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La virtuosité de Barber et la spiritualité de Tippett

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Paris. Salle Pleyel. 01-IV-2011. Samuel Barber (1910-1981) : Concerto pour violon et orchestre ; Michael Tippett (1905-1998) : A child of our time, oratorio pour solistes, chœur et orchestre en trios partie, sur livret du compositeur. Nemanja Radulovic, violon ; Indra Thomas, soprano ; Nora Gubisch, mezzo-soprano ; Kim Begley, ténor ; Jonathan Lemalu, basse. Chœur de Radio France (chef de cœur : Alan Woodbridge). Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Steuart Bedford

est probablement l’un des peu compositeurs américains à ne pas faire référence au jazz ou au folklore. Son inspiration plonge davantage dans le postromantisme brahmsien qui lui vaut l’appellatif de néoromantique. Dans son écriture il privilégie, en fait les harmonies et les formes sonores «traditionnelles» qui exaltent la beauté de ses lignes mélodiques. Le Concerto pour violon, commandé par un fabricant de savon et pour cela défini «concerto di sapone» cache une curieuse anecdote. Il parait que l’interprète de cette œuvre se plaint de la facilité technique des deux mouvements originels. Ce qui aurait poussé Barber à composer un troisième mouvement jugé par le même trop compliqué !

L’habileté technique de Nemanja Radulovic dépasse toutes les difficultés techniques que le Presto in moto perpetuo cache. Ce violoniste d’origine serbe exaltent les lignes mélodiques dessinées par Barber par son charme et sa spontanéité. Le lyrisme que l’on dirait charnel des deux premiers mouvements caractérisés par de nombreuses envolées, d’amples sauts et de beaux dialogues avec les vents de l’orchestre, préludent au final brusque et effréné. L’envoutement de ce concerto est suivi par un bis très touchant : le thème de de La liste de Schindler joué avec les solistes de l’orchestre. La musique devient alors limpide et le lyrisme atteint son plus haut niveau révélant une émotion et une mélancolie surprenante mais sans mièvre.

Avec A child of our time de on est dans toute autre atmosphère : la souffrance, la persécution et la protestation inspirent cet oratorio qui fait référence à Haendel et Bach, notamment dans sa structure et dans l’écriture en contrepoint. Le chœur qui joue un rôle important dans la mise en place de cette œuvre exalte le drame avec ses interventions dramatiques assez convaincantes. Le quatuor soliste n’est pas en reste. dans l’interprétation des suggestifs spirituals disposés comme des chorals luthériens par le compositeur domine sans doute la scène à l’aide de sa présence imposante, tandis que Nora Gubish interprète ses solos correctement mais sans émotion particulière. Plus incisif, se «confronte» avec au vibrato un peu excessif.

à la tête de cet énorme ensemble de musiciens et choristes est bien placé dans l’interprétation de ce répertoire. Sa direction ne manque pas de ferveur et résume en musique les convictions philosophiques de Tippett. Le final en particulier relie la morale à une sorte de redécouverte sonore des valeur classiques.

Crédit photographique : © Paul Mitchell

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Paris. Salle Pleyel. 01-IV-2011. Samuel Barber (1910-1981) : Concerto pour violon et orchestre ; Michael Tippett (1905-1998) : A child of our time, oratorio pour solistes, chœur et orchestre en trios partie, sur livret du compositeur. Nemanja Radulovic, violon ; Indra Thomas, soprano ; Nora Gubisch, mezzo-soprano ; Kim Begley, ténor ; Jonathan Lemalu, basse. Chœur de Radio France (chef de cœur : Alan Woodbridge). Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Steuart Bedford

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