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Dijon. Auditorium. 23-III-2010. Frédéric Chopin (1810-1849) : Nocturne en fa dièse majeur op. 15 n°2 ; Sonate n°2 en si bémol mineur op. 35 ; Sonate n°3 en si mineur op. 58 ; Barcarolle en fa dièse majeur op. 60. Krystian Zimerman, piano

Une salle combe était venue écouter à l’auditorium de Dijon ce mardi 23 mars. Et ce même public de sortir enchanté par ce magicien du piano !

D’entrée, le programme ne peut qu’intéresser en cette année Chopin. Une soirée entière consacrée au maître polonais. Et pourtant, un programme pas si «public» que cela, avec en particulier les 2e et 3e sonates. Mais Zimerman, qui connaît et maîtrise parfaitement ce répertoire, incontestablement, puisque, rappelons-le, il gagne le concours Chopin de Varsovie en 1975, a parfaitement organisé le déroulement de la soirée, instaurant une écoute attentive dès la première pièce, le Nocturne op. 15 n°2 qui laisse le public sans voix… et sans applaudissement. La magie de la leçon de chant opére déjà ! Le silence continue la musique qui vient de s’interrompre. Et Zimerman d’enchaîner avec la Sonate n°2 en sib mineur, dont il fait ressortir tout le poids tragique de la célèbre marche funèbre… et toute l’ambiguïté musicale et presque psychologique pourrait-on dire, du dernier mouvement avec un toucher délicat et perlé. Un moment de grâce. Encore.

Dans la seconde partie, la magie se poursuit. Et le beau chant tellement souhaité par Chopin de ressortir dans le mouvement lent de la Sonate n°3, qui remplace ici la marche funèbre de la pièce précédente. D’ailleurs Zimerman a parfaitement intégré les leçons de Chopin qui conseillait de «»[penser à] la Pasta […], au chant italien et non à un vaudeville français.» Ce qui n’empêche pas les doubles croches de déferler et le pianiste de faire résonner superbement le grand instrument de concert utilisé comme un orchestre. Pour emprunter une formule très emblématique de Schumann, Zimerman montre «les canons cachés sous des fleurs», alliant dextérité, sensibilité, expressivité… Du grand art ! Grand art qui se poursuit dans la dernière pièce du programme, la fameuse Barcarolle, qui finit de mettre le public en émoi.

Plusieurs rappels du public dont les «bravos» fusent de partout, et un Zimerman à l’aise revenant saluer. Mais sans céder à la tentation des bis. Un programme fort pour une soirée mémorable.

Crédit photographique : Zimerman Deutsche Grammophon © DG / Kasskara

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Dijon. Auditorium. 23-III-2010. Frédéric Chopin (1810-1849) : Nocturne en fa dièse majeur op. 15 n°2 ; Sonate n°2 en si bémol mineur op. 35 ; Sonate n°3 en si mineur op. 58 ; Barcarolle en fa dièse majeur op. 60. Krystian Zimerman, piano

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