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Andris Nelsons met le feu à la Cité

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Paris. Cité de la Musique. 29-X-2010. Richard Strauss (1864-1949) : Métamorphoses pour orchestre à cordes ; Ainsi parlait Zarathoustra poème symphonique op. 30 ; Wolfgand Amadeus Mozart (1756- 1791) : Concerto pour piano n°20 en ré mineur K466. Mihaela Ursuleasa, piano. Orchestre de Paris, direction : Andris Nelsons.

Parmi les jeunes musiciens que l’on s’arrache en ce moment, il y a le chef letton , trente et un ans, une énergie d’adolescent et la maturité du double. Pour ses débuts avec l’ – juste après l’Orchestre philharmonique de Vienne en début de semaine – il a choisi de jouer Strauss et Mozart avec la pianiste roumaine , une autre personnalité détonante.

On ne s’attend pas à ce que Strauss précède et suive Mozart avec autant de naturel. Dans les Métamorphoses pour cordes, l’orchestre fait preuve d’un lyrisme – de circonstances d’abord, de conviction ensuite – charnel, suave, qui est à l’opposé du dépouillement qui devrait suivre.

Mais voilà que ce même son voluptueux, enfin à l’écoute, s’ajuste parfaitement à Mozart. La justesse de cette approche est presque aussi frappante que l’excentricité de la pianiste. Equilibré, le son plein, expressif mais sans débordements, l’orchestre n’accompagne pas, il prend par la main. Avec lui on entre chez Mozart, avec on prolonge la visite. La pianiste a quelque chose de l’anticonformisme et de l’audace d’une prodige. On est frappé par son regard, tourné vers le public, à la fois signe d’extravagance et de générosité. Par son phrasé et son sens des dynamiques aussi. On reste suspendu à son chant dans les cadences sans savoir où elle nous mènera mais, on peut lui faire confiance : elle est imprévisible mais réfléchie.

Ainsi parlait Zarathoustra commence sur un détail : le son rauque des contrebasses. Cette voix-là ouvre les porte de tout un univers. Par ce détail, le chef s’est révélé. Son imagination et son charisme sont une force à laquelle l’ n’a pas résisté. Minutieux et distingués – à ce titre, les cuivres sont surprenants – ils n’ont ménagé ni leur énergie ni leur musicalité. Réussir à tirer cela d’un orchestre, c’est un exploit en soi. L’interprétation, enflammée et démentielle, s’est développée comme un organisme vivant, un peu trop intuitivement peut-être et a manqué d’architecture si bien que la fin a pu sembler… inachevée. Mais cette énergie a mis le feu à la Cité de la Musique et il n’y a rien de tel pour remplir une salle, grèves ou pas.

Crédit photographique : © Andrisnelsons. com

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Paris. Cité de la Musique. 29-X-2010. Richard Strauss (1864-1949) : Métamorphoses pour orchestre à cordes ; Ainsi parlait Zarathoustra poème symphonique op. 30 ; Wolfgand Amadeus Mozart (1756- 1791) : Concerto pour piano n°20 en ré mineur K466. Mihaela Ursuleasa, piano. Orchestre de Paris, direction : Andris Nelsons.

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