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Frédéric Vaysse-Knitter, grande sensibilité dans une interprétation minutieuse

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Paris, Athénée-Théâtre Louis Jouvet, 27-III-2011. Karol Szymanowski (1882-1937) : Etude en si bémol mineur op. 4 n° 3 ; Préludes op. 1 n° 1, 4, 5, 6 ; Variations en si bémol mineur op. 3 ; Fantaisie op. 14 en ut majeur ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Nocturnes en ut dièse mineur op. 27 n° 1, en ut mineur op. 48 n° 1 ; Franz Liszt (1811-1886) : Après une lecture du Dante (Sonate quasi Fantasia). Frédéric Vaysse-Knitter, piano

Le pianiste français d’origine polonaise Frédéric Vaysse-Knitter donne un récital franco-polonais, avec des pièces de Szymanowski, Chopin et Liszt. Le programme, construit autour de morceaux de la première période de Szymanowski, très rarement joués en concerts, est digne d’attention. Dans la première partie, Vaysse-Knitter rassemble de petits morceaux de Szymanowski et de Chopin, tous de la même veine mélancolique, dans des tonalités voisines. Les Variations du musicien polonais, de caractère plus ou moins héroïque, annoncent la deuxième partie, consacrée essentiellement à deux grandes œuvres épiques : Après la lecture du Dante de Liszt, et la Fantaisie de Szymanowski. Toutes ces pièces exigent une technique très poussée, voire acrobatique, mais notre pianiste maîtrise admirablement ces difficultés pour nous livrer une interprétation hautement poétique.

Son jeu, extrêmement consciencieux, méticuleusement étudié dans le moindre détail, laisse transparaître, nous semble-t-il, son respect et son humilité vis-à-vis des compositeurs et de leurs œuvres. Toutefois, cette attention minutieuse, bien que louable, fait perdre un peu de spontanéité et de vivacité à l’exécution ; le tempo est généralement lent, peut-être un peu plus qu’il ne le faudrait, notamment dans les deux Nocturnes de Chopin et les Préludes de Szymanowski, ce qui donne l’impression d’un allongement supplémentaire du temps. On sent chez lui un certain stoïcisme, ou une sorte d’auto-interdiction pour ne pas se laisser emporter par la musique, et ce, même dans des passages mouvementés de Liszt. Cela dit, il est doué d’une sensibilité absolument remarquable, les Funérailles de Liszt jouées en bis sont d’un grand lyrisme, malgré leur caractère sombre et tumultueux.

Il convient d’ajouter qu’après l’entracte, il déclare dédier ce concert aux victimes du séisme et du raz-de-marée au Japon, et termine le récital avec la douceur de l’» Aria » des Variations Goldberg de J. -S. Bach, « pour exprimer un espoir ».

Crédit photographique : © Jean-Baptiste Millot

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Paris, Athénée-Théâtre Louis Jouvet, 27-III-2011. Karol Szymanowski (1882-1937) : Etude en si bémol mineur op. 4 n° 3 ; Préludes op. 1 n° 1, 4, 5, 6 ; Variations en si bémol mineur op. 3 ; Fantaisie op. 14 en ut majeur ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Nocturnes en ut dièse mineur op. 27 n° 1, en ut mineur op. 48 n° 1 ; Franz Liszt (1811-1886) : Après une lecture du Dante (Sonate quasi Fantasia). Frédéric Vaysse-Knitter, piano

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