Quand Johan Svendsen défendait Nielsen

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« Une affiche de concert jaunie par le temps et abandonnée à sa solitude dans un dossier oublié est-elle à jamais condamnée au silence ? Nous voulons croire que ce triste destin apparemment inexorable mérite de recevoir un démenti cinglant, ne serait-ce que le temps d’une lecture. » Voilà comment débute ce dossier élaboré par le président fondateur de l’Association française Carl Nielsen. Pour accéder au dossier complet : Sur les traces de Carl Nielsen

 

Lorsque le brillant compositeur et fameux chef d’orchestre norvégien – ami de Grieg, Joachim et Wagner – vint s’installer à la tête de l’orchestre du Théâtre royal de Copenhague il prit en affection un jeune musicien, , qui jouait, presque anonyme encore au sein des seconds violons, mais intensément dévoré par l’ambition et la volonté d’une carrière de compositeur. A la mesure de ses possibilités, son aîné sut lui offrir ses conseils et encouragements, lui ménager du temps pour écrire sa musique et le lancer dans une carrière de chef d’orchestre plus rémunératrice. Il participa de manière désintéressée et bienveillante au lancement artistique de son cadet dont les capacités et potentialités créatrices ne lui avaient pas échappé.

De 1888 à 1908, Svendsen aura représenté un des plus hauts sommets de réalisation artistique de la capitale danoise. Grâce à ses dons artistiques et à son charme personnel il réussit à se faire admettre et aimer du monde musical danois, professionnel et public confondus. L’Orchestre du Théâtre royal atteignit sous sa férule un niveau artistique inconnu jusqu’alors. Sa technique de direction très efficace et intelligente entraînait merveilleusement et efficacement ses troupes. Sa prestance et son autorité sur scène contrastaient avec sa modestie et sa générosité en dehors du théâtre. Le choix des œuvres présentées constituaient également une mise en concordance intelligente et efficiente avec ce qui se faisait dans les autres grands centres artistiques européens.

En 1931 encore, vingt ans après la mort de Svendsen, , l’année même de sa propre disparition, confiera au journal Politiken : «Mon admiration pour lui était sans bornes ; quand approchait, mes jambes commençaient à trembler, parce que dès qu’il brandissait sa baguette devant l’orchestre au sein duquel je jouais, je sentais que je me trouvais face à un génie.»

Même parvenu au sommet de sa gloire Nielsen ne faiblit jamais dans son admiration pour le compositeur, le chef d’orchestre et l’homme Johan Svendsen qui toujours lui ménagea son aide et sa sollicitude désintéressées.

Lire l’étude : X – Quand Johan Svendsen défendait Carl Nielsen

 

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