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Christian Rizzo, épuré et silencieux

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Paris. Théâtre de la Ville. 27-V-2010. Christian Rizzo : L’Oubli, toucher du bois. Conception, chorégraphie et costumes : Christian Rizzo. Scénographie : Frédéric Casanova et Christian Rizzo. Lumières : Caty Olive. Musique originale : Sylvain Chauveau. Collaboratrice artistique : Sophie Laly. Avec Jean-Louis Badet, Philippe Chosson, Kerem Gelebek, Christophe Ives, Wouter Krokaert, Sylvain Prunenec, Tamar Shelef.

Du fétichisme à l’épure, poursuit un chemin singulier et exigeant. Sa dernière pièce L’Oubli, toucher du bois, a été créée à l’Opéra de Lille avant de faire escale quelques jours à Paris.

Le début de la pièce est symbolique. Le plateau est encombré d’un fatras d’objets hétéroclites, hérités des pièces antérieures du chorégraphe. Les interprètes les manipulent, se les passent de main en main, avant de les faire disparaître par l’une des trois portes qui marquent l’accès aux coulisses. Dans un espace scénique désormais totalement vide – une sorte de grande boîte en bois brut – un vieil homme gît au sol. En quelques instants, sollicitant d’entrée la concentration du spectateur, est parvenu à installer une atmosphère étrange, inquiétante, absolument troublante, renforcée par les éclairages sophistiqués de Caty Olive et la partition de Sylvain Chauveau.

Mais ce qui frappe tout particulièrement dans ce spectacle intense et exigeant, c’est le silence du mouvement. Chaussés de Desert boots noires à semelles de crêpe, les pas des danseurs ne résonnent pas sur le bois. Aucun poids, aucune chute, n’est perceptible à l’oreille. Plus visible que dans son précédent spectacle, le traitement corporel proposé par le chorégraphe est ici tout à fait remarquable. Il demande à ses interprètes une présence et une qualité de danse à la fois forte et délicate – faite de touchers, de portés doux, de corps qui pèsent sur d’autres corps, d’enchevêtrements subtils. Cette puissance délicate se poursuivra tout au long d’un spectacle matriciel et organique, qui invite à regarder la danse autrement, comme un tableau.

L’apparition d’une, puis de plusieurs silhouettes vêtues et cagoulées de noir, n’est pas sans rappeler son précédent spectacle Mon amour, donné dans ce même théâtre en mars 2008, où les êtres humains se cachaient derrière des voiles colorés. De même, le dépôt à plusieurs reprises d’une enceinte audio – sorte de monolithe noir – près du corps de l’homme vieillissant, est une allusion à 2001, Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick. Pour incarner ce vieil homme, Christian Rizzo a d’ailleurs fait appel à Jean-Louis Badet, complice du chorégraphe qui figurait, lui, dans Mon amour. Une continuité et un compagnonnage artistique bienvenus.

Crédit photographique : © Marc Domage

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Paris. Théâtre de la Ville. 27-V-2010. Christian Rizzo : L’Oubli, toucher du bois. Conception, chorégraphie et costumes : Christian Rizzo. Scénographie : Frédéric Casanova et Christian Rizzo. Lumières : Caty Olive. Musique originale : Sylvain Chauveau. Collaboratrice artistique : Sophie Laly. Avec Jean-Louis Badet, Philippe Chosson, Kerem Gelebek, Christophe Ives, Wouter Krokaert, Sylvain Prunenec, Tamar Shelef.

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