jours d’écart à la Cité de la Musique !). Cette œuvre a connu une gestation difficile. Fruit de la collaboration fructueuse de Strauss avec Hofmannsthal elle devait être une musique de scène pour la comédie-ballet de Molière et destinée à précéder l’opéra Ariane à Naxos. Remaniée par Strauss, elle devient finalement en 1919 une suite pour orchestre en neuf parties. Écrite pour un orchestre de chambre (cordes : 6-4-4-2), douze vents, percussions, piano et harpe, l’œuvre s’inscrit dans un courant néoclassique, comme le Stravinski de Pulcinella, certaines pièces de Respighi, Casella ou Martinu. Pastiche de la musique française du Grand Siècle, elle cite deux danses de Lully (dont le célèbre Menuet), alterne pièces de musique de chambre, concerto grosso ou musique symphonique, dans un esprit tour à tour gracieux, espiègle, pompeux ou brillant. dirige les musiciens avec une grande précision, clarté, attentif à mettre en valeur les nombreux solistes, notamment le premier violon solo (Entrée et danse des tailleurs), le pianiste Denis Comtet (non mentionné dans le programme) ou les vents.

Pour débuter la deuxième partie de ce concert, Marek Janowski et l’Orchestre de Paris, en grand effectif cette fois, conviaient la soprano pour quelques Lieder (que Janowski a par ailleurs enregistré avec Soile Isokoski en 2001 pour Ondine). On connaît mieux cette chanteuse dans le répertoire baroque et classique (Mozart en particulier) mais elle ne démérite pas dans Strauss, grâce à une voix bien projetée, une large tessiture, un souci expressif, et ce même si elle n’a pas encore le mœlleux, la sensualité d’Elisabeth Schwarzkopf hier ou plus récemment de Renée Fleming. Par ailleurs, on aurait apprécié écouter plus de quatre Lieder (vingt minutes de musique). Accompagnement voluptueux de l’orchestre qui ne couvre pas la voix de la soprano.

En deuxième partie, le quatrième poème symphonique de Strauss (après Aus Italien, Macbeth et Don Juan), Mort et Transfiguration, créé en 1890. Dans cette œuvre, illustration du postromantisme allemand évoquant les différents états de l’homme luttant contre la mort, Marek Janowski, qui dirige de tête, tient l’orchestre d’une main de maître, avec une grande rigueur dans la mise en place, la superposition des plans sonores, sans néanmoins brider les instrumentistes dans les passages particulièrement lyriques. Une démonstration d’orchestre qui fait vraiment plaisir à entendre.

Crédit photographique : Marek Janowski © Felix Brœde

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