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Vienne. Musikverein. XXIX-I-2011. Krzysztof Penderecki (né en 1933) : Chaconne pour orchestre à cordes, De profundis pour orchestre à cordes ; Wolfram Wagner (né en 1962) : Concerto pour piano, flûte et orchestre à cordes ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Sérénade pour orchestre à cordes en mi majeur op. 22. Robert Wolf, flûte ; Agnes Wolf, piano ; Wiener Concert-Verein ; direction : Andreas Pixner.

Wiener Concert-Verein, , , Agnes Wolf

Il n’est pas fréquent que le Musikverein de Vienne produise des œuvres contemporaines. Mais la réputation de lui vaut l’honneur d’être joué… par lui-même ! Du moins était-ce prévu ainsi ; mais le public apprend avec déception que, pour des raisons de santé, le compositeur polonais ne dirigera pas. C’est qui le remplace au pied levé. Faute de préparation suffisante, il devra se contenter de battre la mesure deux heures durant.

Les œuvres en question sont de bonne facture – le talent de Penderecki n’est plus à prouver –, mais manquent un peu d’originalité. La Chaconne, surtout, est d’un néoromantisme plaintif et suranné qui fatigue vite. Composée pour la mort du pape Jean-Paul II, elle prouve qu’on ne fait pas de bonne musique avec des bons sentiments. Elle fournirait toutefois une excellente bande-son à quelque mélodrame télévisé.

Le De profundis est plus riche et plus nuancé, subtilement relevé par des traits de musique populaire. Les larmes, qui s’épandaient sans gêne dans la Chaconne, sont à présent contenues. C’est une œuvre plus pudique, que les membres du Wiener Concert-Verein exécutent en toute simplicité. Difficile pourtant, pour un orchestre à cordes, de ne pas trop verser dans l’émotionnel ! Les musiciens font preuve ainsi d’un excellent sens de l’interprétation, d’autant qu’à la baguette, Pixner est inexistant.

La seconde attraction de la soirée était la création (mondiale) du Concerto pour piano, flûte et orchestre à cordes du compositeur autrichien Wolfram Wagner. Une œuvre en quatre mouvements, qui a remporté la très nette adhésion du public et valu à l’auteur, monté sur scène, une chaleureuse ovation. Le Largo, qui s’ouvre par un long trille de la flûte, parsemé de quelques discrets accords de piano, envoûte dès les premières mesures. Puis vient un Molto vivace sauvage, où se rencontrent Janáček et . Si l’écriture cède parfois à quelques facilités de langage, Wagner arbore dans l’ensemble un style séduisant, faisant brillamment du neuf avec de l’ancien. L’Adagio qui suit est du même tonneau, le souffle de et les mains d’Agnes Wolf faisant toujours des merveilles. Mais c’est encore le finale A tempo molto vivace qui exprime le mieux l’intensité de l’œuvre. Ponctué de cadences virtuoses, il emprunte davantage à la musique de Bernstein ou Gershwin. Extrêmement syncopé, il décharge sur l’auditoire une violence électrique, ne relâchant la tension qu’à l’ultime accord. Ce Concerto est une réussite complète !

En seconde partie, la Sérénade de Dvořák, ce bijou de la musique pour cordes, est maltraitée par Pixner, qui impose un rythme de bastringue. L’œuvre, si légère et aérienne, se transforme en une pesante musique de carrousel. Les musiciens commettent eux-mêmes quelques fautes, comme à la reprise du thème du deuxième mouvement, Tempo di Valse, qui sonne faux pendant trois longues secondes ! On préfèrera donc retenir le bis, un bel hommage à .

Crédit photographique : © DR

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Vienne. Musikverein. XXIX-I-2011. Krzysztof Penderecki (né en 1933) : Chaconne pour orchestre à cordes, De profundis pour orchestre à cordes ; Wolfram Wagner (né en 1962) : Concerto pour piano, flûte et orchestre à cordes ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Sérénade pour orchestre à cordes en mi majeur op. 22. Robert Wolf, flûte ; Agnes Wolf, piano ; Wiener Concert-Verein ; direction : Andreas Pixner.

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