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Esa-Pekka Salonen, les noces de la modernité et de la tradition

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Esa-Pekka Salonen (né en 1958) suit en tant que compositeur une trajectoire superposable à celle des nombreux créateurs de notre temps. Il débute hardiment par une modernité volontaire et sans concession à la tradition. Au fur et à mesure de son trajet, son langage évolue et aboutit à plus de compromis en accueillant davantage de tonalité et de sens mélodique. Ces métamorphoses rendent sa musique plus accessible et stimule l’intérêt d’une part grandissante d’auditeurs, au-delà du cercle des aficionados de la musique contemporaine. Pour accéder au dossier complet : Esa-Pekka Salonen, les noces de la modernité et de la tradition

 

(né en 1958) suit en tant que compositeur une trajectoire superposable à celle de nombreux créateurs de notre temps. Il débute hardiment par une modernité volontaire et sans concession à la tradition. Au fur et à mesure de son trajet, son langage évolue et aboutit à plus de compromis en accueillant davantage de tonalité et de sens mélodique. Ces métamorphoses rendent sa musique plus accessible et stimule l’intérêt d’une part grandissante d’auditeurs, au-delà du cercle des aficionados de la musique contemporaine.

Ce parcours, on le retrouve de manière similaire chez ses contemporains et amis Magnus Lindberg et Kajia Saariaho. Quelques décennies plus tôt, deux maîtres de la trempe d’Einojuhani Rautavaara et d’Aulis Sallinen s’étaient d’abord montrés curieux à l’expérimentation, mais finalement sans jamais vraiment quitter la tradition et l’appartenance revendiquée aux maîtres du passé. Ils diffèrent en cela des choix sans concession d’un Erik Bergman, récemment décédé. L’agitateur de la vie musicale finlandaise et le chef d’orchestre ont quelque peu fait oublier le compositeur . Est-ce justifié ? Nous tentons de répondre à cette interrogation.

La figure médiatique d’Esa-Pekka Salonen occupe une plage privilégiée au sein du monde musical finlandais mais aussi très largement international. On le connaît comme un grand chef d’orchestre doué et inspiré à la tête de prestigieuses phalanges nordiques, anglaises ou américaines. Sa réputation s’est également nourrie de ses interventions en faveur de la musique de son temps et en conséquence, au début de son parcours, de son rejet violent des conventions et des hiérarchies établies. Son chemin de créateur en revanche est resté dans l’ombre. Nous allons l’éclairer dans cette présentation en n’oubliant pas qu’il s’agit forcément d’un bilan provisoire, disons d’étape…

Après de brillantes études de cor avec le fameux Holger Fransman, qu’il achève à l’Académie Sibelius en 1977, Esa-Pekka Salonen travaille la direction d’orchestre auprès de l’habile Jorma Panula. Il est diplômé en 1980. Le prolixe et protéiforme Einojuhani Rautavaara compte parmi ses maîtres de brillante renommée (1973-1977), également à l’Académie Sibelius d’Helsinki. Salonen complète sa formation auprès de Franco Donatoni et Niccolò Castiglioni en Italie. Il suit également les cours d’été de Darmstadt.

L’événement extraordinaire qui propulse Salonen sur le devant de la scène musicale et culturelle finlandaise est la réunion de jeunes compositeurs et musiciens modernistes rassemblés sous la bannière de Korvat Auki (Ouvrez les oreilles !) en 1977. Les principales figures du groupe, qui toutes allaient faire carrière, se nomment Kaija Saariaho (né en 1953), Tapani Länsiö (né en 1953), Olli Kortekangas (né en 1955), Magnus Lindberg (né en 1958), Jouni Kaipainen (né en 1956), Eero Hämeenniemi (né en 1951) et… Esa-Pekka Salonen (né en 1958). Presque tous sont des élèves en composition de leur compatriote Paavo Heinenen, né en 1938. Ils organisent des concerts, des séminaires et des débats autour de la musique contemporaine.

Par ailleurs, Esa-Pekka Salonen appartient à une brillante lignée de chefs d’orchestre : Paavo Berglund (né en 1929), Jorma Panula (né en 1930), Leif Segerstam (né en 1944), Okko Kamu (né en 1946), Osmo Vänskä (né en 1953), Jukka-Pekka Saraste (né en 1956), Sakari Oramo (né en 1965). Il entame une belle carrière nordique et internationale. Cette intense activité le met en contact intime avec d’innombrables partitions d’hier et d’aujourd’hui. Il est engagé comme chef invité à l’Orchestre Philharmonia de Londres, et au début de 1985 il devient chef principal de l’Orchestre symphonique de la Radio suédoise à Stockholm (1982-1995), il dirige l’Orchestre philharmonique d’Oslo (1985-1989) puis il est directeur de l’Orchestre philharmonique de Los Angeles (1992-2009), premier chef invité au Philharmonia de Londres (1982-1992) dont il devient le chef principal en 2008. Chef invité de l’Opéra national finlandais et de l’Opéra royal de Stockholm, il est encore directeur artistique du Festival d’Helsinki entre 1994 et 1996, occasion supplémentaire de promouvoir la musique contemporaine qu’il défend avec passion. Il dirige également de nombreuses autres phalanges de niveau international.

Précisons que tout à fait à l’origine de son parcours musical, Salonen souhaite apprendre la direction d’orchestre dans l’optique de pouvoir défendre ultérieurement ses propres partitions. A la tête de ses différentes formations il approfondit son intimité avec les œuvres de Jean Sibelius, Carl Nielsen, Igor Stravinsky, Gustav Mahler, Claude Debussy, Béla Bartók, Witold Lutoslawski. Il entre en contact intime avec les nouvelles œuvres de la dernière génération. Il considère de son devoir de les faire jouer et de les diriger aussi souvent que possible. Il est aussi un des membres fondateurs de l’EnsembleToimii.

Son expertise s’enfle davantage avec la création de l’Orchestre de chambre Avanti! par de jeunes musiciens finlandais en 1981, dont notre compositeur, tous bien décidés à composer pour cette formation dédiée à la musique contemporaine.

Très rapidement le jeune Salonen devient l’un des phares de sa génération. Très en demande et gratifié par le succès, l’engagement à temps plein de Salonen devant les plus grands orchestres ne risquait-il pas de nuire à son travail de compositeur ? Sa carrière internationale météorique de chef d’orchestre ne menaçait-elle pas d’obérer son avenir de créateur ?

Esa-Pekka Salonen, ses collègues et amis finlandais (notamment Magnus Lindberg et Kaija Saariaho) ont longtemps rejeté vivement la musique de Jean Sibelius, poussés sans doute par le souci d’appartenir en propre à la modernité et attentifs à ne pas se laisser influencer –donc potentiellement phagocyter – par l’immense originalité d’un maître authentique et somme toute inimitable. Antérieurement, le monde musical avait connu une réaction analogue vis-à-vis du génie wagnérien. Que l’on se rappelle du rejet plus intellectuel qu’émotionnel exprimé par Jean Sibelius et Carl Nielsen par exemple, au cours des années 1890. En ce qui concerne Sibelius les compositeurs cités supra ont su ménager une plage d’admiration et de reconnaissance tout en prenant garde de ne pas l’imiter et encore moins le plagier.

Les contemporains directs ont laissé davantage de traces et d’influences. On pense aux incontournables Brian Ferneyhough, Wolfgang Rihm, Tristan Murail, Gérard Grisey, Peter Maxwell Davis, John Adams, Gyorgy Ligeti… dont les apports sont venus enrichir les massifs élaborés par les modernes d’hier, à savoir Igor Stravinsky, Béla Bartók, Paul Hindemith, Arnold Schœnberg et ses élèves, Chostakovitch, Charles Ives… Sans oublier la fréquentation musicale d’Olivier Messiaen auquel Salonen rendit même visite chez lui à Montmartre.

Doté d’un catalogue plutôt modeste en raison de ses autres activités, il n’empêche qu’Esa-Pekka Salonen peut être considéré comme un compositeur à part entière. Et ce en dépit de l’énorme quantité de musique – dont un grand pourcentage d’œuvres contemporaines – qu’il a fréquentée de très près de par son travail de chef d’orchestre. En dépit de ses fréquentations intimes il conserve une voix propre et entend bien la faire fructifier à distance des influences potentiellement réductrices.

Comme pour préserver son originalité et se donner les moyens de la cultiver davantage il se permet de ne pas diriger au cours de l’année 2000 afin de se consacrer entièrement à la composition. Année sabbatique indispensable au recouvrement de ses pouvoirs créateurs fortement ébranlés. On se souvient du succès foudroyant enregistré après sa direction de la Symphonie n°3 de Mahler à Londres en 1983 en remplaçant Michael Tilson Thomas indisponible, œuvre qu’il n’avait jamais étudiée ni dirigée. La décennie 1980 entièrement dédiée à la direction des œuvres des autres n’avait pas manqué d’entraîner un manque douloureux. En effet, c’est après Mimo II qu’il cesse pratiquement de composer pour se consacrer à temps plein à son travail avec l’Orchestre philharmonique de Los Angeles. Son grand retour se concrétisera avec une œuvre pour orchestre de premier plan L. A. Variations (1996).

A l’instar de la plupart des compositeurs de sa génération Salonen adopte plusieurs styles au cours du temps. Le temps est depuis fort longtemps révolu qu’un compositeur s’en tienne à une esthétique, sinon figée, du moins dominante et peu évolutive.

Le musicologue et compositeur finlandais Kalevi Aho dans son texte Finnish Music in the Postwar years écrit en 1995 : «De ses premières œuvres néo-romantiques, Salonen change pour un modernisme complexe, aux évènements rapides dans Giro pour orchestre (1981), puis avance vers une méthode de composition plus transparente et humaniste».

Débuts dits néo-romantiques en effet avec la Sonate pour violoncelle de 1977, Hornmusic I et II pour cor et piano (1976). Réexaminant son parcours, il renie cette période et interdit toute exécution de sa musique d’alors. Une douzaine de partitions sont concernées par cette décision. Il craint que ces pièces ne le caractérisent de manière insuffisamment radicale. Notons aussi dans ces premières musiques une réelle touche de néo-classicisme.

Un tournant dans sa manière d’écrire se produit avec Nachtlieder pour clarinette et piano composé en 1978 et marquée par son rapprochement avec l’expressionnisme germanique. C’est l’époque où Salonen pense que la musique doit être écrite pour les oreilles plutôt que pour le cerveau.

Ensuite, il s’oriente vers une composition sérielle, aléatoire, faisant parfois appel aux bandes enregistrées comme dans Apokalyptische pour cuivres et bande (1978). Une partie de sa production fait aussi usage de l’humour plus ou moins décapant associé à des aspects plus sérieux (Goodbye, 1980). Après Goodbye, il s’élance volontairement vers la recherche d’une expression plus avant-gardiste, déchaînant son désir de satisfaire sa curiosité, sa fantaisie et ses audaces. L’ironie n’est plus jamais loin.

De retour d’Italie, il paraît déterminé à s’exprimer sans concession et à se passer des canons d’une certaine tradition. Cela se constate aisément dans le Concerto pour saxophone de 1981. Il précise dans une note de programme de cette époque : «Nous devons nous souvenir que la tradition aujourd’hui comprend aussi le meilleur de la musique sérielle et aléatoire, de la musique électro-acoustique et du théâtre instrumental.» La musique de Baalal résume la position du compositeur à cette époque (cf. infra). On en découvre aussi un aspect assez typique dans Floof en 1988, une pièce expérimentale très intéressante.

Certains aspects virtuoses apparaissent aussi, comme dans Second Meeting (1992). La série des Yta (1982-1987) contient elle plus de nervosité, de heurts comme le laisse supposer l’indication de tempo et d’atmosphère d’Yta I. Staccato et hyper aigu dominent, sans pause. Ces traits semblent la règle à ce moment. On les a comparés aux célèbres Sequenzas de Luciano Berio. Il s’agit aussi de surfaces sonores en modification incessante sur une structure harmonique intense et dense.

Puis la musique de Salonen offre parfois d’autres caractères comme des réminiscences de musique minimale, une concentration du discours, une sonorité objective à la Stravinsky. Un choix de discours peu expressif, non sans froideur revendiquée.

Henri-Claude Fantapié remarque en 1983 à propos du tout jeune compositeur qu’était alors Salonen : «Lui non plus n’apparaît pas comme un héritier d’une quelconque tradition finnoise, mais semble peut-être plus tourné vers l’Extrême-Orient. Mon admiration pour sa technique, sa virtuosité d’écriture, son tempérament et son imagination est d’ailleurs plus intellectuelle que sensible.»

Avec le temps le compositeur ménage souvent la participation et la présence d’une ironie adroitement couplée à une absence d’inhibition et à une libre imagination.

En 1997, avec l’écriture des L. A. Variations, il explore la virtuosité des différents pupitres de l’orchestre de manière très virtuose et brillante. Plus globalement, il oriente sa musique «vers une accessibilité auditive pragmatique, employant des techniques assez modernes, tout en conservant la position centrale formelle de la tonalité traditionnelle», ainsi que le précise justement le Dictionnaire biographique des musiciens.

L’écriture salonienne est complexe et techniquement très maîtrisée. Avec un grand sens de l’effet, il insiste et s’appuie beaucoup sur le développement continu de la forme. Il se souvient des recommandations de son maître Rautavaara qui lui enseigna la culture du sentiment de liberté et de l’importance d’être soi-même aux dépens des règles et des dogmes.

Malgré un catalogue plutôt mince quantitativement, il semble quasiment évident qu’Esa-Pekka Salonen s’interroge sérieusement sur son orientation de compositeur. Ses moyens techniques lui permettent de s’engager sur n’importe quel chemin. Il peut potentiellement devenir aussi bien traditionaliste que néoclassique, sériel, néo-romantique, avant-gardiste intégral, post-moderne, post-minimaliste, post-expressionniste, etc. La multiplicité des choix potentiels n’ont pu que freiner son élan créateur et quelque part provoquer une insatisfaction chronique. Dans cette disposition intellectuelle la gloire du chef d’orchestre a sans doute pu servir de change aux interrogations du créateur. Car composer au sens noble du terme exige probablement une urgence intérieure que peu de compositeurs ressentent et exploitent honnêtement.

Manifestement, à l’écoute des œuvres qui en découlent, sa pause en 2000 fut la bienvenue dans son élaboration créatrice. Plusieurs partitions en ressortent avec bonheur. Il souhaitait aussi bénéficier de davantage de temps pour la méditation. L’une ne va-t-elle pas immanquablement avec l’autre ?

En tant que moderniste revendiqué il renonce volontairement à l’harmonie, à la mélodie et à la pulsation rythmique telles que pratiquées par ses devanciers. Dans la même démarche intellectuelle il prend garde de se démarquer de l’influence trop visible d’autres créateurs vivants comme John Adams par exemple dont, par ailleurs, il apprécie les œuvres.

En tout cas Salonen a dit très sérieusement en 1998 : «Cela paraîtra peut être un peu fou, mais finalement, je me considère davantage comme un compositeur que comme un chef d’orchestre. Il s’est simplement trouvé que le volet chef d’orchestre l’a emporté sur celui du compositeur.» Pour l’heure, à l’instar de Gustav Mahler, Leonard Bernstein, Pierre Boulez, le chef d’orchestre talentueux et réclamé dans toutes les salles de concerts de la Terre justifie et explique à ses propres yeux un engagement créateur insuffisant. Toutefois, ces derniers temps la tendance s’inverse et manifestement commence à imposer le besoin de se retrouver avec soi-même pour coucher sur le papier à musique des notes personnelles destinées à lui conférer une place de choix au Panthéon des faiseurs de musique hors du commun.

Sans doute est-il très délicat de se forger une voie indépendante et originale en fréquentant des centaines d’œuvres majeures de tous les temps. Ce sont des centaines de concerts qu’il analyse, intègre et dirige sans relâche. Sa position d’explorateur énergique et infatigable des musiques de ses collègues finlandais contemporains à la tête de «Ouvrez-vos oreilles !» le met en intime contact avec toutes les nouveautés de son temps. Il dirige Le Grand Macabre, l’opéra de Ligeti au Festival de Salzbourg avec l’Orchestre Philharmonia en 1997. Dans le même lieu il avait donné l’opéra Saint François d’Assise d’Olivier Messiaen (1992). Sans compter ses Stravinsky (1996) lors du festival tenu au Châtelet en compagnie de Pierre Boulez. En 2005 il se lance dans Tristan et Isolde de Richard Wagner. Il dirige De la maison des morts de Janáček au Metropolitan Opera (avec Patrice Chéreau) en novembre 2009.

Sans oublier un retour remarqué et une réinterprétation brillante de Sibelius et de Carl Nielsen. Et aussi d’œuvres de Ligeti (Clocks and Clouds), Bartók, Berlioz (Symphonie fantastique), Schönberg (Gurrelieder), Chostakovitch, Stravinsky (Sacre du Printemps), Mahler (Symphonies n° 6 et 9). De Stravinsky, il confia dans les années 1983 qu’il était le compositeur dont il se sentait le plus proche.

Citons encore quelques compositeurs d’aujourd’hui dont il a dirigé les œuvres : Jan Sandström (Motorbike Concerto), John Adams, Louis Andressen, John Corigliano, Anders Hillborg, William Kraft, Magnus Lindberg (Related Rocks), Arvo Pärt, Kaija Saariaho (dont les opéras Adrian Mater et L’Amour de loin)…

Son importance reconnue en tant que créateur semble attestée par l’organisation de rétrospectives importantes : à Helsinki, en mars 2003, dans le cadre de Musica Nova et à Stockholm, en octobre 2004, dans celui du Festival international des compositeurs de Stockholm, à Paris enfin au festival Présences en 2010. Grand succès public et critique assuré.

Esa-Pekka Salonen encore jeune cinquantenaire n’abandonne pas la composition en dépit de son activité débordante de chef d’orchestre passionnant réclamé dans le monde entier. On l’a vu, son esthétique au fil du temps se modifie progressivement. La période iconoclaste et avant-gardiste est révolue depuis longtemps. S’engage-t-il pour autant dans une captivante aventure créatrice ? Sans doute est-il trop tôt pour conclure. Une chose paraît certaine, il a l’étoffe d’un authentique compositeur. Son emploi du temps lui laissera-t-il suffisamment de temps et surtout d’investissement créateur pour poursuivre l’aventure, lui qui à la baguette sert si magnifiquement les partitions de ses collègues d’hier et d’aujourd’hui ?

«Je me considère essentiellement comme un compositeur… avec une activité annexe de chef pour aider à payer les factures.» dit-il. Il reste à lui faire confiance et à attendre ses prochains opus pour parfaire et aiguiser notre jugement.

Discographie des œuvres de Esa-Pekka Salonen

Un petit nombre de réalisations discographiques permettent de se faire une idée du créateur et des métamorphoses de son parcours esthétique. Nous attendons avec impatience l’enregistrement des dernières grandes partitions du compositeur finlandais (Concerto pour violon, Stockholm Diaries, Memoria, Catch and Release). Nous n’indiquons pas les enregistrements des premières œuvres retirées par le compositeur. Il faut considérer que certains de ces disques (essentiellement les Finlandia) sont supprimés du catalogue courant.

Dans la série «Meet The Composer-Conductor», le label Finlandia dans un double CD paru en 1999 (3984-23409-2) propose des œuvres de Salonen et de Leif Segerstam. On peut y découvrir les œuvres suivantes du premier.
Yta I. Mikael Helasvuo (flûte). E=1989.
Yta II. Tuija Hakkila (piano). E= 1990.
Yta IIb. Anssi Karttunen (violoncelle). E = 1986.
Yta III. Anssi Karttunen (violoncelle). E = 8/1991.
Nachtlieder pour clarinette et piano. Kullervo Kojo (clarinette), Juhani Lagerspetz (piano). E = 1991.
Meeting. Kari Kriikku (clarinette), Jukka Tiensuu (clavecin). E = 1988.
Floof. Anu Komsi (soprano), membres de l’Orchestre de chambre Avanti! E = 1991.
Mimo II. Jorma Valjakka (hautbois), Orchestre symphonique de la Radio finlandaise, dir. Esa-Pekka Salonen. E = 1993.
Concerto pour saxophone alto et orchestre. Pekka Savijoki (saxophone alto), Orchestre symphonique de la Radio finlandaise, dir. Esa-Pekka Salonen. E = 1989.

Même programme et mêmes interprètes sur un CD isolé Finlandia 4509-95607-2 paru en 1994. Autre référence : Finlandia 0927-43815-2.

On retrouve le Concerto pour saxophone alto et orchestre sur un CD intitulé «Ears Open!» chez Finlandia FACD 394 par les mêmes interprètes que précédemment (même captation) qui contient aussi des musiques de Magnus Lindberg et Jouni Kaipainen.
Nachtlieder pour clarinette et piano (enregistrement de 1991) défendu par Kullervo Kojo (clarinette) et Juhani Lagerspetz (piano) figure sur un CD Finlandia FACD 410 baptisé Modern Clarinet (+ musiques de Eero Hämeenniemi, Vladimir Agopov, Erik Bergman, Einojuhani Rautavaara).

Finlandia encore (4509-95767-2) dans un CD intitulé «20th Century Solo Cello» publié en 1994 propose huit pièces pour violoncelle seul interprétées par le finlandais Anssi Karttunen. De Salonen il intègre Yta III dans un autre enregistrement (juillet 1992) + œuvres d’Eugène Ysaÿe, Ernst Krenek, Luigi Dallapiccola, Witold Lutoslawski, Henri Dutilleux et Magnus Lindberg.

On retrouve Meeting, Yta I, Yta IIb, Yta III… dans les versions déjà signalées sur Finlandia FACD 366 et Finlandia 0927-43815-2.
Daphne 1002 a enregistré Mimo II pour hautbois et orchestre avec Bengt Rosengren (hautbois) et l’Orchestre symphonique de la Radio suédoise, dir. Esa-Pekka Salonen. Enregistrement de 1994 proposant aussi des pièces de Daniel Börtz, Arne Nordheim et Ole Schmidt gravées en 1996.

Le finlandais Alba ABCD 126 a sorti «The Finnish Clarinet» avec Nachtlieder de Salonen joué par Gregory Barrett (clarinette) et Fumi Nishikiori (piano) ainsi que des œuvres de Paavo Heininen, Jukka Tiensuu, Magnus Lindberg, Tauno Pylkkänen, Jean Sibelius et Bernhard Crusell (enregistrement de 1994).

Sony Classical SK 89158 a enregistré un CD majeur en 2000 contenant cinq œuvres de Salonen :
LA Variations, Orchestre philharmonique de Los Angeles, dir. Esa-Pekka Salonen.
Five Images after Sappho, Dawn Upshaw (soprano), London Sinfonietta, dir. Esa-Pekka Salonen.
Giro, pour orchestre. Orchestre philharmonique de Los Angeles, dir. Esa-Pekka Salonen.
Mania, pour violoncelle et ensemble instrumental, Anssi Karttunen (violoncelle), London Sinfonietta, dir. Esa-Pekka Salonen.
Gambit, pour orchestre, Orchestre philharmonique de Los Angeles, dir. Esa-Pekka Salonen.

Deutsche Grammophon 00289 477 5375 a recruté l’Orchestre symphonique de la Radio finlandaise placé sous la direction d’Esa-Pekka Salonen pour cet enregistrement de 2004 qui propose Foreign Bodies pour orchestre, Wing on Wing pour 2 sopranos et orchestre et Insomnia pour orchestre. Avec Anu Komsi et Piia Komsi (sopranos).

Le label à l’étiquette jaune complète notre exploration de la musique de Salonen avec un CD 477 8103 porteur de trois œuvres : Helix pour orchestre, Concerto pour piano et Dichotomie pour piano solo. Enregistrement live de 2007 et 2008 assuré par l’Orchestre philharmonique de Los Angeles sous la baguette du compositeur. Soliste : Yefim Bronfman (piano).

Citons encore :

Un CD Telarc CD-80712 intitulé Piano Music of Salonen, Stucky and Lutoslawski, présente sous les doigts de Gloria Cheng la pièce de Salonen Dichotomie.
Crystal Records CD 328 a enregistré Second Meeting. Carolyn Hove (hautbois), Gloria Cheng (piano).
Mikael Helasvuo (flûte) propose Yta I sur un CD Ondine ODE 74202.
Gambit joué par Orchestre de chambre Avanti !, dir. Salonen. Avanti CD 2.
Lachen verlernt par Leila Josefowicz (violon). A Recital. Warner Classics 2464 6194827.
Two Songs from Kalender Röd. Los Angeles Master Chorale, dir. Grant Gershon. RCM 12004.

Quelques notes bibliographiques

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Kalevi Aho, Pekka Jalkanen, Erkki Salmenhaara, Keijo Virtamo. Finnish Music. Otava. 1996.
Theodore Baker & Nicolas Slonimsky. Dictionnaire biographique des musiciens. Edition adaptée et augmentée par Alain Pâris. Robert Laffont. Collection Bouquins, vol. III. 1995.
Jean-Luc Caron. Une Discographie Nordique, vol. I. Bulletin de l’Association française Carl Nielsen (A. F. C. N. ), n° 24-27. 2001-2002. Et aussi Discographie nordique, vol. 4 (inédit).
Jean-Luc Caron. Esa-Pekka Salonen. Dictionnaire de la musique finlandaise. Lettre S à paraître sur Resmusica. com
Anja & Henri-Claude Fantapié. La Musique finlandaise. Boréales n° 26-29. 1983.
Henri-Claude Fantapié. La musique finlandaise de 1945 à nos jours… un bref aperçu. Boréales. Décembre 1992.
Anja & Henri-Claude Fantapié. La Musique finlandaise. Des origines à nos jours. Boréales n° 70-73. 1997.
Lisa de Gorog. From Sibelius to Sallinen. Finnish Nationalism and the Music of Finland. Greenwood Press. 1989.
Antti Häyrynen. Esa-Pekka Salonen, the composer behind the conductor. FMQ 3/1998.
Pekka Hako. La musique en Finlande. Un bref aperçu. Finfo. Octobre 1997.
Pekka Hako. Finnish Music on CDs. A selection excluding Sibelius. Finnish Music Quartely. Janvier 1998.
Ruth-Esther Hillila & Barbara Blanchard Hong. Salonen in Historical Dictionary of the Music and Musicians of Finland. Greenwood Press. 1997.
Kimmo Korhonen. Finnish Composers. Since the 1960s. Foundation for the Promotion of Finnish Music. Finnish Music Information Centre. 1995.
Kimmo Korhonen. Finnish Concertos. Finnish Music Information Centre. 1995.
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Kimmo Korhonen. Finnish Piano Music. Finnish Music Information Centre. 1997.
Kimmo Korhonen. Finnish Chamber Music. Finnish Music Information Centre. 2001.
Kimmo Korhonen. New Music of Finland. In New Music of the Nordic Countries, edited by John D. White. Pendragon. 2002.
Kimmo Korhonen. Inventing Finnish Music. Contemporary Composers from Medieval to Modern. Finnish Music Information Centre. 2003.
Timo Mäkinen & Seppo Nummi. Musica Fenica. Otava. 1985.
Lauri Otonkoski. Ich habe reden. Ich Hebe die Hände. FMQ, 1986, p. 44-51.
Alex Ross. The Rest is Noise. A l’écoute du XXe siècle. La modernité en musique. Actes Sud. 2007.
Frederick Key Smith. Nordic Music Art. From the Middle Ages to the Third Millenium. Praeger. 2002.
Historia et discographia musicae Finnicae. Finnish Music Quartely n° 4/1996. Chapitre : The Music of Our Time (p. 31 et s. ). Résumé de History of Finnish Music en 4 volumes (1996), en finnois.

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