La reprise de la mise en scène de Così d’Abbas Kiarostami

La Scène, Opéra, Opéras

Luxembourg, Grand-Théâtre. 05-XI-2010. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1971) : Così fan tutte, ossia la scuola degli amanti K588, opera buffa en deux actes sur un livret de Lorenzo Da Ponte. Mise en scène : Abbas Kiarostami. Adaptation décors et costumes : Malika Chauveau. Lumières : Jean Kalman. Avec : Sofia Solovij, Fiordiligi ; Sophie Harmsen, Dorabella ; Judith van Wanroij, Despina ; Joël Prieto, Ferrando ; Edwin Crossley-Mercer, Guglielmo ; William Shimell, Don Alfonso. Chœur du Festival d’Aix-en-Provence (chef de chœur : Nicolas Krüger). Capella Augustina, direction : Andreas Spering

Le Grand-Théâtre de Luxembourg a choisi d’ouvrir sa saison avec une reprise de la mise en scène de Così fan tutte par le cinéaste iranien , spectacle créé à Aix-en-Provence au cours de l’été 2008 et chroniqué à cette époque dans nos colonnes. On a ainsi retrouvé avec plaisir ce beau décor aux magnifiques lumières, destinées à évoquer les différentes phases de cette autre «folle journée» mozartienne. L’utilisation habile de la caméra et des images projetées en fond de scène, censées représenter la ville et la baie de Naples (en réalité quelque part entre Cassis et La Ciotat), donne vie à une mise en scène généralement fine et élégante, extrêmement bien réglée quoique, finalement, sans surprise, et somme toute plutôt conventionnelle. Si elle permet de faire surgir l’essentiel des ambiguïtés du livret – et elles sont nombreuses… –, elle n’offre pas de discours véritablement nouveau, et personne ne s’en plaindra !

Si le spectacle, de par son esthétisme assumé, séduit l’œil à tout moment, l’oreille est en revanche rarement entièrement satisfaite. Si aucun des chanteurs réunis sur le plateau ne démérite véritablement, il n’en est pas un qui ait toutes les qualités pour faire un véritable mozartien. Parmi les nouveaux venus, le ténor espagnol Joël Prieto fait valoir un physique avantageux ainsi qu’un timbre plutôt agréable, mais son chant reste encore quelque peu frustre. Il en est de même de en Dorabella, au mezzo parfois un peu lourd pour le rôle Dorabella, davantage un deuxième soprano. Les autres comparses, ceux de la création de cette mise en scène, reprennent vaillamment du service, et si leur aisance scénique est indéniable, leur chant manque parfois de subtilité. Sofia Solovij trouve néanmoins quelques beaux accents en Fiordiligi, notamment dans son «Per pieta», et reste un excellent Guglielmo, particulièrement bien caractérisé.

Dans la fosse, la , sous la baguette plutôt agressive d’, brutalise par moments la divine musique de Mozart, et pose à nouveau la question de l’opportunité de jouer Mozart sur des instruments anciens, du moins lorsque les musiciens ne parviennent à trouver l’élégance et la lumière des phrasés mozartiens. Ce soir-là, la luminosité du spectacle représenté sur scène était en net contraste avec les sonorités trop souvent heurtées et rocailleuses émanant de la fosse.

Crédit photographique : William Schimell (Don Alfonso) et (Guglielmo) ; (Fiordiligi) et (Despina) © Elisabeth Carecchio

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