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Solos lumineux de Suzanne Linke

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Paris. Théâtre des Abbesses. 08-VI-2010. Suzanne Linke : 5 solos. Chorégraphies, mises en scène, costumes : Susanne Linke. Musiques : Yannis Xenakis, Eric Satie, Franz Schubert, Gabriel Fauré, Gustav Mahler. Lumières : Johan Delaere, Uwe Renken. Danse : Suzanne Linke, Armelle van Eecloo, Mareike Franz, Urs Dietrich

C’est à un moment d’histoire vivante de la danse contemporaine que nous convie le Théâtre de la Ville avec ces cinq solos lumineux de . Elève de Mary Wigman, elle est aujourd’hui la seule survivante avec Reinhild Hoffmann des trois grandes chorégraphes allemandes nées après-guerre.

Le programme de ces cinq solos historiques commence par Orient-Okzident, l’un des plus difficiles d’accès pour le spectateur, sur une aride musique de Iannis Xenakis. Vêtue d’un tissu mordoré, extensible, la danseuse dont on n’aperçoit que les longs cheveux balayant le sol, parcourt le plateau à genou le long d’un rayon lumineux en provenance des coulisses. Elle n’a pas d’âge, contrairement à la femme qui lui succède dans le second solo, Im Bade wannen, elle-même. C’est une vieille femme dans sa salle de bains, dansant avec sa baignoire de fonte. Une vieille femme émouvante, à la musculature intacte. Le dialogue intense de la chorégraphe avec les Gymnopédies I et III de Satie est renouvelé plusieurs fois. C’est un moment extraordinaire !

Toute aussi émouvante est Marieke Franz, la jeune fille qui danse dans le troisième solo, Wandlung, sur La jeune fille et la mort de Schubert. Elle évolue quasi exclusivement au sol. Gracile et puissante, sa silhouette légère et grave dégage une grande force d’émotion. Moins convaincant, le quatrième solo, Flut, est interprété par un homme aux cheveux longs qui progresse sur une bande de tissu pliée et roulée. La chorégraphie ne convient pas à Urs Dietrich, ce grand danseur dégingandé et la bande son, une répétition de Gabriel Fauré par Pablo Casals, est destabilisante avec ses multiples interruptions. Ports de bras ridicules, absence de musicalité, surtout lorsque, avec des gestes amples et incantatoires, il se précipite à plat ventre sur le sol à la manière du faune de L’après-midi d’un faune.

Le spectacle s’achève par un cinquième solo, Kaikou-Yin, à nouveau interprété par Suzanne Linke. L’air revêche, elle incarne la danseuse avec des airs de sorcière ou de déesse en furie. Plus tragédienne que comédienne, elle fait penser à ces sociétaires entre deux âges de la Comédie Française qui jouaient Racine jusqu’à plus soif…

Crédit photographique : Urs Dietrich dans Flut © Jörg Landsberg

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Paris. Théâtre des Abbesses. 08-VI-2010. Suzanne Linke : 5 solos. Chorégraphies, mises en scène, costumes : Susanne Linke. Musiques : Yannis Xenakis, Eric Satie, Franz Schubert, Gabriel Fauré, Gustav Mahler. Lumières : Johan Delaere, Uwe Renken. Danse : Suzanne Linke, Armelle van Eecloo, Mareike Franz, Urs Dietrich

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