The Telephone, opéra de poche de Gian Carlo Menotti

La Scène, Opéra, Opéras

Paris, Théâtre des Déchargeurs. 12-III-2010. Charles Ives (1874-1951) : Songs. Gian Carlo Menotti (1911-2007) : Canto della lontananza ; The Telephone or l’amour à trois, opéra-bouffe en un acte sur un livret du compositeur. Mise en scène : Jérémie Laurent. Avec : Marylène Ricci, Lucy ; François Renou, Sam. Piano : Benjamin Laurent

, le «Puccini du pauvre» selon , connaît ces dernières années un grand regain d’intérêt : The Telephone / Amelia al ballo à l’Opéra-Comique et à Lausanne, The Medium à Dijon et Fribourg, Maria Golovin et The Saint of Bleecker Street à Marseille, … Et au-delà des scènes consacrées, les réseaux «parallèles» de production s’y mettent aussi.

The Telephone durant à peine trente minutes, la jeune compagnie lyrique «Les Cigalons» a choisi en ouverture l’interprétation mise en scène de deux cycles de mélodies américaines. Le Canto della lontananza, sept mélodies sur des poèmes en italien écrits par le compositeur, tire plus vers les cycles aux couleurs crépusculaires de Respighi (Il tramonto) ou Barber (Knoxville summer 1915) que sur la gouaille de The Téléphone qui suit. y campe dans la mise en scène de Jérémie Laurent une Voix humaine sans téléphone, une femme désespérée qui se résigne, après avoir espéré, à ne plus revoir son amant. L’interprétation est poignante, même si la voix – qui peine un peu dans le grave – est surdimensionnée par rapport à la toute petite jauge du Théâtre des Déchargeurs.

offre dans une sélection de mélodies de un pendant masculin, mais l’exercice de réunir diverses pièces d’esthétiques très différentes, allant de l’expressionnisme européen aux chansons du Middle West, avec polytonalité et polyrythmie obligées, est moins évident, malgré l’accompagnement attentif de . Les deux chanteurs sont nettement plus à l’aise dans The Telephone, le répertoire comique leur sied mieux que le tragique et les tessitures de l’œuvre correspondent mieux à leurs propres voix. L’échange du jeu à deux permet aussi une mise en scène bien plus enlevée et vivante, qui donne toute la valeur à ce spectacle de poche. Une soirée agréable, qui permet de découvrir une littérature musicale peu connue en Europe, servie avec talent par de jeunes interprètes. A voir jusqu’au 3 avril.

Crédit photographique : © Jérémie Laurent

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