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Une « fantaisie foraine » inventive, poétique et drôle !

La Scène, Spectacles divers

Avignon. Espace Alya. 28-VII-2010. Igor Stravinski (1882-1971) : Petrouchka ; Scherzo, Galop, Valses, Polka, Chanson russe, Napolitaine, Ragtime. Transcription : Le Piano Ambulant. Mise en scène : André Fornier. Décors : Francepol et Pierre-Yves Boutrand. Costumes : Céline Pigeot. Lumières : David Ferlay. Avec : Antoinette Lecampion, violon / ballerine ; Christine Comtet, flûte / mage ; François Salès, hautbois / Maure ; Joël Schatzman, violoncelle / Petrouchka ; Sylvie Dauter, piano / ballerine ; Charlie Adamopoulos, régisseur suprême

Petrouchka

Quel dangereux pari que de réduire à 6 interprètes et à peine plus d’instruments une œuvre initialement prévue pour un corps de ballet et un grand orchestre symphonique ! Et de le proposer dans une petite salle de 50 places.

Pari gagné néanmoins, puisqu’ils ne sont pas légion, les spectacles qui, dans le pléthorique Festival Off d’Avignon (plus de mille titres à travers près de cent trente lieux), peuvent s’enorgueillir d’une fréquentation constante, a fortiori pour leur toute première participation : or la salle ne désemplit pas, alors que d’autres compagnies tournent à deux ou trois spectateurs / jour. Ce Petrouchka s’inscrit dans une évolution heureuse de ce qu’il est convenu d’appeler le plus grand théâtre du monde, puisque cette année près de quatre-vingts propositions y sont explicitement musicales.

Dans cette configuration minimaliste, l’entreprise est réussie. Dommage toutefois que les trouvailles visuelles s’enchaînent à un rythme soutenu, captant souvent l’attention au détriment de l’interprétation musicale, qu’il faudrait pourtant saluer avec chaleur. L’humour, la dérision, – et la tendresse – sont sans cesse présents : les changements de décors et de costumes se font à vue, les didascalies sont griffonnées sur des pancartes de carton que brandissent les acteurs. Les indications-plateau sont données par la voix off du régisseur… qui est elle-même élément du spectacle.

Comble du burlesque (de bon aloi !) : la danse la plus débridée est un battement de jambes effectué en position assise ! On l’aura compris : tel qu’il est (55 minutes, petite jauge), Petrouchka donne entièrement satisfaction, tous les échos recueillis le confirment. Et il fait honneur à la volonté de vulgarisation de la compagnie lyonnaise Le Piano Ambulant – compagnie de musiciens classiques itinérants -, puisqu’il met à la portée de tous, les grandes pages du répertoire musical.

Toutefois, le rajout de quelques pièces extérieures de Stravinsky et la complexité du scénario (les 4 tableaux, les marionnettes qui s’animent, les personnages polyvalents, l’insertion dans le dernier tableau d’une scène de genre – une déambulation à travers les baraques de la foire -) rendent nécessaire un feuillet explicatif, effectivement offert avec le billet.

Crédit photographique : © Le Piano Ambulant

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