Plus de détails

San Francisco. Davies Hall. 13-V-2010. Henry Litolff (1818-1891) : Scherzo du Concerto symphonique n°4 en ré mineur op. 102. Frédéric Chopin (1810-1849) : Concerto pour piano et orchestre n°2 en fa mineur op. 21. Adolphe Adam (1803-1856) : Suite du ballet Giselle. Claude Debussy (1862-1918) : La mer. Garrick Ohlsson, piano. San Franciso Symphony Orchestra, direction : Michael Tilson Thomas

Depuis qu’il a été le premier américain à remporter le concours Chopin en 1970, le pianiste a tissé un lien particulier avec l’Europe de l’Est. C’est paradoxalement l’Europe occidentale qui le connaît le moins comme en témoigne ses lapidaires apparitions parisiennes. Son intégrale chez Hypérion et le récent documentaire d’Arte, L’Art de Chopin, qui en fait son fil rouge, ont rappelé au public français qu’il est l’un des interprètes les plus inspirés de Chopin.

Avec un programme copieux sous la baguette de à San Francisco, confirme cette réputation. Précédé par un étincelant Scherzo de Litolff dont les effets de virtuosité, quoiqu’imaginatifs, n’ont fait que souligner la créativité de Chopin, le Concerto n°2 évoque un climat lumineux comme on n’en entend rarement. Ohlsson se garde des poncifs et exclut toute tristesse ou pesanteur dans ces pages où s’épanche un amour adolescent. Un amour idéal, presque une rêverie, qu’il exprime avec une fraîcheur et un flair émouvants (Larghetto). Sa sonorité riche et colorée, sa technique élégante et son légato onctueux font de lui un vrai styliste. Brillant mais sans exhibition, il a attendu que l’orchestre s’engage dans le dialogue mais l’accompagnement, trop en retrait, a manqué un peu de saveur.

L’orchestre se rattrape bien dans Giselle où le pétillant pétille et le lyrique s’enflamme (éblouissant solo d’alto) mais entre les deux ça ne mousse pas toujours. Les pupitres sont pourtant la précision-même : les cordes sont d’une cohésion exemplaire, les bois sont alertes et les cuivres rayonnants. La formation est troublante dans les pianissimi mais La Mer n’en fait malheureusement pas usage et dans l’ensemble, alors que chacun maîtrise ses effets, elle manque de fluidité et d’extrêmes. Vigoureuse et impressionnante, elle a quelque chose d’un océan. Son gabarit et son étoffe passent à côté des subtilités de la miniature mais le sentiment de grandeur qui s’en dégage est des plus réussit.

Crédit photographique : Garrick Ohlsson © BSO

Plus de détails

San Francisco. Davies Hall. 13-V-2010. Henry Litolff (1818-1891) : Scherzo du Concerto symphonique n°4 en ré mineur op. 102. Frédéric Chopin (1810-1849) : Concerto pour piano et orchestre n°2 en fa mineur op. 21. Adolphe Adam (1803-1856) : Suite du ballet Giselle. Claude Debussy (1862-1918) : La mer. Garrick Ohlsson, piano. San Franciso Symphony Orchestra, direction : Michael Tilson Thomas

Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.