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Anne Sofie von Otter, la pudeur de la Tragédie Lyrique

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Opéra

Marc-Antoine Charpentier (1634-1704) Médée. Michel Lambert (1610-1696) Ma bergère est tendre et fidèle, Ombre de mon amant, vos mépris chaque jour. Jean-Philippe Rameau (1683-1764) Hippolyte et Aricie, Les fêtes d’Hébé. Anne Sofie Von Otter, mezzo-soprano. Les Arts Florissants, direction : William Christie. 1 CD Archiv Production Réf 4778610. Code barre 002894778610. Enregistré à l’église Notre Dame du Liban en 09/2009. DDD. Notice en allemand, français et anglais. Durée 65’04.

 

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Ce magnifique CD, reflet d’une série de concerts à Edimbourg, Lucerne et Paris, est bâti, avec tout l’amour de l’artisan, autour de larges extraits de Médée de et de Hippolyte et Aricie de , entrecoupés de chansons et d’airs de cour, dont certains de , beau-père de , mais aussi de morceaux choisis des fêtes d’Hébé et de concerts à quatre parties de viole. C’est aussi l’apogée d’une rencontre, celle de et d’, en 2003, autour d’une production de Serse de Haendel au Théâtre des Champs-Élysées, qui ne pouvait, pour qui aime et connaît le parcours de ces deux immenses musiciens, que déboucher sur cet enregistrement d’une beauté à la fois rigoureuse et pudique.

Pour , ce n’est pas une surprise, on sait de longue date son affinité avec la tragédie lyrique. Le maestro a dirigé, puis enregistré depuis bien longtemps sous étiquette Erato, les intégrales de Médée et de Hippolyte et Aricie, avec la regrettée Lorraine Hunt Lieberson. Pour , plus habituée du baroque haendelien, tout prédisposait à cet aboutissement, que ce soit son souci du bien dire, qui devient ici art de la déclamation, ou sa façon d’exprimer les passions les plus violentes sous une élégante réserve. Car c’est en effet la passion la plus ravageuse qui dévaste Phèdre et Médée, jusqu’à l’insoutenable, sous le raffinement corseté de la musique. Les intermèdes sont alors plus que bienvenus pour dissiper la tension dramatique.

Au vu d’un tel charisme, on pardonnera à la mezzo un timbre ayant perdu un peu de sa couleur, et certains graves bizarrement appuyés pour compenser l’usure des moyens. Quant aux Arts Florissants, ils sont tout simplement magiques !

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