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Boris Charmatz, expérimentation plastique

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Paris. Théâtre de la Ville. Dans le cadre du Festival d’Automne. 26-XI-10. Boris Charmatz : Levée des conflits. Chorégraphie : Boris Charmatz, assisté de Anne-Karine Lescop. Lumières : Yves Godin. Réalisation sonore : Olivier Renouf. Lutherie logicielle : Luccio Stiz. Avec Or Avishay, Eleanor Bauer, Nuno Bizarro, Matthieu Burner, Magali Caillet-Gajan, Sonia Darbois, Olga Dukhovnaya, Olivia Grandville, Gaspard Guilbert, Taoufiq Izeddiou, Lénio Kaklea, Jurij Konjar, Elisé Ladouée, Catherine Legrand, Maud Le Pladec, Naiara Mendioroz, Thierry Micouin, Andreas Albert Müller, Mani A. Mungai, Elise Olhandeguy, Félix Ott, Annabelle Pulcini, Fabrice Ramalingom, Nabil Yahia-Aïssa.

Un même solo, répété comme en canon à quelques minutes d’intervalles, par autant de danseurs que le plateau pouvait en contenir, c’est le défi lancé par dans Levée des conflits.

Un seul solo, en vingt-cinq mouvements, est repris en canon avec d’infinies variations d’interprétation, de nuances, d’incarnation par vingt-quatre danseurs dont le parcours fait aussi sens. Certains, très jeunes, viennent à peine d’achever leur formation, quelques autres incarnent un pan de l’histoire récente de la danse contemporaine (Olivia Grandville, Catherine Legrand, Magali Caillet, Fabrice Ramalingom, Elise Olhandeguy, Annabelle Pulcini ou Nuno Bizarro), ayant travaillé avec Dominique Bagouet, Philippe Decoufflé, Odile Duboc ou Vera Mantero.

Pour eux, propose une subtile mise en jeu des interactions entre les danseurs dans un travail sur l’oscillation, la torsion, l’essorage du corps. C’est un défi à la fois conceptuel et intellectuel qui prend corps sur le plateau, alors que chaque nouveau danseur qui monte sur scène poursuit son propre cheminement individuel. Ce mouvement semble éternellement recommencé, dans une spirale sans fin, tout au long de l’heure quarante que dure le spectacle.

Boris Charmatz, chorégraphe conceptuel qui pratique une constante mise en danger des corps dans ses créations, de Aatt enen tionon qui superposait trois danseurs sur des plateformes carrées, à La danseuse malade où la comédienne Jeanne Balibar conduisait une camionnette dans laquelle il était enfermé, entraîne ici ses interprètes au bord de l’épuisement, de la transe. Radicale, fascinante, Levée des conflits a tout du happening, de la sculpture vivante et de l’expérimentation plastique.

À l’acmé du spectacle, le protocole processionnel et rougeoyant (mention spéciale aux lumières d’Yves Godin) qu’il met en place pourrait être une vision de l’enfer ou du mythe de Sysiphe, dans un mouvement perpétuel d’où l’on ne sort que par la mort. En écho à la Symphonie des Adieux, de Haydn, citée par Jérôme Bel et Anne Teresa De Keersmaeker sur cette même scène il y a un mois, les danseurs quittent un à un le plateau. Après un ultime tour, le spectacle est achevé lorsque le dernier a quitté la scène, titubant.

Crédit photographique : Photo © Caroline Ablain

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Paris. Théâtre de la Ville. Dans le cadre du Festival d’Automne. 26-XI-10. Boris Charmatz : Levée des conflits. Chorégraphie : Boris Charmatz, assisté de Anne-Karine Lescop. Lumières : Yves Godin. Réalisation sonore : Olivier Renouf. Lutherie logicielle : Luccio Stiz. Avec Or Avishay, Eleanor Bauer, Nuno Bizarro, Matthieu Burner, Magali Caillet-Gajan, Sonia Darbois, Olga Dukhovnaya, Olivia Grandville, Gaspard Guilbert, Taoufiq Izeddiou, Lénio Kaklea, Jurij Konjar, Elisé Ladouée, Catherine Legrand, Maud Le Pladec, Naiara Mendioroz, Thierry Micouin, Andreas Albert Müller, Mani A. Mungai, Elise Olhandeguy, Félix Ott, Annabelle Pulcini, Fabrice Ramalingom, Nabil Yahia-Aïssa.

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