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Rinaldo Alessandrini magnifie le clavecin d’Alessandro Scarlatti

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Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Toccatas pour clavecin : en ré mineur, fa majeur, ré mineur, sol mineur, ré mineur, la mineur, sol majeur ; Fugues pour clavecin : en ré mineur, sol mineur, la mineur ; Toccata per organo, e per cembalo en la majeur ; Deux Fugues en ré mineur. Rinaldo Alessandrini, clavecin. 1 CD ARCANA. Réf. A 323. Code barre : 8 033891 690342. DDD. Enregistré à Cologne, Sendesaal des Deutschlandfunks, du 8 au 10 octobre 1991. Notice : italien, anglais, français, allemand, espagnol. Durée : 73’10

 

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Difficile d’énumérer tous les talents de (né en 1960). Claveciniste, organiste, pianofortiste, il est aussi chef de chœur et chef d’orchestre, et, plus, fondateur de l’ensemble vocal et instrumental Concerto Italiano. illustre et défend avec virtuosité et goût les musiques des 17e et 18e siècles. Il a réalisé d’excellents enregistrements de Monteverdi, Vivaldi et Jean-Sébastien Bach. Du premier, dont on s’accorde généralement à le considérer comme l’un des serviteurs les plus nobles et pertinents, il a donné un captivant essai chez Actes Sud-Classica en 2004. Inutile de préciser qu’il s’est produit dans le monde entier (en tant que soliste et chef) et que plusieurs de ses enregistrements ont gagné les éloges les plus prestigieux. Il a gravé il y a une dizaine d’années des pièces pour clavecin (il touche un Franciscus Debbonis, Rome, de 1678) d’ publiées à présent par le label Arcana. Scarlatti concentra ses activités essentiellement autour du théâtre tandis que sa production pour les claviers demeura relativement secondaire.

D’ailleurs il n’occupa aucune fonction officielle dans ce registre. Huit Toccatas et quatre Fugues constituent la robuste colonne vertébrale de cette livraison passionnante. Sous ses doigts revivent ces chefs-d’œuvre de la maturité (édités aux alentours de 1715) auxquels il refuse toute brillance superficielle. Il respecte en cela la volonté du compositeur qui adopte une écriture contrapuntique savante, ne retenant pas le principe des pièces de danse, proposant aussi quelques dissonances et exigeant souvent une grande et âpre virtuosité. La Septième Toccata en ré mineur, la plus ambitieuse et longue de la série (Scarlatti en composa une dizaine) contient en sa fin ses célèbres variations sur La Folia.

Les autres partitions présentées affichent un authentique sérieux et souvent une réelle sobriété, une austérité et une rigueur assumées. En tout cas, ses pièces sont dépourvues de toute fioriture et éclat superficiel au profit, le plus souvent, d’un climat majoritairement sévère et rigoureux. honore et restitue la musique de ce compositeur italien, phare de l’école napolitaine (d’opéra), la portant à notre connaissance grâce à une lecture rigoureuse, authentique et persuasive.

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