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Salome à Montréal, du chant de la mort au rituel de la danse

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Montréal. Salle Wilfrid-Pelletier de La Place des Arts. 19-III-2011. Richard Strauss (1864-1949) : Salome, drame en 1 acte sur un livret de Hedwig Lachmann. Mise en scène et chorégraphie : Sean Curan ; Décors et costumes : Bruno Schwengl ; Éclairages : Paul Palazzo. Avec : Nicola Beller Carbone, Salomé ; Robert Hayward, Jochanaan ; John Mac Master, Hérode ; Judith Forst, Hérodias ; Roger Honeywell, Narraboth ; Chantal Denis, Le Page ; Isaiah Bell, 1er Juif ; Riccardo Iannello, 2ième Juif  ; Gaétan Sauvageau, 3ième Juif  ; Thomas Macleay, 4ième Juif ; Philippe Martel, 5ième Juif ; Sébastien Ouellet, 1er Nazaréen ; Pierre-Étienne Bergeron, 2ième Nazaréen ; Taras Kulish, 1er Soldat ; Normand Richard, 2ième Soldat ; Geoffroy Salvas, Un Capadocien. Orchestre Métropolitain, direction : Yannick Nézet-Séguin

De la salle plongée dans l’obscurité, on ne perçoit que la silhouette des soldats qui déambulent dans cet espace clos, et au fond de la scène, toujours dans la pénombre, accrochée au mur du fond, on devine l’entrée de la citerne de forme cylindrique, enfin à l’avant gauche, une ouverture circulaire d’où parviennent la lumière et les derniers effluves du banquet.

Salomé apparaît, vêtue d’une longue robe blanche. a la voix, la gestuelle et le physique de l’emploi. De la femme-enfant à la vamp, de la fille candide qui sait jouer de ses charmes – il faut la voir minauder devant Narraboth quand elle demande de voir le prophète – à la ténacité d’une femme qui exige et obtient du tétrarque sa récompense. Le parcours de la soprano allemande est hallucinant. Elle fait corps avec son personnage. Seul bémol, la Danse des Sept voiles chorégraphie bâclée par Sean Curan et Elizabeth Coker Giron et qui manque de sensualité même si la danseuse finit complètement nue sur scène. On l’aura deviné, les qualités de la soprano sont à chercher ailleurs, dans son implication sans concession du rôle de la princesse de Judée, dans la trame dramatique qui nous tient en haleine du début à la fin. C’est assurément, l’une des meilleures Salomé du moment.

Hérode et Hérodias appartiennent à la lignée des grands couples décadents. Le ténor incarne un tétrarque veule comme il se doit, souvent ridicule et superstitieux. Judith Forst, excellente voix de mezzo-soprano, préoccupée à se venger de Jochanaan, lui donne la réplique, vocifère moult reproches, se moque des peurs et des appréhensions de son époux comme pour le ramener à la réalité.

La voix qui nous parvient d’abord de la citerne, – voix qui semble quelque peu amplifiée – est celle du baryton Robert Hayward. Il traduit un Jochanaan obnubilé par sa foi, rigide dans ses invectives, mais aussi sensible, humain. Il donne une densité et du relief au personnage qui d’ordinaire, présente un aspect plus monolithique.

Tous les autres chanteurs-comédiens sont crédibles, à commencer par le ténor dans le rôle de Narraboth. Excellente performance dans le quintette des juifs suivi des deux Nazaréens. La voix de la mezzo-soprano Chantal Denis dans le rôle du Page est peu audible. Soulignons enfin les éclairages efficaces de Paul Palazzo.

L’exorcisme créé par la musique de Strauss ne pouvait être mieux servie par le chef charismatique, . L’ n’a jamais été en meilleure forme que sous la baguette de son maître. Celui-ci rend ses ors à une partition riche et colorée, toute en relief, mais sans jamais couvrir les voix. Une très grande réussite.

Crédit photographique : (Salomé) © Yves Renaud

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Montréal. Salle Wilfrid-Pelletier de La Place des Arts. 19-III-2011. Richard Strauss (1864-1949) : Salome, drame en 1 acte sur un livret de Hedwig Lachmann. Mise en scène et chorégraphie : Sean Curan ; Décors et costumes : Bruno Schwengl ; Éclairages : Paul Palazzo. Avec : Nicola Beller Carbone, Salomé ; Robert Hayward, Jochanaan ; John Mac Master, Hérode ; Judith Forst, Hérodias ; Roger Honeywell, Narraboth ; Chantal Denis, Le Page ; Isaiah Bell, 1er Juif ; Riccardo Iannello, 2ième Juif  ; Gaétan Sauvageau, 3ième Juif  ; Thomas Macleay, 4ième Juif ; Philippe Martel, 5ième Juif ; Sébastien Ouellet, 1er Nazaréen ; Pierre-Étienne Bergeron, 2ième Nazaréen ; Taras Kulish, 1er Soldat ; Normand Richard, 2ième Soldat ; Geoffroy Salvas, Un Capadocien. Orchestre Métropolitain, direction : Yannick Nézet-Séguin

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