Chœur de Radio-France : Salut à Percy Grainger

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris, Basilique Sainte-Clotilde. 10-III-2011. Percy Grainger (1882-1961)  : Always merry and bright ; O mistress mine de Thomas Morley (adaptation pour chœur)  ; Mo nighean dubh ; My love’s in Germanie ; Harkstow grange (extrait de Lincolnshire Posy) ; Brigg Fair ; Agincourt Song ; Country Gardens ; Recessional ; Danny Deever ; Irish tune from County Derry ; I’m seventeen come sunday ; 6 pièces extraites du Cycle du Livre de la Jungle de Kipling ; One more day, my John (extrait de Sea Shanty Setting) ; The Three Ravens ; Let’s dance gay in green meadow, danse des îles Féroé ; Love at first sight d’Ella Grainger (arrangement pour chœur extrait de 5 Poèmes d’Ella Grainger)  ; There was a pig went out to dig ; Blithe bells (d’après Jean-Sébastien Bach) ; Soldier, soldier ; Ye banks and braes o’bonnie doon ; The lost lady found. David Selig, piano et harmonium  ; Maciej Pikulski, piano  ; Chœur de Radio-France, direction : Graham O’Reilly

Le Choeur de Radio France rend un hommage bienvenu, cinquante ans après sa mort, au pianiste et compositeur d’origine australienne . Cette personnalité flamboyante et excentrique mérite d’être mieux connue de ce côté-ci de la Manche. On trouve chez lui cette alliance de gaieté et de pompe qui caractérise la light music de l’époque, mais avec une qualité d’écriture notable. Dans ce programme, ce sont surtout les poèmes du Livre de la Jungle, touchants et évocateurs, qui témoignent de son talent de compositeur. Les pièces pour deux pianos offertes par et ne vont pas au-delà d’une allure primesautière, comme Country Gardens, un de ses grands succès. Blithe Bells, arrangement de l’air de Bach «Schafe können sicher weiden» (Cantate BWV 208), est une curiosité assez kitsch, même si l’on est encore loin du délire de la version pour grand orchestre. considérait en revanche les chants populaires avec un grand sérieux ; ce fut d’ailleurs lui qui recueillit le célèbre Brigg Fair auprès d’un vieil homme du Lincolnshire. Ses arrangements pour chœur, a capella ou soutenus par le piano et l’harmonium, confèrent à ces airs un relief et une vivacité que n’ont pas souvent les transcriptions plus naïves. Le travail sur les rythmes répétitifs (comme dans la Danse des Îles Féroé) ou sur l’enrichissement harmonique (la magnifique chanson anglaise des Trois corbeaux) ne masquent jamais l’émotion profonde de ces chansons, une leçon admirée et mise à profit par Britten quelques années plus tard.

Dans une acoustique assez réverbérée, le Chœur de Radio-France ne démérite pas dans ce répertoire qui exige robustesse et précision, même quand l’air est simplement chanté sans paroles (le Londonderry Air, plus connu sous le nom de Danny Boy), ou sifflé (l’air écossais Ye banks and braes). La qualité des équilibres, de la diction et l’énergie font oublier quelques difficultés des sopranos et de certains chanteurs solistes. , que l’on connaît bien dans le répertoire de la Renaissance, conduit l’ensemble avec une expertise chaleureuse et sans prétention. Un concert inattendu et plaisant.

Crédit photographique : © JP Baltel

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