La Scène, Musique de chambre et récital

Trio Serguey Ostrovsky, Goldberg à la corde

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Genève. Théâtre Les Salons. 2-III-2011. Jean Sébastien Bach (1770-1827) : Variations Goldberg. Transcription pour trio à cordes de Dmitry Sitkovetsky (1954). Serguey Ostrovsky, violon ; Elçim Ozdemir, alto ; Joël Marosi, violoncelle. 



Dans le cadre de la programmation musicale de sa saison théâtrale, le charmant petit théâtre Les Salons présente la version pour trio à cordes des Variations Goldberg de Bach. Œuvre intéressante, voir passionnante, cette transcription est une œuvre magistrale, une œuvre qui a fait la réputation du violoniste et compositeur russe . Dans son travail de transposition, le compositeur ne se contente pas seulement de transcrire la main droite du piano pour les parties de violon et d’alto et la main gauche pour le violoncelle. Le travail de Sitkovetsky est beaucoup plus complexe s’affirmant comme une véritable réécriture de l’œuvre de Bach. C’est là que réside tout l’intérêt de cette partition. En même temps que l’immense difficulté de son interprétation.

Quand on sait que les trente-deux variations représentent près d’une heure et demie de musique sans interruption, la performance du trio est à relever. Une performance d’autant plus louable que l’alto titulaire du trio a, semble-t-il, été remplacé très récemment par l’altiste qui n’a certainement pas profité de toutes les répétitions pour s’intégrer parfaitement aux deux autres solistes. En effet, dès les premières mesures, on sent l’ensemble pas très soudé. Non pas dans la cohésion rythmique qui reste grande, mais plutôt dans l’homogénéité musicale. Si l’interprétation de Serguey Ostrovsky au violon et de Joël Marosi au violoncelle favorisent une certaine douceur du phrasé, l’altiste apparaît beaucoup plus cassante. Son jeu souvent brusque et sa sonorité quelque peu terne ne se fond pas avec la musicalité des deux autres interprètes.

Le violon de Serguey Ostrovsky tente bien de calmer le jeu et de ramener l’esprit de l’œuvre dans une plus grande musicalité en favorisant des sons aussi doux que possible. Des efforts qui vont bientôt l’amener dans un discours quelque peu mièvre. Il ne réussira qu’à endormir l’ensemble. Finalement s’impose l’impression que chacun joue pour son compte. Ainsi, on s’attarde à écouter chaque musicien plutôt que l’œuvre. De ce côté, en grand musicien, le violoncelliste Joël Marosi apparaît comme possédant une très belle musicalité qui, malheureusement, reste vaine.

Malgré le talent certain de chacun, l’œuvre de Sitkovetsky semble dépasser les capacités de l’ensemble. Décalages. Erreurs, quelques fausses notes, des inconvénients suffisant pour que l’attention des auditeurs se focalise sur ces eux. Même si chaque interprète cherche à tirer son épingle du jeu en offrant la musique la plus acceptable individuellement au détriment de l’ensemble, une partition aussi difficile et astreignante ne souffre pas l’à peu près.

Dans de telles conditions, le temps semble long. Il faudra attendre la vingt-sixième variation pour que la cohésion musicale reprenne ses droits. Un moment qui semble sortir du néant, un instant où chacun écoute son voisin. Enfin la musique fait sens, et vient enfin toucher les sens. A cet instant, le climat change totalement et jusqu’à la fin des trente-deux variations, le public a pu apprécier l’œuvre dans toute la qualité de son écriture musicale.

Crédit photographique : © DR

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Genève. Théâtre Les Salons. 2-III-2011. Jean Sébastien Bach (1770-1827) : Variations Goldberg. Transcription pour trio à cordes de Dmitry Sitkovetsky (1954). Serguey Ostrovsky, violon ; Elçim Ozdemir, alto ; Joël Marosi, violoncelle. 



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