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Bruckner par Neeme Järvi : le retour de l’esprit pionnier !

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Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°5, WAB 105 (Edition Leopold Nowak de 1878). Orchestre de la Résidence de La Haye ; direction : Neeme Järvi. 1 SACD Chandos. Référence : CHSA 5080. Code barre : 0 95115 50802. Enregistré en septembre 2009. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Durée : 62’05

 

, qui a quasiment tout enregistré dans sa longue carrière artistique, n’a que très peu fréquenté Bruckner. Sa pléthorique discographie ne reprend qu’une symphonie n°8, gravée à Londres, en 1986, pour le label chandos. On ne s’attendait donc pas à le voir débarquer dans les bacs avec une symphonie n°5 à la tête de son orchestre de La Haye.

Le premier choc de ce disque réside dans le minutage : 62’05 minutes pour l’une des plus longues symphonies de Bruckner ! fait exploser tous les chronomètres et signe la symphonie n°5 la plus rapide de l’histoire du disque ! Il met même près de 8 minutes dans le nez de chefs comme Lovro von Matacic ou Heinz Rögner qui passaient déjà pour des brucknériens pressés ! C’est le choc des extrêmes face à Celibidache qui met, entre 20 et 25 minutes de plus, pour boucler son interprétation de la pièce !

À l’écoute des quatre mouvements, on salue l’esprit rapide du chef qui renoue ainsi avec les temps héroïques des pionniers bruckériens qui imposaient une vision rapide, cursive et puissante des symphonies du maître de Saint Florian. Mais, de rapidité à précipitation, il n’y a qu’un pas que le chef franchit allègrement dans l’adagio. Sous cette battue, ce mouvement n’a rien de «sehr langsam» et avance plus avec l’esprit d’une cavalcade que d’une retenue mystique. Pourtant, en dépit de ce passage à vide, l’interprétation des mouvements rapides est plutôt bien venue avec un bon sens dans l’enchaînement des thèmes et avec des équilibres très soignés. L’acoustique plutôt mâte de la Anton Philipszaal de La Haye efface un peu les dynamiques qui mériteraient d’être un peu plus burinées.

Les Néerlandais ont, depuis des lustres, la fibre brucknérienne développée et l’orchestre de La Haye montre ses affinités et ses facilités naturelles avec l’œuvre du compositeur. On note une belle homogénéité des pupitres et un bon équilibre entre les pupitres.

Nous sommes donc, en présence, d’un disque inclassable, perturbant, dérangeant, musicalement incorrect, mais que l’on laissera, tout de même, traîner près de la chaîne. Dans cette symphonie, les références abondent et l’on ne saurait recommander cette galette comme première approche ; mais les brucknériens émérites ne pourront pas faire l’impasse sur ce disque qui va à contre courant des idées reçues.

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Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°5, WAB 105 (Edition Leopold Nowak de 1878). Orchestre de la Résidence de La Haye ; direction : Neeme Järvi. 1 SACD Chandos. Référence : CHSA 5080. Code barre : 0 95115 50802. Enregistré en septembre 2009. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Durée : 62’05

 
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