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Zanetto et Suor Angelica en état de grâce à Rennes

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Rennes. Opéra. 19-X-2010. Pietro Mascagni (1863-1945) : Zanetto, opéra en 1 acte sur un livret de Giovanni Targioni-Tozzetti et Guido Menaschi d’après Le Passant de François Coppée. Giacomo Puccini (1858-1924) : Suor Angelica, opéra en 1 acte sur un livret de Giovacchino Forzano. Avec : Maïra Kerey, Silvia / Angelica ; Laura Brioli, Zanetto / la Princesse. Chœur de l’Opéra de Tours (direction : Gildas Pungier), Orchestre Symphonique de Bretagne, direction : Claude Schnitzler

Certaines versions concertantes se révèlent plus exaltantes et, paradoxalement, plus théâtrales, que nombre de présentations scéniques routinières ou faussement novatrices. Avouons-le, le diptyque proposé par l’opéra de Rennes nous a offert près de deux heures de frisson ininterrompu. La proximité des ouvrages est patente, par la chronologie, la subtilité harmonique et la généreuse inspiration mélodique, mais l’esprit diffère : Zanetto est un instantané d’indécision sentimentale qui s’apparente au théâtre d’Henry Bernstein, tandis que Suor Angelica balance de la quiétude de la vie conventuelle vers la cruauté de l’entretien au parloir et le désespoir de l’héroïne. Une chose est sûre : ces deux partitions sont de précieuses pépites, leur mariage est heureux et, au regard de leur statisme, l’absence de mise en scène est aisément compensée par l’investissement interprétatif de deux remarquables chanteuses.

s’engage en effet avec générosité dans la courtisane Silvia comme dans la malheureuse Angelica. La voix s’épanouit sur toute la tessiture, libérée des reflets métalliques qui hypothéquaient sa Glauce nancéienne la saison passée, et la chanteuse kazakhe conserve sa musicalité racée. La scène finale de Suor Angelica est, grâce à elle, d’une très poignante émotion. , mezzo aux graves saisissants, lui apporte une réponse aussi intense qu’inspirée. On oublie le concert, tant cette artiste sait nous émouvoir puis nous glacer d’un regard ou d’un geste. Les deux chanteuse invitées rivalisent d’ampleur et de justesse d’expression, mais il faut également saluer la prestation des membres du chœur féminin de l’Opéra de Rennes qui assurent brillamment les rôles secondaires de Suor Angelica.

, orfèvre ciselant la couleur orchestrale, réalise un miracle d’équilibre et de finesse à la tête d’un excellent Orchestre de Bretagne, confondant de plénitude sonore. Il sait impulser l’élan comme souligner la plus fin trait d’orchestration, et révèle la réelle subtilité des deux partitions. Nous n’oublierons pas de sitôt la bouleversante conclusion à la si brève rencontre entre Silvia et Zanetto. , qui signe cette fois encore le texte de présentation du programme avec autant d’érudition que d’intelligence, peut manifester sa satisfaction à la fin de la représentation, plébiscitée par le public rennais : nous avons connu une soirée rare, sans l’ombre d’un nuage.

Crédit photographique : ©

 

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Rennes. Opéra. 19-X-2010. Pietro Mascagni (1863-1945) : Zanetto, opéra en 1 acte sur un livret de Giovanni Targioni-Tozzetti et Guido Menaschi d’après Le Passant de François Coppée. Giacomo Puccini (1858-1924) : Suor Angelica, opéra en 1 acte sur un livret de Giovacchino Forzano. Avec : Maïra Kerey, Silvia / Angelica ; Laura Brioli, Zanetto / la Princesse. Chœur de l’Opéra de Tours (direction : Gildas Pungier), Orchestre Symphonique de Bretagne, direction : Claude Schnitzler

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