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A Flowering Tree, le nouvel opéra de John Adams à Paris

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Paris. Cité de la Musique. 20-III-2010. John Adams (né en 1947) : A Flowering Tree, opéra en deux actes sur un livret de John Adams et Peter Sellars. Création en France. Ingénieur du son : Mark Grey. Avec : Jessica Rivera, soprano ; Noah Stewart, ténor ; Jonathan Lemalu, baryton-basse. Chœur et Orchestre de la Fondation Gulbenkian, direction : Joana Carneiro

Domaine privé

Impossible de ne pas apprécier, dans son ensemble, le dernier opéra de . Rompant complètement avec les thèmes abordés dans Nixon in China ou Doctor Atomic, le livret, écrit par le compositeur lui-même et son ami à partir de contes indiens, est du même acabit qu’un dessin animé de Walt Disney : un prince égoïste tombe amoureux d’une belle jeune femme pauvre, mais qui a le pouvoir de se transformer en arbre. Cet amour le changera en homme noble et valeureux. La musique va de pair avec ce conte à la valeur narrative basique pour donner en fin de compte un résultat attrayant mais sans réelle profondeur.

Comme à son habitude, John Adams offre une partition d’orchestre agréable : de belles harmonies qui créent une atmosphère convenant bien à l’histoire. L’ensemble n’est pas particulièrement inventif, mais reste séduisant et bien réalisé. En revanche, les lignes mélodiques des trois chanteurs manquent d’intérêt, et leur interprétation lors de cette soirée ne leur en créa pas : le ténor forçait trop sa voix, la rendant souvent agressive, et celle du baryton-basse , le narrateur, était trop souvent détimbrée. L’orchestre Gulbenkian, satisfaisant dans l’ensemble, manqua tout de même parfois de précision au niveau des rythmes et de la synchronisation, malgré la bonne direction de , chef très dynamique. Les passages joyeux, emmenés, de l’opéra ont été les plus réussis, et les moments de tensions les plus décevants, les moyens utilisés par le compositeur pour parvenir à ces tensions (montées chromatiques, crescendi, notes répétées) étant trop évidents et attendus.

Mais, comme pour Doctor Atomic, le point noir de l’opéra est surtout son livret, aux métaphores douteuses et peu probantes, qui présente le conte de façon encore plus mièvre qu’il ne l’est déjà. L’ensemble de l’œuvre expose d’ailleurs une vision assez clichée de l’Inde. En résumé, le nouvel opéra de John Adams est le prolongement musical d’un conte mignon et sucré, n’offrant rien de marquant ou de nouveau de par sa composition, mais n’en étant pas moins plaisant, distrayant à écouter. Ce qui ne va pas jusqu’à justifier la standing ovation du public pour John Adams, manifestation devenant de plus en plus courante ces derniers temps dans le monde musical parisien, et ce souvent sans véritable raison.

Crédit photographique : © / Fondation Gulbenkian

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Paris. Cité de la Musique. 20-III-2010. John Adams (né en 1947) : A Flowering Tree, opéra en deux actes sur un livret de John Adams et Peter Sellars. Création en France. Ingénieur du son : Mark Grey. Avec : Jessica Rivera, soprano ; Noah Stewart, ténor ; Jonathan Lemalu, baryton-basse. Chœur et Orchestre de la Fondation Gulbenkian, direction : Joana Carneiro

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