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JJ’s Voices : Les voix de Janis Joplin

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Paris. Théâtre de la Bastille. 29/III/11. Benoît Lachambre / Ballet Cullberg : JJ’s Voices. Chorégraphie, scénographie et costumes : Benoît Lachambre pour le Ballet Cullberg. Musique : Janis Joplin. Lumières : Fredrik Rydehäll. Avec les danseurs du Ballet Cullberg : Alexandra Campbell, Hanako Hoshimi-Caines, Andrea Martini, Gesine Moog, Kristina Oom, Csongor Szabó, et Benoît Lachambre.

Une formidable énergie rock, portée par les chansons de Janis Joplin, se dégage des jeunes danseurs suédois du , qui ont travaillé étroitement avec le chorégraphe .

Comme dans un spectacle de Gisèle Vienne, Philippe Quesne ou Christian Rizzo, les jeunes danseurs apparaissent au public de dos, vêtus de sweat-shirt à capuche oversize, de pantalons cargo et de baskets. Comme en apesanteur, ils évoluent lentement sur le plateau pendant l’entrée et le placement du public, déplaçant des caisses de bois et les empilant en fond de scène. Dès les premières mesures de « Down on me », chanson de la songwriteuse américaine Janis Joplin, une formidable énergie, brute de décoffrage se dégage du corps des jeunes danseurs du , compagnie de danse contemporaine suédoise fondée en 1967 par Brigitte Cullberg – l’année du célèbre « Summer of love » au cours duquel furent révélés les talents de Janis Joplin, Jimmy Hendrix et The Who au festival de Monterey, en Californie.

A peine visibles, les corps déchaînés sont masqués par des vêtements trop grands pour eux. Dans leurs mouvements se lisent les paroles sincères et la conviction de la passionaria, symbole féminin de la contre culture et du flower power ou mouvement hippie. On écoute avec plaisir des chansons qui n’ont rien perdu de leur pouvoir hypnotique et rassembleur. Au-delà des gestes, les danseurs proposent aussi dans ce projet collectif avec un travail sémantique sur les mots et l’univers de la chanson contestataire, des années féministes et des mots d’ordre pacifistes.

Le résultat est aussi intelligent, pertinent et convaincant que « Jours étranges », la pièce que Dominique Bagouet chorégraphia pour sa compagnie sur la musique des Doors, la dimension christique en plus. Au sommet de ce Golgotha qu’était l’autel du concert en plein air, Benoît Lachambre apporte son physique torturé à une vision sanctifiée de l’artiste, au destin presque divin. Il partage aussi sans doute un regard plus sombre sur cette génération perdue – Janis Joplin est morte d’une overdose à l’âge de 27 ans – en créant pour l’un des danseurs le dernier solo de la pièce, sauvage et épileptique, évoquant le manque provoqué par la drogue, l’ivresse de la descente. Un très beau travail…

Crédit photographique :  © Carl Thorborg

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Paris. Théâtre de la Bastille. 29/III/11. Benoît Lachambre / Ballet Cullberg : JJ’s Voices. Chorégraphie, scénographie et costumes : Benoît Lachambre pour le Ballet Cullberg. Musique : Janis Joplin. Lumières : Fredrik Rydehäll. Avec les danseurs du Ballet Cullberg : Alexandra Campbell, Hanako Hoshimi-Caines, Andrea Martini, Gesine Moog, Kristina Oom, Csongor Szabó, et Benoît Lachambre.

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