Concerts, La Scène, Musique symphonique

Laurence Equilbey et Accentus, sous le signe du recueillement

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Saint-Denis. Basilique. 11-VI-2010. Giacomo Puccini (1858-1924) : Crisantemi pour orchestre à cordes, Requiem pour chœur et orchestre, Salve Regina pour soprano et orgue, Adagietto pour orchestre, Madame Butterfly (extrait de l’acte 2) ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Requiem. Karina Gauvin, soprano ; David Bizic, baryton ; Chœur de chambre Accentus ; Ensemble orchestral de Paris, direction : Laurence Equilbey

Crédit photographique : Laurence Equilbey © Laurence Equilbey

Ce concert marquait la première apparition de au Festival de Saint-Denis, avec naturellement son chœur, , mais aussi à la tête de l’, dont elle est chef associée pour deux saisons (avant de créer sa propre formation orchestrale ?). Le choix de réunir dans le même concert Puccini et Fauré pouvait paraître surprenant, mais, outre le fait qu’ils sont morts la même année (1924), c’est la tonalité des œuvres choisies, recueillies, sereines, qui donnait toute sa cohérence au programme.

Puccini tout d’abord, et des courtes pièces, relativement rares, enchaînées. Pour orchestre à cordes, Crisantemi, dont Puccini réutilisera les thèmes dans le dernier acte de Manon Lescaut. Les cordes de l’ sonnent justes dans cette sombre élégie écrite en 1890 à la mémoire d’Amédée 1er de Savoie, duc d’Aoste. Le chœur se joignait ensuite à l’orchestre dans un très bref Requiem, avec solo du premier alto, écrit pour le quatrième anniversaire de la mort de Verdi (27 janvier 1905), pièce grave interprétée avec sobriété. Même climat dans un Salve regina, que Puccini réutilisera dans son opéra Le Villi, interprété ici avec pudeur par , la soprano soliste de ce programme, accompagnée à l’orgue. Après un Adagietto pour orchestre, Accentus retrouvait les instrumentistes dans le célébrissime Coro a bocca chiusa tiré de Madame Butterfly qui clôturait de belle manière cet hommage à Puccini.

On reste par contre plus nuancé sur le Requiem de Fauré, donné au cours de ce concert sans entracte ( alias Iko se produisant dans le même lieu en deuxième partie de soirée). Donnée dans sa version symphonique (1900), avec pas moins de huit violoncelles, l’interprétation du chœur manque d’expression, de relief. L’œuvre a beau être apaisée, intime, un peu plus de vie n’aurait pas nuit, qui plus est dans un lieu aussi grand que la Basilique de Saint-Denis. Les solos de David Bizic dans l’Offertoire et le Libera me sont plutôt réussis, moins celui de la soprano dans le Pie Jesu : avec son vibrato, la voix de a du mal à rendre ce passage délicat et émouvant (créé à l’origine par une voix d’enfant).

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Saint-Denis. Basilique. 11-VI-2010. Giacomo Puccini (1858-1924) : Crisantemi pour orchestre à cordes, Requiem pour chœur et orchestre, Salve Regina pour soprano et orgue, Adagietto pour orchestre, Madame Butterfly (extrait de l’acte 2) ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Requiem. Karina Gauvin, soprano ; David Bizic, baryton ; Chœur de chambre Accentus ; Ensemble orchestral de Paris, direction : Laurence Equilbey

Crédit photographique : Laurence Equilbey © Laurence Equilbey

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