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Au pied de la croix

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Franz Liszt (1811-1886) : Via Crucis S. 53 ; Ave verum corpus S. 44. David Selig, piano ; Maîtrise Notre-Dame de Paris, direction : Nicole Corti. 1 CD Saphir Productions LVC 1107. Code barre : 3760028691075. Enregistré en novembre 2000. Notice bilingue (anglais, français). Durée : 49’12’’

 

Il n’est pas interdit d’espérer que la commémoration officielle de Liszt bénéficiera aux pans les moins connus de son œuvre, en particulier à sa musique religieuse. En attendant le grand oratorio Christus, qui sera donné salle Gaveau pour le jour anniversaire de la naissance du compositeur, le 22 octobre prochain, la maison Saphir réédite un enregistrement de Via Crucis. Ce chef d’œuvre singulier et méconnu dépeint les quatorze stations du chemin de croix en mêlant des hymnes latins, des chorals en allemand et des solos pour orgue ou pour piano. La version pour piano est ici choisie, et le toucher incisif et nuancé de , bien mis en valeur par la prise de son, offre une subtilité et une présence que pourrait difficilement égaler le son plus impersonnel et uniforme de l’orgue. Mais surtout, contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’instrument profane sert d’autant mieux l’œuvre qu’il rappelle la part mondaine de Liszt, qui devient ici, à force de virtuosité sublimée, le personnage principal de cette méditation sur la Passion.

La Maîtrise de Notre-Dame propose une interprétation de très bon niveau, et les solistes s’acquittent de leurs interventions avec sobriété. Le nombre réduit de choristes et des tempos allants permettent d’apprécier la bonne conduite des voix. Toutefois, le son d’ensemble est peu raffiné, l’intonation pas toujours parfaite, et le ton demeure bien compassé, au point que l’attention se porte essentiellement sur le jeu du pianiste. Beaucoup plus touchant, il parvient le plus souvent à rendre la force de cette musique, notamment l’extase retenue et poignante de la rencontre avec Marie, ou encore la mise au tombeau, où toute mesure semble abolie, jusqu’à une vision finale plus sereine. Dans d’autres passages, comme le terrible portement de croix ou l’extraordinaire dernière parole du Christ, on reste malheureusement en deçà de l’intensité souhaitable.

Il s’agit donc d’une bonne version de l’œuvre, malgré l’indigence éditoriale (outre la laideur de l’objet, la première plage annoncée, un hymne grégorien, est absente, tout comme les textes chantés). Mais puisque l’œuvre est à découvrir absolument, on peut chercher les versions plus accomplies du chœur Accentus (avec piano, chez Naïve) et du chœur Sacrum de Lettonie (avec orgue, chez Hortus).

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