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Le Centaure et l’animal : Prince des ténèbres

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Paris. Théâtre national de Chaillot. 7/XII/10. Bartabas/Ko Murobushi : Le Centaure et l’animal. Conception et mise en scène : Bartabas. Chorégraphie : Ko Murobushi et Bartabas. Musique : Jean Schwartz. Lumière : Françoise Michel. Scénographie : Bartabas. Texte : Lautréamont, extrait des « Chants de Maldoror », dit par Jean-Luc Debatice. Costumes : Yannick Laisné, Alain De Raucourt. Maquillage : Annie Marandin. Avec Bartabas, Ko Murobushi et la participation de Raveendran Peringaden. Chevaux : Horizonte, Soutine, Pollock, Le Tintoret.

Cavalier noir sorti des ténèbres, se confronte dans « Le centaure et l’animal » à , l’un des maîtres du butô japonais.

Insecte argenté, , parcourt en rampant la bande de fin sable blanc qui borde l’avant-scène. C’est l’un des plus célèbres danseurs de butô, cette danse japonaise née après la seconde guerre mondiale. De l’autre côté de cette frontière invisible règne , ou plutôt un centaure dont la longue robe noire est celle d’un cheval ébène. Ses bras prolongés de bâtons agitent de longues ailes de papillon, à la manière de la danseuse américaine Loïe Fuller, qui fit fureur au début du siècle. Sur le sable noir et mat, le corps du cavalier et celui de son cheval ne font qu’un. fusionnera d’ailleurs avec les quatre chevaux du spectacle, un noir et trois blancs, qui sont ici presque des interprètes à part entière. Le résultat d’un dressage émérite et exceptionnel.

Ces deux êtres hybrides, le centaure et l’animal, ne se rencontreront jamais, chacun restant dans son univers : noir pour l’un, blanc pour l’autre. Seule une silhouette en noir – le double de Ko Murobushi – excitera à plusieurs reprises le cheval et son maître dans un combat à distance. Jusque dans le final méditatif, l’animalité est incarnée par Murobushi qui, éructant et rampant, gémit comme une bête malade, en écho à la très belle lecture en voix off des « Chants de Maldoror » de Lautréamont.

Bartabas, méconnaissable dans ce spectacle lent et hiératique, a retenu du butô l’essentiel des marqueurs symboliques : le torse glabre et le crâne rasé, la douche de sable, les bras torturés et le corps convulsé. Dans des séquences répétitives, il expérimente et teste des images qu’il exploitera peut-être dans ses futurs spectacles grand format pour Zingaro ou l’Académie équestre de Versailles. Cependant, pour ce duo ying et yang entre l’homme et l’animal, le rythme qu’il a choisi s’avère inégal, un peu trop fastidieux pour captiver de bout en bout.

Crédit photographique : © Nabil Boutros

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Paris. Théâtre national de Chaillot. 7/XII/10. Bartabas/Ko Murobushi : Le Centaure et l’animal. Conception et mise en scène : Bartabas. Chorégraphie : Ko Murobushi et Bartabas. Musique : Jean Schwartz. Lumière : Françoise Michel. Scénographie : Bartabas. Texte : Lautréamont, extrait des « Chants de Maldoror », dit par Jean-Luc Debatice. Costumes : Yannick Laisné, Alain De Raucourt. Maquillage : Annie Marandin. Avec Bartabas, Ko Murobushi et la participation de Raveendran Peringaden. Chevaux : Horizonte, Soutine, Pollock, Le Tintoret.

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