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Alina Ibragimova & Cédric Tiberghien : Introspection et extériorisation

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Paris, Auditorium du Louvre, 26-III-2010. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonates pour piano et violon n° 3 en mi bémol majeur op.12 n°3 ; n°9 en la majeur « A Kreutzer » op.47. Alina Ibragimova, violon ; Cédric Tiberghien, piano

En cette année de la Russie en France, on assiste aux (re)découvertes de nombreux fleurons des artistes russes, dont la jeune violoniste de 25 ans, . Elève des écoles Gnessin, Menuhin et du Royal College of Music de Londres, elle a étudié le violon baroque et moderne. Depuis ses débuts en 2005, elle est très active sur les scènes musicales anglo-saxonnes mais encore trop peu connue en France. Aujourd’hui, elle forme un duo avec avec qui elle a publié l’intégrale de la musique pour violon et piano de . Ce soir-là, elle a donné avec Tiberghien un récital Beethoven à l’auditorium du Louvre, scène de ses débuts français en 2006.

Dans la Sonate n°3, son jeu semblait un peu trop introspectif ou réservé, donnant l’impression qu’elle ménageait quelque peu son énergie. Toutefois, elle fait la preuve de son extraordinaire capacité à retenir la tension dans de longs phrasés.

C’est dans la Sonate « A Kreutzer » qu’elle révèle pleinement son talent. Sous son archet, le premier mouvement, Allegro con spirito, se transforme par moments en Allegro con fuoco. Cette fois, c’est une extériorisation totale. Son violon, Pietro Guarneri de 1738, « crache » avec exaltation l’angoisse et la fureur, le tout parfaitement maîtrisé. Dans le deuxième mouvement, elle change complètement de caractère pour un autre visage Con gracioso. Le finale est une très belle synthèse de toutes ces caractéristiques, à la fois intérieures et extérieures. A en juger par ce récital, ce n’est pas une violoniste qui affiche sa technique, pourtant d’une virtuosité indéniable, mais qui propose une réflexion mûrement approfondie, comme elle fera encore mieux dans le mouvement lent de la Sonate n°6, toujours de Beethoven, joué en bis.

partage avec bonheur sa méditation beethovenienne, même si à un moment (notamment dans une des variations de la Sonate n°9) son jeu ressemblait à celui d’un morceau pour piano seul plutôt qu’à une œuvre avec violon.

Crédit photographique : © Alvaro Yanez

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Paris, Auditorium du Louvre, 26-III-2010. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonates pour piano et violon n° 3 en mi bémol majeur op.12 n°3 ; n°9 en la majeur « A Kreutzer » op.47. Alina Ibragimova, violon ; Cédric Tiberghien, piano

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