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Petite messe de Rossini pour « les grandes voix » !

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 13-IX-2010. Gioacchino Rossini (1792-1868) : Petite messe solennelle. Avec : Desirée Rancatore, soprano, Anna Bonitatibus, mezzo-soprano, Antonino Siragusa, ténor, Michele Pertusi, baryton, Gabriele Carcano, piano, Slava Chevliakov, harmonium, Chœur de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, Andrea Lucchesini, piano et direction.


Revenir à la version originale de 1864 de la Petite Messe Solennelle de Rossini est-elle faire de nécessité vertu ? En d’autres termes, en offrir une interprétation pour deux pianos et un harmonium, moins coûteuse qu’avec orchestre, est-il simplement un souci de vérité musicologique ? On laissera d’autant plus la question en suspens que son divin concepteur était lui-même limité aux conditions de création de ses «péchés de vieillesse» dans les salons mondains, en lieu et place de salles de concert ! Il n’en réalisera l’orchestration qu’en 1867, et dédicaça son œuvre en écrivant : «Bon Dieu. La voilà terminée cette pauvre petite messe. Est-ce bien de la musique sacrée que je viens de faire ou bien de la sacrée musique ? J’étais né pour l’opera buffa, tu le sais bien! Peu de science, un peu de cœur, tout est là. Soit donc béni et accorde moi le Paradis»

Quoi qu’il en soit, les premières notes résonnent bizarrement pour les habitués de la version orchestrale. L’harmonium sonne comme les guides-chant de nos vieux cours d’éducation musicale, les pianos comme les bastringues accompagnant le cinéma muet. Dire ceci n’est pas faire injure au talent des instrumentistes, qui défendent l’œuvre de leur mieux, c’est simplement une question de sonorité et d’habitude d’écoute. D’ailleurs, le prélude religieux de la seconde partie, interprété avec âme par Andrea Lucchesini, également responsable de la direction, fait vibrer les cœurs et donne enfin une justification musicale à ce choix !

Mais l’auditoire est depuis longtemps conquis par la splendeur de la distribution vocale. Passons rapidement sur le chœur, en deçà de ce qu’on pourrait exiger d’un ensemble aussi prestigieux que celui de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, et citons avant tout, idolâtrie oblige, la somptueuse , dont l’Agnus Dei conclusif est une véritable leçon de technique, d’investissement et de beauté. et , grands habitués de l’univers rossinien, délivrent une prestation parfaite. Moins attendue dans ce répertoire, laisse pour un instant les rôles stratosphériques et vocalisant qui ont fait sa gloire, pour délivrer un chant habité, du même niveau que celui de ses partenaires.

Débuter un cycle des «grandes voix» avec une messe est assez inattendu… et se révèle un pari diablement séduisant, nous en offrant quatre pour une seule fois !

Crédit photographique : photo ©

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 13-IX-2010. Gioacchino Rossini (1792-1868) : Petite messe solennelle. Avec : Desirée Rancatore, soprano, Anna Bonitatibus, mezzo-soprano, Antonino Siragusa, ténor, Michele Pertusi, baryton, Gabriele Carcano, piano, Slava Chevliakov, harmonium, Chœur de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, Andrea Lucchesini, piano et direction.

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