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Des brumes de Dalbavie au soleil de Schubert

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Paris. Salle Pleyel. 17-XI-2010. Marc-André Dalbavie (né en 1961) : Variations orchestrales sur une œuvre de Janáček (création française). Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°1 en ut majeur op. 15. Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n°9 en en ut majeur dite « La Grande » D. 944. Stephen Kovacevich, piano. Orchestre de Paris, direction : David Zinman.

Paris de la musique

Le festival «Paris de la musique» s’attache depuis sept ans à associer des œuvres du grand répertoire avec des œuvres contemporaines afin de les faire sortir de leur ghetto culturel. Une pratique tellement salutaire qu’il est révélateur que les institutions parisiennes aient besoin d’un festival pour la faire entrer dans nos mœurs musicales.

est l’invité de l’, choix naturel pour celui qui y a été compositeur en résidence de 2000 à 2003, et à qui l’orchestre donnait carte blanche le temps d’un concert en février 2010. Les Variations orchestrales sur une œuvre de Janácek, composées en 2006 ont été créées à Tokyo cette même année, et étaient données en création française ce soir. Elles métamorphosent le matériau du quatrième morceau du cycle pour piano Dans les brumes de Janáček, tout en conservant deux caractéristiques : le caractère nébuleux et quelques intonations caractéristiques du compositeur morave. Du néant émergent de lentes nappes sonores qui planent et se mêlent durant vingt minutes, sont marquées ici et là d’accents cinglants avant qu’un climax, sorte de cathédrale, illumine l’orchestre un bref moment. Aussi à l’aise pour concentrer le grain sonore que pour en faire saillir les reliefs, semble tirer le maximum de cette pièce qui n’a peur ni du spectaculaire ni de la tonalité.

Admiré dans Beethoven, prend possession du Concerto pour n°1 et lui insuffle l’intensité juvénile et la force annonciatrice du futur héros romantique, en complicité avec le chef. Une leçon de style.

A quelques mois de commencer l’enregistrement du cycle symphonique complet de Schubert avec «son» orchestre de la Tonhalle de Zurich (entendu in situ en mars dernier), donne un avant-goût de ce qu’on y entendra. En suscitant de l’orchestre (les vents !) une transparence et des couleurs réservées d’ordinaire aux formations chambristes, il surprend par le caractère solaire qu’il donne à l’œuvre. Nous sommes loin des langueurs et de l’introversion schubertiennes, et cela fonctionne parfaitement grâce à un tempo mené sans relâche mais sans précipitation. Loin des brouillards dalbaviens, il y a de la joie, de la verdeur, de la danse, et cette saveur populaire de la grande Mitteleuropa qui suscitera Dvorak et… Janáček justement. Une approche osée, assumée et réussie.

Crédit photographique : Marc André Dalbavie © Alix Laveau

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Paris. Salle Pleyel. 17-XI-2010. Marc-André Dalbavie (né en 1961) : Variations orchestrales sur une œuvre de Janáček (création française). Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano n°1 en ut majeur op. 15. Franz Schubert (1797-1828) : Symphonie n°9 en en ut majeur dite « La Grande » D. 944. Stephen Kovacevich, piano. Orchestre de Paris, direction : David Zinman.

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